Angleterre

Angleterre

Casque HSAT, Mark II

Fiche

  • Dénomination : "Helmet, Steel, Airborne Troops", Mark II (HSAT, Mark II).
  • Destiné aux troupes aéroportées.
  • Caractéristique : amélioration du "Helmet, Steel, Airborne Troops", Mark I (HSAT, Mark I).
  • Coiffe constituée d'une suspension en toile, montée sur cerclage métallique et rembourrée d'une périphérie en caoutchouc.
  • Jugulaire de topologie trois points en toile de type "webbing" munie d'une mentonnière..
  • Insigne de l'unité peint sur la coque.
  • Camouflage par filet ou peinture.
  • Fabriqué à partir de 1943.
  • Distribué à partir de 1943.
  • Pays d'origine : Angleterre.
  • Période d'utilisation : 1943 aux années 80.
  • Matériau : acier au manganèse amagnétique.
  • Poids : 1400 g (grande taille).
  • Taille : 2 tailles de bombe (normal et large), et 7 tailles de coiffe de 6 ½ à 7 ⅜.
  • Couleur : vert kaki très foncé, finition granité.
Preview
Fabrication B.M.B début 1944, bombe de grande taille.

Preview
Fabrication B.M.B mi-1944, bombe de taille normale.

Historique

L'utilisation des troupes aéroportées allemandes durant les phases d'invasion du continent européen en 1940, tout d'abord en Norvège, puis aux Pays-Bas, en Belgique et enfin en France, révéla la redoutable efficacité de cette nouvelle arme. L'Allemagne fut un des premiers pays à mettre en place avec succès des unités parachutistes, semant le trouble et la crainte chez ses adversaires, et contribuant à accélérer la redoutable "Blitzkrieg" allemande.
Bien au courant du développement de cette nouvelle arme au sein de l'armée allemande, l'état-major britannique ne porta d'abord que peu d'intérêt au développement des troupes parachutistes. Après les succès fulgurants de l'opération de Narvik en Norvège, de la prise du fort d'Eben-Emael en Belgique, pourtant réputé imprenable, et l'opération de Rotterdam aux Pays-Bas, l'armée britannique créa dans la précipitation la plus générale le 13 juin 1940 ses premières unités aéroportées.
L'urgence combinée à une totale inexpérience dans ce domaine poussa l'état-major britannique à s'inspirer des unités parachutistes allemandes et notamment de l'équipement capturés sur des parachutistes ennemis lors de l'offensive de 1940.
En juillet 1940, le "War department" confie la création d'un casque adapté au saut et au combat pour le compte des troupes aéroportées. Ce projet est confié au major John Rock de l'"Army Technical Development Unit", qui conçoit le premier modèle de casque de parachutiste britannique très inspiré du casque modèle 38 en usage au sein des troupes aéroportées de l'armée allemande.
Ce casque devait répondre à trois besoins fondamentaux :
    - Protéger le crâne de son utilisateur, comme tout casque d'infanterie, des projectiles à haute vélocité.
    - Protéger la tête du parachutiste des coups violents subis lors d'un saut.
    - Etre de faible encombrement et sans saillie, afin de ne pas se prendre dans les suspentes du parachute.
Jusqu'à cette date, les troupes aéroportées britanniques s'entraînent avec des casques en cuir initialement destinés à la Royal Air Force et aussi des casques d'entraînement confectionnés à l'aide d'épaisses bandes de caoutchouc collées entre elles.
Le résultat de ce développement fut l'élaboration du casque type P (P pour "parachutist") à la fin de l'année 1940. La fabrication de ce casque fut attribuée à la société Briggs Motor Bodies de Dagenham.
Conçu sur la base du casque modèle 38 allemand, le casque type P est constitué d'une bombe en acier au manganèse de forme hémisphérique légèrement aplatie. La bordure est adoucie d'une bande de caoutchouc parcourant sa périphérie et forme à l'arrière une visière plate destinée à écarter les suspentes du parachute. Cette bordure sera par la suite remplacée par une bordure vulcanisée sur une bande de laiton. La visière arrière sera enfin supprimée pour gagner du poids.
La coiffe du casque type P est montée sur un cerclage en aluminium à l'instar du casque modèle 38 allemand. La coiffe est constituée d'une bande de cuir découpée de telle sorte à former neuf bandes. Doublée d'une calotte en caoutchouc naturel, la coiffe est solidarisée au cerclage à l'aide d'un lacet en cuir. La coiffe est fixée dans la bombe à l'aide de trois rivets mécaniques.
La jugulaire est fabriquée en cuir doublée de peau de chamois, et est constituée de deux parties. De topologie en quatre points, elle se monte dans la bombe à l'aide de quatre vis/écrou et se règle en changeant le point de fixation des extrémités constitué d'un trou renforcé d'un œillet métallique. Munie d'une mentonnière, la fermeture de la jugulaire est assurée par un double anneau.
On estime la production de ce casque entre 500 et 1000 unités, fabriquées dans l'année 1941. Le casque type P sera utilisé pour la première fois au combat lors du raid de Bruneval en février 1942 (opération Biting).
Après une période d'essai de ce modèle, un certain nombre de modifications furent demandées, aboutissant au premier casque officiel des troupes aéroportées de l'armée britannique en 1942. Ce nouveau casque, qualifié "Helmet, Steel, Airborne Troops" (diminutif HSAT), reprend la bombe du casque type P. Sa bordure est évasée horizontalement et est renforcée d'un cerclage plat en fibre inséré en force.
Afin d'épargner le cuir et gagner du poids, la coiffe est constituée d'une suspension de type "Riddel" en coton montée sur un épais cerclage en cuir, doublé d'une couche de feutre et d'une dernière bande de cuir pour le contact avec le crâne. La protection contre les coups est assurée par une large bande de caoutchouc en trois morceaux collés à la coiffe. La coiffe est solidarisée à un cerclage en aluminium par un lacet en cuir, qui est maintenu dans la bombe par quatre vis/écrous (2 positionnées latéralement, et 2 à l'arrière). La jugulaire est reprise du casque type P et est désormais fabriquée en cuir noir épais.
La production de ce casque débute en mai 1942, avec la livraison de 5 000 unités à la 1ère division aéroportée en juillet et s'arrête en octobre 1942 au moment où il est décidé de supprimer la bande en fibre parcourant la périphérie du casque. Une nouvelle bombe fait son apparition, désormais fabriquée en deux tailles, sa bordure est désormais adoucie par un jonc en acier inoxydable.
La coiffe et la jugulaire restent inchangées. Toutefois on note l'utilisation de feutre enrobé de caoutchouc dans le but d'économiser ce matériau stratégique.

