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Casque Défense de Leningrad

Fiche

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Historique

Dès le début de l'opération Barbarossa déclenchée le 22 juin 1941, les troupes de l'Axe ont trois principaux objectifs : au Sud le Caucase avec la ville de Stalingrad (aujourd'hui connu sous le nom de Volgograd), au centre la ville de Moscou et au Nord la ville de Leningrad (aujourd'hui appelé de son ancien nom : Saint Petersbourg).
Le 22 juin à 3H15, l'opération Barbarossa débute. A midi les avant-gardes blindées du "Heeresgruppe Nord", sous le commandement du maréchal Von Leeb, ont avancé de 65 kilomètres. L'armée soviétique, pas encore remise des purges staliniennes, est désorganisée et cède beaucoup de terrain devant la Blitzkrieg de l'envahisseur. Un grand nombre de soldats soviétiques se rend dès les premiers mois du conflit, l'URSS est désormais au bord du gouffre.
Dès le 24 juin, les troupes allemandes du "Heeresgruppe Nord" atteignent Kaunas en Lituanie et les troupes du "Heeresgruppe Mitte" s'emparent de Vilnius. La ville de Leningrad est bientôt à portée des troupes allemandes au Sud et des troupes finlandaises, alliées à l'Allemagne, au Nord. L'impressionnante avancée des troupes allemandes engendre l'exode de plus de 300 000 civils de Pskov et de Novgorod, qui fuient en direction de Leningrad.
Le 14 juillet, les troupes allemandes atteignent le fleuve Louga et menacent Leningrad. Le lendemain, le maréchal Vorochilov, nommé depuis le 11 juillet commandant en chef du Front du Nord-Ouest, déclenche une contre-offensive devant Leningrad, entre le lac Ilmen et Soltsy pour gagner du temps et permettre la fortification de Leningrad, pour laquelle la totalité de la population est mobilisée.
Le 16 juillet, les troupes finlandaises occupent Sortavala, à l'extrême nord du lac Ladoga encerclant les troupes soviétiques dont une partie s'échappe par la mer.
A la mi-août 1941, les pays baltes sont désormais entièrement sous le joug nazi à l'exception de Tallin que les Allemands ont isolé des restes des troupes soviétiques. Toutefois cette poche de résistance doit être réduite pour permettre aux troupes allemandes de marcher sur Leningrad.
La capitale estonienne résiste jusqu'au 29 août, l'évacuation soviétique de Tallinn réussie à évacuer 165 navires, 28 000 passagers et 66 000 tonnes de matériel, qui atteignent la ville de Kronstadt située dans la baie de la Neva à 20 kilomètres de Leningrad. L'ensemble de cette armada et de ce matériel sera utilisé durant le siège de Leningrad.
A la fin du mois d'août, la ville de Leningrad est totalement encerclée. Au Sud par les troupes allemandes bloquées devant les premières fortifications dressées en toute hâte par la population civile. Au Nord par les troupes finlandaises qui atteignent la ligne fortifiée de Carélie qu'ils ne pourront jamais prendre et sur laquelle le front se stabilise jusqu'à l'été 1944.
Le 9 septembre, les troupes allemandes lancent une attaque plus à l'Ouest en direction de Leningrad même, afin de s'approcher le plus près possible de la ville. La prise de la ville, dont la défense est organisée par Joukov, se révèle vite impossible. Les Allemands renoncent à un assaut direct, décident de l'investir progressivement. Le 11 septembre, les Allemands sont à portée de vue de Leningrad. Le lendemain, un premier faubourg de Leningrad est atteint, toutefois les Allemands ne poussent pas en direction de la ville mais en direction de la mer Baltique, afin d'isoler les défenseurs d'Oranienbaum. Cette poche ne sera jamais réduite, les russes la ravitailleront par mer jusqu'à la fin du siège de Leningrad.
Le 17 septembre, Pouchkine et le palais des tsars sont pris. Ce même jour des troupes quittent le "Heeresgruppe Nord" et partent vers Moscou où la bataille décisive doit se jouer.

