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Casque Aggressor - OPFOR

Fiche

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Historique

L'armée américaine a toujours utilisé au cours de ses entrainements des équipes de soldats, représentant les forces ennemies, dans le cadre de scénarii de guerre.
Désignée comme force d'opposition ("Opposing Force" : OPFOR), ou agresseur ("aggressor"), il s'agit d'une unité militaire chargée de représenter un ennemi, en usant de signes distinctifs afin de se démarquer des troupes régulières.
Ces unités peuvent servir de force adverse pour un seul scénario d'entrainement, dont l'usage est différent des opposants couramment utilisés dans les entrainements conventionnels. Les unités de force d'opposition ont pour but de simuler une armée adverse et créer un environnement conflictuel contre les troupes à entrainer. Il s'agit d'unités spécialisées dans la simulation d'une force ennemie afin de fournir une expérience réaliste de combat.
Afin d'éviter tout incident diplomatique, les forces d'opposition ne s'apparente jamais à une véritable nation, mais présente toutefois certaines similitudes avec l'ennemi potentiel du moment.
Habituellement les forces d'opposition sont représentées par l'équipe rouge d'un scénario d'entrainement, et sont équipées différemment des troupes régulières, dotées d'uniformes, d'armes et même de véhicules ressemblant au probable ennemi contemporain de la formation.
Au lendemain de la première guerre mondiale, les membres de la force d'opposition sont équipées d'un casque Model 1917 doté d'une large bande rouge appliquée sur la largeur du casque, et dont l'arrière est percé d'un large trou afin de se différencier d'un casque de combat.
Durant les années 50, une note de l'armée préconise la modification de liners par pose d'un large cimier en bois visé au sous-casque.

Casque Aggressor - OPFOR. Casque Aggressor - OPFOR. Casque Aggressor - OPFOR.

Durant la seconde guerre mondiale, des tensions apparaissent au sein même du camp alliés sur les modalités de l'après guerre définies durant la conférence de Yalta. Dès la victoire en Europe en mai 1945, des confrontations idéologiques et politiques naissent entre les deux superpuissances que furent les états-Unis et l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Soit entre les régimes communistes et le "monde libre" (expression désignant l'ensemble des régimes non communistes). Apparaît une "guerre limitée" ou "paix belliqueuse" dans un monde bipolaire où les belligérants évitaient l'affrontement direct. Désigné comme guerre froide, cette pseudo crise débute approximativement en 1945 et dure jusqu'en 1989, année de la chute des régimes communistes en Europe, ou 1991, année de l'implosion de l'URSS et de la dissolution du Pacte de Varsovie.
Le terme "froide" apposé en oxymore indique qu'il ne s'agit pas d'une guerre au sens habituel du terme, mais d'une confrontation qui proscrit l'affrontement armé direct entre les deux grands vainqueurs de la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis et l'Union soviétique. Elle est cependant caractérisée en premier lieu par la course aux armements et la menace nucléaire (équilibre par la terreur).
La guerre froide prendra toutes les formes possibles d'affrontement, depuis l'espionnage, les actions secrètes, la propagande jusqu'à la compétition technologique dans le domaine de la conquête de l'espace ou bien encore la compétition dans les stades.
Plusieurs conflits ouverts importants, faisant de nombreuses victimes civiles et militaires, la guerre de Corée (1950-1953), la guerre d'Indochine (1945-1954), la guerre du Viêt Nam (1964-1975) et la guerre d'Afghanistan (1979-1989), ont traduit l'opposition indirecte entre les Soviétiques et les Américains, par l'intermédiaire de leurs alliés respectifs.
L'équilibre de la terreur, mis en place respectivement par les Etats-Unis et l'URSS, maintient les armées des deux blocs en perpétuelle alerte, le degré varant en fonction des différentes crises diplomatiques ayant eu lieu durant la guerre froide : insurrection de Budapest (1956), crise de Suez (1956), rupture sino-soviétique (1960), deuxième crise de Berlin (1961), crise de Nouvelle-Guinée entre l'Indonésie et les Pays-Bas (1962), crise des missiles cubains (1962).
Dans un but militaire, les pays des deux blocs s'équipent de matériel en quantités considérables. à la fin des années 1970, la guerre froide reprend de la vigueur dans le sillage, notamment, de l'invasion de l'Afghanistan par les troupes soviétiques et d'une nouvelle affaire de missiles. Après que l'Union soviétique ait stationné des missiles nucléaires moyenne portée SS-20 en Europe de l'Est, l'OTAN répond par sa "double décision". Celle-ci prévoit l'installation progressive de "Pershings" et de missiles de croisière américains sur le territoire de cinq pays membres de l'OTAN. Les missiles sont déployés malgré l'opposition de l'opinion publique. à l'usure, cette course aux armements, les progrès techniques étant continus, ce fut le poids trop important pris par le budget militaire sur l'économie de l'URSS qui mit fin à cette course.
Pendant cette course, ces deux pays ont créé un climat de terreur chez leurs ennemis. Chemin faisant, ils ont démontré qu'ils possédaient un arsenal nucléaire suffisant pour détruire quiconque s'opposerait de façon notable à leurs plans. Etant assuré de leur destruction mutuelle, ils ont maintenu ce qui est appelé l'équilibre de la terreur, c'est-à-dire une situation où personne ne peut gagner suite à un conflit nucléaire.
Au cours de la guerre froide, l'ennemi potentiel est donc le soldat appartenant au bloc de l'Est, comprenant l'URSS et l'ensemble des pays communistes déployés derrière le rideau de fer. Les forces d'opposition sont alors équipés d'uniforme, de casques et même de véhicule arborant une étoile rouge proche de celle employée dans l'armée rouge, sans vraiment désigner celle-ci comme ennemie identifié.
Un casque en plastique, ayant la silhouette du casque soviétique Ssh 40 est alors conçu pour être porté sur le liner. Auparavant, un casque en plastique ayant la silhouette du casque soviétique Ssh 36 fut employé au sein des unités OPFOR de l'armée américaine.
Ce casque, composé d'une bombe en plastique, comporte deux bandes élastiques rivetées et terminées d'un large crochet en plastique solidarisant le casque au liner.
Les unités OPFOR eurent pour but de familiariser les troupes américaines avec le soldat du bloc soviétique et les préparées à un conflit pouvant éclater à tout moment. Elles permettaient d'établir une notion d'adversité que ne pouvaient obtenir des troupes conventionnelles scindées en deux groupes pour des exercices de combat.
Depuis la chute de l'URSS, les unités américaines de force d'opposition sont devenues plus flexibles et représentent un plus grand nombre d'adversaires. Plus récemment, ces formations ont mis l'accent sur les théâtres d'opération irakien et afghan.
Il existe trois principaux centres d'entrainement basés sur des unités OPFOR au sein de l'armée américaine :
    - Le centre national d'entrainement ("National Training Center" : NTC), basé à Fort Irvin en Californie, où est stationné le 11ème régiment de cavalerie blindée ("blackhorse").
    - Le "Joint Readiness Training Center" (JRTC), basé à Fort Polk en Louisiane, où est stationné le 509ème régiment d'infanterie aéroportée ("Geronimos").
    - Le "Joint Multinational Readiness Center" (JMRC), basé à Hohenfels en Allemagne, où est stationné le 1er bataillon du 4ème régiment d'infanterie.