Helmet, Steel, Airborne Troops, Mark I, 1943.
Helmet, Steel, Airborne Troops, Mark I, 1943.

La production de ce casque, désigné "Helmet, Steel, Airborne Troops, Mark I" (HSAT, Mark I), resta confiée à la société Briggs Motor Bodies et fut attribué durant une courte période à une société inconnue identifiée par le marquage G&S.
Le casque Mark I AT sera une nouvelle fois modifié à la fin de l'année 1943 avec le remplacement de la jugulaire par un modèle en webbing de coton, désormais fixé en trois points à trois passants en laiton maintenus dans la bombe. Ce nouveau modèle sera qualifié de "Helmet, Steel, Airborne Troops, Mark II" (HSAT, Mark II). Un certain nombre de casques Mark I AT sera modifié pour recevoir cette nouvelle jugulaire.
Le casque Mark I AT sera principalement utilisé lors de l'opération Overlord en Normandie le 6 juin 1944, puis l'opération Anvil-Dragoon le 15 août 1944 en Provence et l'opération Market Garden aux Pays-Bas en septembre 1944. Le casque Mark II AT sera majoritairement utilisé à partir de la mi-1944, cependant trop tardivement pour être rencontré de manière généralisée sur les différents théâtre d'opération. Le casque Mark II AT fut utilisé par l'ensemble des pays du Commonwealth et jusque dans les années 70 au Royaume-Uni. Ce modèle sera aussi largement exporté et utilisé à travers le monde, notamment en Israël. Exporté en Suisse, ce casque servira de base au futur casque helvète modèle 48/62.
Le casque HSAT Mark II sera produit jusque dans les années 70, notamment par les firmes B.M.B et RO & Co. (ce dernier uniquement après-guerre) pour la bombe et pour la coiffe par les firmes B.M.B, puis C.C.L et C.W.L (ces deux derniers uniquement après-guerre). Ce casque sera utilisé jusque dans les années 80 où l'on notera quelques cas d'utilisation durant le conflit des Malouines en 1982.