Le front se stabilise et le siège de Leningrad commence. La ville est isolée dans une bande de terre comprise entre les troupes germano-finlandaise, le golfe de Finlande à l'Est et le lac Ladoga au Nord-Est qui constituera le seul accès d'approvisionnement de la ville.
La ville, encerclée depuis septembre 1941, est unie contre l'envahisseur. Des milices ont été créées, elles forment les divisions d'infanterie de la milice de Leningrad, et les habitants ont largement aidé à construire les défenses de la ville.
La chute de Leningrad et de la poche d'Oranienbaum permettrait aux Allemands de mettre hors de combat une quarantaine de division, ainsi que la disparition d'un centre de fabrication très important d'armement. Pendant toute la durée de la guerre, ses usines de chars et ses arsenaux de munitions et de canons fonctionnèrent sans discontinuer fournissant à aux troupes de l'Armée rouge les armes nécessaires. D'autre part la prise de Leningrad aurait libéré un grand nombre de troupes allemandes, alors que la 1ème armée monta la garde devant la ville jusque 1944.
Toutefois lorsque les Allemands terminent le blocus de Leningrad, les autorités russes se rendent compte qu'elles ont commis une grave erreur: personne n'a pensé à évacuer la population civile avant l'arrivée de l'ennemi. Il y a donc de très nombreuses "bouches inutiles" sur les 3000 000 d'habitants qui se trouvent dans la ville.
Le 12 septembre, un décompte des vivres est fait :
    - Blé et farine : stock pour 35 jours.
    - Céréales et pâtes : stock pour 30 jours.
    - Viande ainsi que bétail sur pied : stock pour 33 jours.
    - Matières grasses : stock pour 45 jours.
    - Sucres et conserves : stock pour 300 jours.

Front de Leningrad de mai 1942 à janvier 1943.
Front de Leningrad de mai 1942 à janvier 1943.
Soldats russes sur le front de Leningrad et équipés de casques Ssh 39.
Soldats russes sur le front de Leningrad et équipés de casques Ssh 39.

Un rationnement est mis en place immédiatement et des cartes d'alimentation sont distribuées. Les habitants sont confrontés à une multitude de problèmes. La nourriture rationnée, l'électricité est coupée, les tramways cessent de fonctionner en novembre 1941, il n'y a plus de chauffage et plus de lumière.
Le lac Ladoga sert de voie de ravitaillement, mais le 15 novembre, avec l'arrivée de l'hiver et de l'embâcle, les navires ne peuvent plus passer, ni les camions, la glace n'étant pas assez solide pour supporter leur poids. A partir du 20 novembre 1941, le ravitaillement parviendra désormais aux Russes par convoi de traîneaux tirés par des chevaux jusque mi-avril à travers le lac gelé.
Mi-novembre 1941, le froid et la faim font de terribles ravages au sein de la population. Les rations alimentaires sont une fois de plus réduites, pour la cinquième fois depuis le début du siège. Les ouvriers et le personnel spécialisé ne perçoivent plus que 225 g de pain et 1067 calories par jour. Les enfants 150 g de pain et 644 calories. Le 20 novembre, 11 000 civils sont déjà morts de faim. En décembre 1941, 52 000 civils meurent de faim. En janvier 1942, 3 500 à 4 000 civils meurent de faim quotidiennement.
Le commandement russe, prend alors la décision d'évacuer une grande partie de la population civile, tout d'abord par camions à travers le lac Ladoga gelé, puis par bateaux. 951 000 personnes seront ainsi évacuées durant l'année 1942.
D'après les chiffres officiels russes fournis au tribunal de Nuremberg, la famine causa la mort de 632 000 habitants de Leningrad. Les soldats sont nourris correctement le plus longtemps possible, mais durant les dernières semaines de l'année 1941, les rations sont à peine suffisantes.
Pendant l'hiver de 42-43, la voie d'approvisionnement à travers le lac Ladoga, surnommé la "route de la vie", recommença à fonctionner, d'abord avec un trafic de chevaux. Les véhicules à moteur purent être utilisés à partir du 24 décembre 1942. Une voie ferrée fut par ailleurs construite sur la glace en décembre 1942.
Le 18 juin 1942, un oléoduc ("Artère de la vie") posé sur le fond du lac Ladoga fut mis en service. Il était long de 29 km, dont 21 km sous l'eau à une profondeur de 12,5 m. En août, un câble électrique passant par le lac commença à approvisionner la ville depuis la centrale électrique de Volkhov.
L'Opération Iskra, une offensive soviétique de grande ampleur des troupes des fronts de Leningrad et de Volkhov, débuta dans la matinée du 12 janvier 1943. Après de très violents combats, les unités de l'Armée rouge s'emparèrent des zones puissamment fortifiées de l'armée allemande au sud du lac Ladoga. Le 18 janvier 1943, les deux fronts se rejoignirent et ouvrirent un couloir terrestre vers la ville assiégée. Presque immédiatement, les camions et les trains commencèrent à approvisionner Leningrad.
La ville de Leningrad resta soumise à un siège partiel, ainsi qu'à des bombardements aériens et à des tirs d'artillerie, jusqu'à ce qu'une offensive soviétique enfonce les lignes allemandes et lève le siège le 27 janvier 1944.