Casque Aggressor - OPFOR.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Modèle muni d'un insigne, laissant apparaître la couleur du plastique.
Modèle muni d'un insigne, laissant apparaître la couleur du plastique.
Insigne autocollant.
Insigne autocollant.

Le casque "Aggressor" OPFOR est destiné à remplacer le casque M-1 pour les exercices de combat contre un ennemi simulé. La bombe de ce casque est fabriqué en plastique teinté dans la masse de couleur vert canard, formée dans un moule, la surface extérieure de ce casque est légèrement texturée afin de réduire les reflets du soleil. La forme de ce casque est basée sur le casque soviétique Ssh 40 dont le volume est plus important afin de s'adapter au liner (sous-casque) en usage dans l'armée américaine.
La bombe est percée de deux trous pratiqués de part et d'autre du casque au niveau du tiers supérieur pour la fixation ultérieure des deux crochets de maintien du liner.
La bombe est ensuite peinte de couleur vert/gris et peut présenter un insigne frontal appliqué à l'aide d'un autocollant. Il existe deux types d'insigne : le premier est une simple étoile rouge, le second est un disque de couleur rouge sur lequel est imprimé une étoile jaune entouré d'un anneau de même couleur.
Ces insignes rappellent fortement l'étoile communiste utilisée au sein de l'armée rouge, ennemie le plus probable durant la guerre froide.

La coiffe :

Intérieur bombe.
Intérieur bombe.
Liner model 1961.
Liner model 1961.
Tête de rivet.
Tête de rivet.
Crochet de maintien du liner.
Crochet de maintien du liner.
Détail maintien du liner.
Détail maintien du liner.
Coiffe assurée par un liner.
Coiffe assurée par un liner.

Destiné à remplacer le casque lourd M-1, le casque "Aggressor" OPFOR était utilisé sur un liner, quel que soit le type (Model 1941, 1951, 1961 ou encore 1973). La bombe étant démunie de jugulaire, le maintien de celle-ci est assurée par deux larges crochets en plastique noir montés sur une bande élastique, elle même rivetée à la bombe. La fixation est assurée à l'aide d'un rivet tubulaire, renforcé d'une large rondelle.
Le liner est ainsi retenu dans la bombe par ces deux crochets placés sur la bordure du liner.

Notice de l'armée américaine pour transformer un liner en casque "Aggressor"

Notice de l'armée américaine pour transformer un liner en casque Aggressor.
Notice de l'armée américaine pour transformer un liner en casque Aggressor.