Helmet, Steel, Airborne Troops, Mark II. Helmet, Steel, Airborne Troops, Mark II. Helmet, Steel, Airborne Troops, Mark II.
Helmet, Steel, Airborne Troops, Mark II. Helmet, Steel, Airborne Troops, Mark II.
Helmet, Steel, Airborne Troops, Mark II. Helmet, Steel, Airborne Troops, Mark II.

Constitution

La coque :

Fabrication B.M.B, fin-1943 à début-1944.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Jointure jonc et marquage estampé (A07).
Jointure jonc et marquage estampé (A07).
Peinture texturée anti-reflet.
Peinture texturée anti-reflet.
Autre type de peinture texturée anti-reflet.
Autre type de peinture texturée anti-reflet.

Fabrication B.M.B, mi-1944.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Peinture texturée.
Peinture texturée.
Jointure jonc arrière.
Jointure jonc arrière.

La bombe du casque Mark II AT est strictement identique à celle du casque HSAT Mark I. Elle est fabriquée en deux tailles : une taille normale (périphérie extérieure de 79 centimètres) pour les coiffes de taille 6 ½ à 7 ¼ et une grande taille (périphérie extérieure de 81,5 cm) pour les coiffes de taille 7 ½ à 7 ⅜.
La bombe est formée par emboutissage progressif d'une plaque d'acier au manganèse amagnétique. Elle conserve la même forme que le casque HSAT et HSAT Mark I, héritée du casque type "P". La bordure de ce nouveau modèle est découpée après mise en forme de la bombe et est laissée verticale. Elle est désormais adoucie d'un jonc en acier inoxydable jointif à l'arrière du casque augmentant la solidité du casque, qui avait tendance à se fendre au niveau de la bordure sur le casque HSAT. Cette modification sera reprise pour les casques HSRAC et HSDR pour les versions Mark I respectives.
Le casque HSAT Mark II reprend les mêmes caractéristiques que son prédécesseur le casque HSAT Mark I, mais la bombe est désormais percée de trois trous à 33 millimètres de la bordure (contre quatre précédemment) : deux trous latéraux et un trou à l'arrière.
La bombe du casque conserve la même couleur que les casques produits par la firme B.M.B à la fin de l'année 1943, à savoir le vert olive appliqué de manière granitée. Cette couleur sera conservée jusqu'au début de l'année 1944 où elle fut remplacé par le vert kaki foncé, standardisé à la fin de l'année 1943 pour les casques de l'armée britannique. Toutefois, on rencontre une incohérence entre la couleur employée sur les casques HSAT Mark I et Mark II sur la période de fin d'année 1943. En effet, la couleur vert kaki foncé est systématique chez G&S, et généralisé chez B.M.B pour le modèle Mark I, alors que les versions Mark II sont généralement peintes de couleur vert olive à la fin d'année 1943 et début 1944.
La peinture est additionnée de sable fin pour donner un aspect granité (et dont le grain peut varier du fin au plus grossier) afin de diminuer les reflets du soleil. La peinture granitée est appliquée aussi bien en intérieur qu'en extérieur. La couleur employée pour les casques produits à partir des années 50 est le vert foncé et sera appliquée de manière granitée uniquement à l'extérieur.
Un tampon amortisseur de forme ovale est collé au fond de la bombe. Il est formé d'une couche de feutre dont la surface extérieure est doublée de toile caoutchoutée. Ce tampon amortisseur sera fabriqué en caoutchouc après-guerre dont la surface est doublée de toile caoutchoutée. Cette pièce est généralement marquée au tampon encreur de couleur blanche pour les casques produits après-guerre.
Le casque HSAT Mark II fut fabriqué uniquement par la firme B.M.B durant les années 1943 et 1944.
Les bombes de fabrication B.M.B peuvent être estampées à froid à l'arrière en comportant une annotation hexadécimale qui pourrait indiquer une numérotation de lot. Cependant en raison de la peinture granitée, ce marquage est difficilement lisible.