Tout au long du siège, les importantes industries de Leningrad et ses environs ne cessèrent de tourner malgré l'important manque d'approvisionnement en matière première. Très rapidement, les industries russes firent usage d'ersatz afin de palier ce manque et continuer à produire les effets nécessaires à la survie de la population assiégée et la résistance de l'armée en poste autour et dans la ville.
C'est ainsi que fut créé des ersatz de nourriture afin de combattre la famine qui faisait rage au sein de la population, comme la création de saucisse à base de sciure, cuir et viscères d'animaux… etc.
Les importantes usines d'armement continuèrent la production, usant de matériaux de récupération afin de réapprovisionner l'armée. C'est ainsi que armes, munitions et casques furent fabriqués avec des matériaux de piètre qualité (Cf. casque Ssh 36 remanié).
Afin de protéger les civils en poste dans les organisations auxiliaires à l'armée, comme la défense civile, les différentes milices armées, postes d'artillerie anti-aérienne... etc., il fut décidé de créer un casque facile à fabriquer, nécessitant peu de matériaux encore disponibles dans la ville assiégée.
Ce fut un casque reprenant la forme du casque plat anglais de type "Brodie" en raison de sa facilité d'emboutissage, de sa forme simple et efficace contre la chute de débris dans les abris des défenses de la ville. La production de casques Ssh 36, et 39 restant réservée à un usage exclusif à l'armée. Par ailleurs, il est fort possible que ces milices furent dotées de casques de type anglais Mark I ou US Model 1917 remaniés, ces casques ayant été en faction en Russie lors de la guerre civile russe (comme peut l'attester la photo de la membre de la milice armée d'un fusil de type US 17 ou anglais P14).
On estime que ce modèle de casque fut produit à quelques dizaines de milliers d’exemplaires durant le siège, dont la production fut effectuée dans l’usine Kirov (Leningrad Kirovsky Zavod). Une grande majorité de l’équipement, ainsi que 15 000 ouvriers accompagnés de leurs familles avaient été évacués à Tcheliabinsk, comme la majorité des grandes usines de chars en proie à l’envahisseur allemand.
Durant le blocus, l'usine occupa une place primordiale dans la défense de la ville. Située à seulement 4 kilomètres du front, l'usine fut une des principales cibles des bombardements. On estime qu'environ 4 700 obus et 770 bombes sont tombés sur l'usine. 2 500 ouvriers sont morts de famine et 150 furent tués sous les bombardements. Toutefois, la production n'a jamais cessée, et une unité de défense civile fut formée autour de l'usine composées essentiellement des ouvriers de l'entreprise, formant le 1er régiment d'infanterie de la division de défense civile Kirov. Au total, 1 000 ouvriers combattirent sur le front de Leningrad.
L'usine Kirov existe toujours à l'heure actuelle, et est spécialisée dans la métallurgie, la fabrication d’engin de chantier et pour l’agriculture... etc.
Ce casque, dont nous ignorons totalement la désignation que les autorités soviétiques ont pu lui donner, sera nommé casque de la "défense de Leningrad". Il ne s'agit pas d'un casque de combat à part entière, mais une protection créée pour répondre à un besoin urgent dans une situation de crise, avec les moyens du bord.

Casque de la défense de Leningrad. Casque de la défense de Leningrad. Casque de la défense de Leningrad. Casque de la défense de Leningrad.

Constitution

La coque :

Vue avant/arrière.
Vue avant/arrière.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Vue de biais.
Vue de biais.
Défaut d'emboutissage - intérieur.
Défaut d'emboutissage - intérieur.
Défaut d'emboutissage - extérieur.
Défaut d'emboutissage - extérieur.

