Casque Mark II Airborne Troops

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Fiche

  • Dénomination : Mark II "Airborne Troops".
  • Destiné aux troupes aéroportées.
  • Caractéristique : amélioration du casque Mark I AT.
  • Coiffe en toile, avec bandeau en cuir, rembourré de mousse synthétique, le tout monté sur un cerclage aluminium.
  • Jugulaire en cuir d'abord, puis en toile de type "web", fixée en trois points.
  • Insigne de l'unité peint sur la coque.
  • Camouflage par filet ou peinture.
  • Fabriqué à partir de 1943.
  • Distribué à partir de 1943.
  • Pays d'origine : Angleterre.
  • Période d'utilisation : seconde Guerre Mondiale jusqu'aux années 70.
  • Matériau : acier au manganèse amagnétique.
  • Poids : 1400 g.
  • Sept tailles : de 6 ½ à 8 ½.
  • Couleur : vert olive granité ou vert très foncé.
Preview

Historique

Au déclenchement de la seconde guerre mondiale et devant la spectaculaire prise en main d'une grande partie de l'Europe dès 1940 en employant leur très efficace guerre éclair ("Blitzkrieg"), fameuse combinaison des troupes d'infanteries, blindées pour l'armée de terre ("Heer") et de l’aviation, incluant les troupes parachutistes ("Luftwaffe").
Ce sont justement ces dernières troupes qui impressionnèrent les alliés par la prise de ponts et de forts pourtant réputés imprenables.
L'existence des troupes aéroportées au sein de l'armée allemande n'était pas un secret pour les armées alliées.
C'est donc durant les événements de 1940 que le premier ministre Anglais Winston Churchill, devant l'efficacité des troupes aéroportées allemandes, hâta le gouvernement pour la création d’unités parachutistes au sein de l’armée anglaise en date du 13 juin 1940.
La création de ce type d'unité débuta dès 1941 avec la création du 1er bataillon parachutiste, et l'afflux constant de volontaire permit dès août 1942 la création d'un régiment, puis très rapidement d'une première division aéroportée, suivi d'une seconde en 1943.
Les casques Mark II en utilisation au sein de l'infanterie étant totalement inadapté pour un usage aéroporté, c'est donc vers le casque modèle 38 allemand (quelques exemplaires capturés à l'ennemi durant la débacle de 1940), considéré comme ce qui se faisait de mieux en la matière, que les anglais prirent comme référence.
Un tel casque devait en grande partie respecter ces règles :
    - Etre un casque en acier protégeant la tête des éclats, et calibres légers.
    - Protéger la tête du porteur en cas de choc violent au moment de l'atterrissage.
    - Etre compact pour ne pas se prendre dans les cordages du parachute.
D'abord équipé d'un casque en cuir semblable à ceux en utilisation au sein de la RAF, les premiers prototypes en acier firent leur apparition dès 1941. Ces casques, possédant une zone allongée au niveau du coup, étaient bordés d'un gros jonc en caoutchouc. Ce casque qualifié de modèle P., dont un premier lot de 800 unités fut fabriqué en 1941.
Dans un premier temps, ce prototype posséda une coiffe en cuir à languette, puis une coiffe de type "Riddel" rembourré de mousse de caoutchouc fut adoptée. Ce casque fut équipé d'une jugulaire en cuir, fixée en trois points qui restera encore en service durant le début de la fabrication du casque Mark II AT.
Le modèle P. ne respectant pas le troisième critère, concernant l'encombrement, il fut décidé de supprimer le prolongement du casque sur sa partie arrière. La coque fut donc fabriquée par emboutissage d'une feuille d'acier, donc les bords sont retournés vers l'extérieur, le tout bordé d'un épais jonc en caoutchouc vulcanisé. Ce casque adopté en 1942, fut qualifié de casque Mark I "Airborne Troops".
Fabriqué durant les années 1942 et 1943, ce casque fut très rapidement modernisé par les usines B.M.B ("Briggs Motor Bodies Ltd"), fabricant déjà le casque Mark II DR, et Mark II RAC.
Ainsi, dès 1943, il fut décidé de supprimer le jonc en caoutchouc sans doute par souci de temps de fabrication, et par manque de matières premières. Ce casque, adopté en 1943 et qualifié de casque Mark II AT, sera bordé d'un jonc en acier amagnétique.
Le casque Mark II AT, conservant la jugulaire en cuir héritée du Mark I AT, sera supprimée dès octobre 1943, pour cause d'inconfortabilité et par souci de fabrication contre une jugulaire gardant le même principe mais fabriqué en toile de type web, principale matière première de l'équipement du soldat britannique (brelage, ceinturon, porte outils...etc).
Le casque Mark II AT sera fabriqué par les usines B.M.B principalement durant la seconde guerre mondiale, mais aussi par G&S ayant obtenu un contrat en 1943. Il sera fabriqué après guerre par les sociétés C.W.L, C.C.L et encore un peu par B.M.B.

Casque Mark I AT.
Casque Mark I AT.Collection SMP et Adrian Stevenson.

Ce casque sera utilisé au sein des troupes aéroportées britanniques jusque dans les années 70, jusqu'à l'adoption du casque modèle 76 fabriqué en matière composite.
Le casque Mark II AT fut utilisé par les pays du "Commonwealth" combattant aux cotés des alliés, et des stocks de surplus furent aussi vendu à des pays étrangers comme la Belgique (qui fabriqueront plus tard leur propre modèle), la Suisse (qui sera qualifié de modèle 48 en rapport à son année d'adoption par ce pays) et principalement à Israël.