Fabrication après guerre.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.

La fabrication du casque HSAT Mark II fut reprise en 1953 dans une certaine quantité jusque dans les années 70. On note des productions intégrales (bombe et coiffe) de la firme B.M.B en 1953, puis des fabrications de bombe furent effectuées par la société RO & Co (Rubery Owen & Co Ltd.) située à Bilston à partir de 1955 (la production de la coiffe étant effectuée par plusieurs firmes dont C.C.L et C.W.L.).
Concernant les casques produits à partir des années 50, la bombe est peinte de manière granitée uniquement en extérieur. La couleur appliquée est plus verte que les productions de 1943 et 1944. Ces fabrications peuvent être datées par un marquage estampé à froid à l'intérieur de la bombe proche de la bordure arrière.

Reconditionnement de modèles antérieurs.

Vue extérieure.
Vue extérieure.
Vue intérieure.
Vue intérieure.
HSAT transformé.
HSAT transformé.
Détail maintien pontet arrière.
Détail maintien pontet arrière.

A noter que l'on peut rencontrer des casques HSAT et HSAT Mark I reconditionné en Mark II par remplacement de la jugulaire. Dans ce cas, un cinquième trou est effectué dans la bombe à équidistance des deux trous arrière pour le montage de la nouvelle jugulaire en toile de type "web", fixée en trois points. Ces modifications sont connues pour avoir été effectuées par l'armée australienne au lendemain de la guerre.
On note aussi le reconditionnement de casques HSDR Mark I, de fabrication britannique ou canadienne, transformés en casque HSAT Mark II par l'intendance canadienne.

La coiffe :

Intérieur bombe fabrication B.M.B fin-1943 à début-1944.

Intérieur bombe.
Intérieur bombe.
Tampon amortisseur.
Tampon amortisseur.

Intérieur bombe fabrication B.M.B 1944.

Intérieur bombe.
Intérieur bombe.
Tampon amortisseur.
Tampon amortisseur.

Intérieur bombe fabrication après-guerre.

Intérieur bombe.
Intérieur bombe.
Tampon amortisseur.
Tampon amortisseur.

La coiffe reste globalement inchangée par rapport au casque HSAT et au casque HSAT Mark I. La constitution de la coiffe reste inchangée jusqu'à la fin de sa production dans les années 70.

Orifice latéral.
Orifice latéral.
Orifice de maintien arrière.
Orifice de maintien arrière.
Vis et écrou de type Simmonds.
Vis et écrou de type Simmonds.

Fabrication B.M.B 1944.

Coiffe, vue à plat - envers.
Coiffe, vue à plat - envers.
Coiffe, vue à plat - revers.
Coiffe, vue à plat - revers.
Jointure bandeau de tête et extensions pour protéger la nuque.
Jointure bandeau de tête et extensions pour protéger la nuque.

Vue arrière.
Vue arrière.

Vue latérale.
Vue latérale.

Cerclage en cuir (notez les perforations du cuir au niveau des bandes constituant la suspension).
Cerclage en cuir (notez les perforations du cuir au niveau des bandes constituant la suspension).
Jointure cerclage en cuir.
Jointure cerclage en cuir.
Doublure en feutre et jointure bandeau de tête.
Doublure en feutre et jointure bandeau de tête.
Nœud lacet en cuir retenant la coiffe.
Nœud lacet en cuir retenant la coiffe.

Fabrication C.W.L 1971.

Coiffe, vue à plat - envers.
Coiffe, vue à plat - envers.
Coiffe, vue à plat - revers.
Coiffe, vue à plat - revers.
Jointure bandeau de tête et extensions pour protéger la nuque.
Jointure bandeau de tête et extensions pour protéger la nuque.
Coiffe, vue de côté.
Coiffe, vue de côté.
Coiffe, vue arrière.
Coiffe, vue arrière.
Passage lacet.
Passage lacet.
Bandeau en cuir.
Bandeau en cuir.
Doublure en feutre.
Doublure en feutre.
Jointure bandeau de tête.
Jointure bandeau de tête.
Nouage lacet en cuir.
Nouage lacet en cuir.
Coiffe installée.
Coiffe installée.