La bombe du casque de la défense de Leningrad a une forme similaire à celle du casque de type Brodie adopté par le Royaume-Uni et les Etats-Unis durant la première guerre mondiale. Cependant le casque soviétique est beaucoup plus plat que les casques Mark I anglais et Model 1917 américain. De forme quasi circulaire, ce casque mesure 34 centimètres de long pour 32 cm de large.
La bombe est beaucoup moins haute, les parois sont très obliques et la visière faisant le tour du casque est parfaitement plate.
Ce casque est formé par emboutissage d'une plaque d'acier doux de 2/10éme d'épaisseur, sa forme se prête parfaitement à ce procédé de fabrication. Cependant, la fabrication de ce casque étant effectuée avec des matériaux de seconde qualité, et dont le cahier des charges n'est pas aussi stricte que celui des casques destinés à l'armée, des défauts d'emboutissage peuvent être rencontrés.
D'un poids d'environ 1380 grammes, ce casque est relativement lourd pour sa forme très basique.
Après formation, la bordure du casque est découpée et les bords sont ensuite meulés, afin de réduire le tranchant de l'acier.
Les passants de jugulaire sont soudés électriquement de chaque coté du casque le long des parois internes. Un trou  est percé à l'avant et à l'arrière du casque pour la mise en place ultérieure de la coiffe.

La bombe est ensuite peinte de couleur identique à l'ensemble des équipements métalliques de l'armée soviétique (comme les caisses de munitions… etc.), soit de couleur vert olive assez clair légèrement brillante.
Des insignes peints peuvent être appliqués à l'avant du casque, en fonction de l'organisation à laquelle est destiné le casque.

La coiffe :

Tête de rivet.
Tête de rivet.
Point de fixation avant ou arrière de la coiffe.
Point de fixation avant ou arrière de la coiffe.
Détail assemblage cerclage et jupe en toile.
Détail assemblage cerclage et jupe en toile.
Jupe en toile, réglable à l'aide d'un lacet.
Jupe en toile, réglable à l'aide d'un lacet.
Coiffe.
Coiffe.

La coiffe est constituée d'un bonnet, à l'instar des casques Mark I britannique et US Model 1917 employés durant la première guerre mondiale. La constitution de la coiffe, bien que très rudimentaire, n'est pas sans rappeler celle en toile employée dans les casques Ssh 36 et 39 de l'armée rouge, et dont la structure est très semblable.

La coiffe est exclusivement fabriquée à partir de toile de récupération et donc les teintes peuvent varier en fonction des exemplaires rencontrés.
La base de la coiffe est constituée d'une jupe en toile, dont le bas est parcouru par une cordelette prise dans un ourlet et dont la tension permet un certain réglage de la coiffe. Cette jupe est montée sur un bandeau de toile rembourré de ouate, constituant un semblant de cerclage assurant une rigidité relative à la coiffe. Ce bandeau, composé d'un boudin plat de forme circulaire, est la pièce centrale de la coiffe, assurant un maintien relatif du casque sur la tête.
Enfin, une bande de toile est cousue au bandeau, afin de former un rabat de 6 centimètres de large sur celui-ci. La longueur libre est pliée et cousue afin d'empêcher l'usure prématurée de cette pièce. La coiffe est fixée à la bombe au niveau des trous pratiqués à l'avant et à l'arrière du casque à l'aide de deux petits rivets mécaniques traversant la coiffe au niveau du bandeau rembourré, sans traverser l'ourlet de toile.
La fixation est assurée par une petite rondelle afin que la coiffe ne soit pas déchirée en raison du faible diamètre du rivet.
La coiffe du casque de la défense de Leningrad en contact direct avec la bombe ne permet pas d'amortir de violents chocs et a pour but unique de maintenir le casque sur le crâne.

A noter que bien qu'il s'agisse d'un casque fabriqué avec les moyens du bord, les éléments du casque furent toute de même soumis à divers contrôle tout au long du processus de fabrication comme l'atteste la présence de marquages apposés au tampon encreur. Le marquage de forme rectangulaire comporte la mention OTK, qui est la marque de contrôle de l'organisme officiel certifiant la conformité et la qualité du matériel fabriqué.

Marquage de contrôle.
Marquage de contrôle.

La jugulaire :

Passant de jugulaire soudé par deux points de soudure électrique.
Passant de jugulaire soudé par deux points de soudure électrique.
Anneau rectangulaire de maintien.
Anneau rectangulaire de maintien.
Détail passage jugulaire dans la boucle coulissante.
Détail passage jugulaire dans la boucle coulissante.
Boucle de réglage coulissante.
Boucle de réglage coulissante.

La jugulaire est montée sur deux anneaux rectangulaires, de dimension 2,4 x 1 cm, identiques à ceux équipant les casques Ssh 36, 39 puis 40. La base de cette boucle est enchapée dans une longue bande métallique d'environ 1,6 centimètres de large pour 12 cm de long pliée en deux et faisant ainsi office de charnière. Cette étonnante longueur laisse supposée que l'acier ne devait pas trop manquer, alors que cet empattement aurait pu être plus court par souci d'économie.
Les passants de jugulaire sont fixés aux parois internes de la bombe par deux points de soudure électrique appliqués sur l'empattement métallique lors de la fabrication de la bombe et avant mise en peinture.
La jugulaire est constituée d'une longue sangle de toile de type webbing, tressée en losange, pliée en trois et dont toute la longueur (environ 50 cm de long pour 1,5 cm de large) est parcourue de deux traits de couture parallèles.

Une extrémité de la jugulaire enchape une boucle carrée à l'échelle (dimension 2 x 2 cm), semblable à celle utilisée sur les jugulaires appliquées depuis le casque Ssh 36, et maintenue par un trait de couture. Cependant, au lieu d'être légèrement courbée comme sur les casques de l'armée, cette boucle est sensiblement pliée de manière géométrique. De plus, les dimensions pas très parfaites témoignent d'une fabrication hâtive (plaque d'acier évidée).
L'autre extrémité coulisse librement dans un des passants du casque puis dans la boucle de réglage et enfin se fixe au second passant par couture.

Casque de la défense passive

La coque n'est pas un recyclage de casque US ou Britannique, il s'agit bien d'une fabrication. L'ensemble est plutôt de bonne qualité, il ne s'agit pas d'une fabrication ersatz de guerre. L'exemplaire présenté est dans son état d'origine, y compris la peinture.

La coque est emboutie dans une feuille d'acier qui n'a certainement aucune qualité balistique. Elle est percée de deux trous (à l'avant et à l'arrière) pour la fixation de la coiffe. Deux pontets (de conception identique à celui présenté sur le modèle "Leningrad") sont soudés sur les côtés.

 DP Russe.
Vue avant (remarquer le rivet).
 DP Russe.
Vue de côté.
 DP Russe.
Vue de dessus (rivet visible avant et arrière).
 DP Russe.
Vue de l'intérieur avec la coiffe et la jugulaire.
 DP Russe.
Vue de la coiffe retournée.

La coiffe est composée d'un bandeau de feutre compact de 5 cm de largeur et épais de 5 millimètres sur lequel sont cousus deux tubes de toile. Le premier tube fait 11 centimètres de large, il se termine par un ourlet formant un foureau de 1 cm de large dans lequel passe une ficelle qui permet de régler la coiffe en profondeur (il n'y a aucun réglage du tour de tête). Le second tube fait 3,5 centimètres de large et fait office de bandeau de sudation. Le même tissu est employé.

La coiffe est fixée à l'avant et l'arrière par un rivet qui traverse la coque et le bandeau en feutre, puis se termine par une rondelle précédée d'une plaque en métal de 2 cm sur 10. Sur les côtés, il semble (impossible à voir) qu'un bout de fil de fer soit soudé ou passé derrière le pontet, puis rabattu sur une plaque identique aux autres.

 DP Russe.
Fixation de la coiffe (avant et arrière).
 DP Russe.
Fixation de la coiffe (sur les deux côtés).
 DP Russe.
La jugulaire en tissu avec sa boucle.

La jugulaire en deux parties est fabriquée dans le même tissu que la coiffe. Une bande de tissu est retournée plusieurs fois sur elle-même avant d'être aplatie et cousue sur les deux bords. Une première partie retient la boucle alors que la seconde coulisse dedans.

 DP Russe.
Fixation de la jugulaire au pontet.
 DP Russe.
Fixation de la boucle et passage de la sangle.

Cas particulier

Casque US Model 1917 reconditionné.