La coiffe est installée sur un cerclage en aluminium fermé à l'arrière. Il est embouti au milieu et sur toute sa circonférence pour former une gouttière destinée au passage du lacet en cuir maintenant l'ensemble de la coiffe. Seule principale différence par rapport à la coiffe du casque HSAT et HSAT Mark I, le cerclage est percé de trois trous contre quatre précédemment (deux latéraux, et 1 à l'arrière) pour le maintien dans la bombe à l'aide de trois vis fendues à tête bombée (dont les têtes sont peintes d'une teinte similaire au casque) et trois écrous hexagonaux de type Simmonds. La gouttière parcourant la périphérie du cerclage comporte six fentes pour le passage des extrémités des bandes de toile composant la suspension de type "Riddel" de la coiffe (une fente à l'avant et à l'arrière, puis deux de chaque côté).
La suspension "Riddel" est constituée de trois bandes de toile de coton de couleur blanche, large de 20 millimètres. Pliées en "V", elles sont jointives entre elles par le lacet de réglage en profondeur de la coiffe aussi fabriqué en coton de couleur blanche.
Les extrémités des bandes de la suspension sont cousues à un épais cerclage en cuir. A noter que l'on observe des perforations de ce cerclage chez B.M.B au niveau des points de couture des bandes constituant la suspension : sans doute pour faciliter la fabrication pour une raison de repérage et/ou maintien provisoire des bandes pour couture. La couture est effectuée en repliant les extrémités sur elle-même pour former un fourreau de passage destiné au lacet en cuir qui retient toute la coiffe sur le cerclage en aluminium.
Les éléments constituant la coiffe sont cousus sur le cerclage en cuir par trois traits de couture parcourant toute la périphérie de la coiffe.

Contrairement au casque HSAT Mark I, le casque HSAT Mark II est rembourré uniquement en mousse de caoutchouc de couleur noire, assuré par trois bandes collées sur la périphérie de la coiffe (cette mousse de caoutchouc de couleur noire a tendance à se dégrader très rapidement dans de mauvaises conditions de stockage : elle durcit, puis s'effrite ou fond en cas de forte chaleur).
Les bandes latérales ont leurs extrémités arrière élargies dans le but de protéger la nuque en cas de basculement en arrière du casque. Cette partie, dépassant du bandeau de sudation de la coiffe, est doublée de cuir pour assurer le confort.
C'est l'épaisseur de ces bandes de mousse qui va constituer la taille de la coiffe, la coque étant fabriquée en deux tailles : le casque est disponible en 7 tailles allant de 6 ½ à 7 ⅜ pour deux tailles de bombe.
Le rembourrage en mousse de caoutchouc est collé à l'épais cerclage en cuir retenant les différents éléments de la coiffe. Des orifices sont pratiqués dans le rembourrage pour le passage des extrémités de la suspension en toile, qui sont introduites dans les orifices correspondants du cerclage en aluminium et qui sont retenues à l'aide du lacet en cuir noué à l'arrière de la coiffe.
La coiffe est doublée d'une bande de sudation en cuir, doublée d'une bande de feutre pour en améliorer le confort ; l'ensemble étant cousu au cerclage en cuir.
Aucun réglage en circonférence n'est possible, les tailles de coiffe étant fixes, seule la profondeur de la coiffe est réglable à l'aide du lacet rejoignant les trois bandes de toile.

Les marquages :

Fabrication RO & Co 1955.
Fabrication RO & Co 1955.
Fabrication RO & Co 1956.
Fabrication RO & Co 1956.

La bombe du casque HSAT Mark II fut produite par :
    - B.M.B (Briggs Motor Bodies Ltd) en 1943 et 1944, puis la production fut reprise en 1953.
Les bombes produites en 1943 et 1944 peuvent comporter une numérotation de lot estampée sur la partie intérieure arrière. Les bombes fabriquées en 1953 possèdent la raison sociale, le numéro de version de la bombe (MK2), une numérotation de lot ainsi que les deux derniers chiffres de l'année de fabrication.
    - RO & Co. (Rubery Owen & Co Ltd.) en 1955 et 1956. Ces bombes présentent un marquage estampé à l'arrière. Il comporte le diminutif de la raison sociale (ROC), le numéro de la version de la bombe (2), une numérotation de lot ainsi que l'année de fabrication.

Marquage BMB MK2, 1953.
Marquage BMB MK2, 1953.
Fabrication B.M.B 1943.
Fabrication B.M.B 1943.
Fabrication B.M.B 1944.
Fabrication B.M.B 1944.
Fabrication C.C.L. 1955.
Fabrication C.C.L. 1955.
Fabrication C.C.L. 1956.
Fabrication C.C.L. 1956.
C.W.L 1971.
C.W.L 1971.
Fabrication B.M.B 1953 (marquage repris d'un casque HSDR, Mark I).
Fabrication B.M.B 1953 (marquage repris d'un casque HSDR, Mark I).

La coiffe du casque HSAT Mark II fut fabriqué par :
    - B.M.B (Briggs Motor Bodies Ltd) en 1943 et 1944, puis la production fut reprise en 1953. Le marquage de cette firme est estampé sur le côté du bandeau de sudation de la coiffe. Il est composé des lettres BMB surmontant un écu contenant la taille de la coiffe en pouce pour les casques fabriqués en 1943 et 1944. Ce marquage évolue en 1953, où il comprend la raison sociale, suivi de la date de fabrication (1953), puis de la taille.
    - C.C.L. (Charles Collett Ltd.) en 1955 et 1956. Ce fabricant est identifié par sa raison sociale estampée sur le bandeau de tête en cuir, suivi de la taille puis de l'année de fabrication.
    - C.W.L (raison sociale inconnue) en 1971 et 1972 (années référencées) pour la partie coiffe.
L'ensemble des fabricants est britannique, bien que ce casque ait été utilisé par le Canada, l'Australie et autres pays du "Commonwealth". Il existe des conversions faites après la seconde guerre mondiale et beaucoup de ces casques furent vendus à des pays étrangers (Belgique, Israël, Suisse...etc).

Rappel de taille.
Rappel de taille.
Marquage de contrôle.
Marquage de contrôle.

La jugulaire :

Pontets latéraux et arrière.
Pontets latéraux et arrière.
Montage pontet latéral.
Montage pontet latéral.
Montage pontet arrière.
Montage pontet arrière.

La jugulaire constitue la principale différence par rapport au casque HSAT Mark I. Désormais fabriquée en toile de type "web" en coton de couleur beige, cette nouvelle jugulaire est fixée en trois points à trois passants fabriqués en laiton et qui sont montés simultanément avec la coiffe.
Tout comme la coiffe, la constitution de la jugulaire reste inchangée pour les fabrications d'après-guerre. Excepté le marquage de fabrication appliqué uniquement après-guerre, ces fabrications présentent les parties métalliques peintes en noir (aspect brillant) alors qu'elles sont anodisées en noir (aspect mat) pour les productions de 1943-1944.

Jugulaire, fabrication 1944.
Jugulaire, fabrication 1944.
Jugulaire, fabrication C.C.L. 1956 (identique).
Jugulaire, fabrication C.C.L. 1956 (identique).
Mentonnière, recto et verso doublé de peau de chamois.
Mentonnière, recto et verso doublé de peau de chamois.
Mentonnière, recto et verso doublé de peau de chamois.
 
Extrémités renforcées (anodisées en noir).
Extrémités renforcées (anodisées en noir).
Boucle de fermeture (anodisée en noir).
Boucle de fermeture (anodisée en noir).

Particularités jugulaire fabriquée après-guerre.

Marquage fabrication C.C.L. 1956.
Marquage fabrication C.C.L. 1956.
Extrémité renforcée (peinte en noir).
Extrémité renforcée (peinte en noir).
Boucle de fermeture (peinte en noir).
Boucle de fermeture (peinte en noir).
Détail fermeture.
Détail fermeture.