Voici un exemplaire particulier utilisé lors de la défense de la ville de Leningrad durant le blocus. Ce casque est vraisemblablement fabriqué à partir d'une coque de casque US Model 1917.
En effet, depuis la première guerre mondiale, la Russie possède un important stock de matériel américain et anglais. En effet, les bolcheviks dirigés par Lénine sont arrivés au pouvoir en octobre 1917, et établirent un gouvernement communiste. Cinq mois plus tard, ils signèrent le traité de Brest-Litovsk avec les Allemands, ce qui a officiellement mis fin à la guerre sur le front de l'Est. Cela a permis aux Allemands de commencer à redéployer des troupes sur le front occidental où les armées britannique et française épuisées n'avaient pas encore été renforcées par la force expéditionnaire américaine. En même temps que la signature du traité, Lénine s'était engagé personnellement sur le fait que si la Légion tchécoslovaque restait neutre et quittait la Russie, elle pourrait passer à travers la Sibérie pour rejoindre les forces alliées sur le front occidental. Cependant, alors que les 50 000 membres de la Légion traversaient la Russie par le Transsibérien jusqu'à Vladivostok, la moitié seulement était arrivée avant que l'accord ne soit remis en cause, les combats ont donc repris en mai 1918. Le fait qu'en avril 1918, une division de troupes allemandes ait débarquée en Finlande était également inquiétant pour les Alliés. Elle suscitait la crainte que les Allemands pourraient essayer de capturer le chemin de fer de Mourmansk-Petrograd, le port stratégique de Mourmansk et peut-être même de la ville d'Arkhangelsk.
Face à cette série d'événements, les dirigeants des gouvernements britannique et français décidèrent que les Alliés occidentaux devaient intervenir militairement en Russie septentrionale. Ils espéraient atteindre trois objectifs avec cette intervention :
    - éviter que les stocks de matériel de guerre alliés à Arkhangelsk ne tombent dans des mains allemandes ou bolcheviques,
    - monter une offensive pour sauver la Légion tchécoslovaque, qui était coincé le long du chemin de fer Transsibérien et,
    - ressusciter le front de l'Est en battant l'armée bolchevique, avec l'aide de la Légion tchécoslovaque et d'une force anticommuniste locale alors en expansion.
Cruellement à court de troupes, les Britanniques et les Français ont décidé de demander au président américain Woodrow Wilson, de fournir des troupes américaines pour ce qui allait être appelé la campagne de Russie septentrionale ou l'intervention alliée dans le Nord de la Russie. En juillet 1918, contre l'avis du département américain de la Guerre, Wilson a finalement accepté une participation limitée à la campagne en envoyant un contingent de soldats de l'armée de terre américaine. Cette force, organisée à la hâte, a été nommée Force expéditionnaire américaine en Russie septentrionale, mais qui a également été connu par la suite sous le nom d'expédition Ours polaire. Cette campagne s'est déroulée dans la région d'Arkhangelsk et dura jusqu'en 1919. La présence de troupes alliées durant la guerre civile russe explique pourquoi les forces armées soviétiques aient pu être équipé de matériel américain, anglais ou français.
La photographie de cette membre des forces de défense de Leningrad, armée d'un fusil model 1917 américain, ou P14 anglais montre bien ces cas d'utilisation.
Ainsi, ce casque est fabriqué à partir d'une bombe de casque US model 1917, auquel a été retiré le jonc parcourant la circonférence du casque. La coiffe d'origine a été supprimée au profit d'une coiffe de fortune fabriquée durant le siège.
Cette coiffe, constituée d'une jupe de toile, dont la base est repliée sur elle-même et cousue afin de former un ourlet contenant le lacet de réglage en profondeur. La bande de toile, constituant la coiffe, a ses extrémités jointives par deux traits de couture parallèle. Elle est maintenue dans la bombe par son autre longueur pliée trois fois et cousue par deux traits de couture parallèles. Le maintien dans la bombe est assuré par quatre agrafes plates rivetées aux quatre points cardinaux du casque. Ces agrafes sont constituées d'une petite bande métallique, destinée à s'insérer dans deux fentes pratiquées à la base de la coiffe, elles aussi réparties par pair aux quatre point cardinaux. Le trou sommital, maintenant la coiffe d'origine, a été obturé à l'aide d'un rivet renforcé d'une rondelle.
La jugulaire en cuir de fabrication américaine a été remplacée au profit d'une jugulaire de fabrication russe semblable à celle que l'on rencontre sur les casques Ssh 36, 39 ou 40.
Cet exemplaire porte le logo de l'ОСОАВИАХИМ (Organisation pour la défense anti aérienne et chimique de l'Urss) véritable organisation para militaire qui prépare les jeunes dans diverses branches ayant un rapport avec la défense, sport, tir, secourisme, lutte anti gaz, etc ... Avant-guerre à Leningrad, cette organisation regroupe 400 000 membres..

Membre des forces de défense de Leningrad, armée d'un fusil US 17 ou anglais P14.
Membre des forces de défense de Leningrad,
armée d'un fusil US 17 ou anglais P14.
Vue de face.
Vue de face.
Vue intérieure.
Vue intérieure.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Agrafe de maintien de coiffe.
Agrafe de maintien de coiffe.
Jugulaire.
Jugulaire.