Le passant arrière est simplement constitué d'un anneau de forme rectangulaire aux angles arrondis, fabriqué à l'aide d'une tige en laiton de 2 millimètres de section. Cet anneau est retenu à sa base où les extrémités sont jointives par une patte en laiton repliée sur elle-même afin de réaliser une enchapure. Cette bande pliée en deux est percée d'un trou pour être maintenue par la vis/écrou arrière retenant la coiffe, les angles extérieurs sont sectionnés de biais. Cet anneau joue simplement le rôle de passant dans lequel coulisse la partie arrière de la jugulaire.
Les passants latéraux sont constitués d'une boucle plate en laiton emboutie et dont la base extérieure est dentelée. Le côté opposé à la partie dentelée est enchapé dans une bande en laiton à l'instar du passant arrière. Une barre autobloquante est appliquée aux boucles latérales. Elle est constituée d'une tige en laiton aplatie d'un côté et dont les extrémités sont repliées sur les côtés de la boucle plate.
Ces deux boucles sont retenues simultanément avec la coiffe à l'aide des vis/écrous latérales.
La jugulaire est fabriquée à l'aide de deux bandes de toile forte de type "web" en coton, d'une largeur de 2 centimètres, ces deux bandes se croisent sur une pièce de cuir jouant le rôle de mentonnière.
Trois extrémités sur quatre sont renforcées d'un empiècement métallique en laiton anodisé en noir ou peint en noir après-guerre replié sur la bande de toile "web" et renforcé d'un rivet, dans le but d'éviter l'effilochement. La quatrième extrémité, positionnée au niveau gauche de la jugulaire, possède une boucle rectangulaire à double fentes, aussi fabriquée en laiton anodisé en noir ou peint en noir, pour la fixation de celle-ci après passage dans la boucle arrière du casque.

A noter que la jugulaire peut être marquée à l'encre noire par son fabricant, généralement sur la longueur d'une des bandes de toile employée dans sa fabrication. Ces marquages reprennent la raison sociale du fabricant ainsi que la date de production. Ces marquages sont généralement appliqués sur les casques produits après-guerre, ce qui est généralement le cas du fabricant C.C.L.

Le camouflage additionnel :

Filet maille moyenne avec bandes de toile de jute.
Filet maille moyenne avec bandes de toile de jute.

Comme l'ensemble des casques employés par l'armée britannique durant la seconde guerre mondiale, les casques des troupes aéroportées HSAT, Mark II furent employés avec des filets de camouflage apparus durant l'été 1940.
Produits par la plupart des pays du "Commonwealth", ces filets présentent un maillage différent en termes de structure et de taille, de couleur en fonction des fabrications et sont souvent complétés de bande de toile de jute de couleurs variées.
Les filets avaient pour but de casser la forme du casque, et de réduire la réflexion des rayons du soleil.

Utilisation après 1945.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de côté.
Vue de côté.

Comme énoncé précédemment, le casque HSAT Mark II fut produit trop tardivement pour être distribué de manière généralisée aux troupes aéroportées avant les principales opérations d'Overlord, Anvil-Dragoon et Market Garden, qui effectueront ces opérations coiffées de leurs casques distribués à l'entraînement.
L'utilisation de casque HSAT Mark II reste anecdotique avant 1945, seules quelques rares photos prouvant l'utilisation de ce modèle dès juin 1944 sur le terrain dans les environs de Caen durant l'opération Overlord.
La plupart de ces casques coiffèrent les différentes troupes SAS larguées la veille du débarquement, et ayant un meilleur accès aux nouveaux équipements, mais ceci ne fut pas systématique.
D'importantes quantités de casques HSAT Mark II produit durant la seconde guerre mondiale seront revendus après la guerre à Israël et en Suisse notamment.
Ces casques furent principalement après-guerre et leurs usages furent intensifs. La plupart du temps, ces casques furent repeints à de multiples reprises et souvent de manière camouflée. Le schéma de camouflage le plus couramment rencontré fut des tâches noires sur fond vert.