A noter que pour l'entraînement, les parachutistes britanniques furent équipés d'un casque de protection en toile rembourré de mousse de caoutchouc, qui sera qualifié de casque "Bungy".

Casque Mark II Airborne Troops. Casque Mark II Airborne Troops. Casque Mark II Airborne Troops.

Constitution

Coque.
Coque.
Intérieur.
Intérieur.
Tampon amortisseur.
Tampon amortisseur.

La coque du casque Mark II AT est strictement identique aux coques des casques Mark II "Dispatch Rider's", et casque Mark II "Royal Armoured Corps". Sa fabrication est faite par emboutissage en une seule pièce d'une feuille d'acier au manganèse amagnétique.
A la différence du casque Mark I AT (fabriqué seulement en 1942), dont les bords sont retournés vers l'extérieur, le tout bordé d'un jonc en caoutchouc, la coque du casque Mark II AT est ensuite bordée d'un jonc amagnétique, afin d'adoucir les bords coupant de la coque.
La coque est ensuite percée de trois trous (un à l'arrière, deux latéralement sur le premier tiers du casque) pour la fixation ultérieure de la coiffe et des passants de la jugulaire.
La coque est ensuite peinte d'une couleur pouvant varier du vert olive au vert foncé de manière satinée à l'intérieur et granitée avec du sable à l'extérieur.
Afin de mieux amortir les chocs, le casque Mark II AT possède un tampon ovale d'abord fabriqué en feutre recouvert d'une couche de caoutchouc lisse, puis intégralement en mousse caoutchouté recouvert d'une couche de caoutchouc lisse collé (la conception de ce type de tampon est très proche de ceux équipant les casques Mark II, III et IV) au fond de la coque.

Cerclage en aluminium.
Cerclage en aluminium.
Coiffe vue de dessus.
Coiffe vue de dessus.
Mousse de rembourrage et lacet en cuir de fixation.
Mousse de rembourrage et lacet en cuir de fixation.
Coiffe de type Riddel.
Coiffe de type Riddel.
Coiffe.
Coiffe.

La coiffe est installée sur un cerclage en aluminium fermé à l'arrière. Ce cerclage comporte au milieu et sur toute sa circonférence un enfoncement pour le passage du lacet en cuir maintenant l'ensemble de la coiffe. Le cerclage comporte donc 3 trous pour la fixation sur la coque, plus 2 trous supplémentaires pour la fixation finale du lacet. Il comporte aussi 6 fentes pour le passage des bandes de toile composant la coiffe de type "Riddel".
Le rembourrage de la coiffe est assuré par trois bandes de mousse synthétique de couleur jaune pour des fabrications précoces, puis noire (cette mousse synthétique a tendance à se dégrader très rapidement dans de mauvaise condition de stockage : s'assèche puis s'effrite ou fond en cas de forte chaleur), voir en feutre épais pour les rares fabrications "G&S". C'est l'épaisseur de ces bandes de mousse qui va constituer la taille de la coiffe, la coque étant de taille unique et le casque étant disponible en 17 tailles allant de 6 ½ à 8 ½. A noter que les bandes latérales ont leurs extrémités arrières élargies afin de constituer une nuquière renforcée.

Ces trois bandes de mousse (possédant des fentes pour le passage de la suspension) sont maintenus au cerclage avec les trois bandes de toile, dont les extrémités sont cousues, et dans lesquelles le lacet en cuir passe au travers à l'extérieur du cerclage.
Le lacet en cuir passe enfin dans deux trous afin d'être noué sur la partie arrière et intérieur de la coiffe.Le maintien sur la tête est assuré par une épaisse bande de cuir, sur laquelle est cousue une bande de feutre pour le rembourrage, repliée sur elle-même vers le fond du casque. Cette bande de cuir est directement collée sur les trois bandes de mousse synthétique.
Aucun réglage en circonférence est possible, les tailles de coiffe étant fixe, seule la profondeur de la coiffe est réglable à l'aide du lacet rejoignant les trois bandes de toile.
A noter que les renforts au niveau de la nuquière possèdent une couche de cuir collée à même la mousse.
Le fabricant, l'année et la taille de coiffe sont estampés sur le bandeau de sudation.

BMB, 1943.
BMB, 1943.
G&S, 1943.
G&S, 1943.
C.W.L, 1971.
C.W.L, 1971, avec "broad arrow".

La liste des fabricants et leurs marquages respectifs furent :
    - BMB (Briggs Motor Bodies Ltd) durant la seconde guerre mondiale et après.
    - G&S, contrat uniquement en 1943 (il existerait des exemplaires datés de 1944), ce fabricant a aussi construit des casques Mark II DR.
    - C.W.L, uniquement après guerre.
    - C.C.L, uniquement après guerre.
L'ensemble des fabricants est britannique, bien que ce casque ait été utilisé par le Canada, l'Australie et autres pays du "Commonwealth". Il existe des conversions faites après la seconde guerre mondiale et beaucoup de ces casques fut vendu à des pays étrangers (Belgique, Israël, Suisse...etc).

Boucles de fixation, passant arrière et vis/écrou de fixation.
Boucles de fixation, passant arrière et vis/écrou de fixation.
Jugulaire, avec mentonnière.
Jugulaire, avec mentonnière.
Renfort des extrémités.
Renfort des extrémités.
Dans cet exemple, la jugulaire est de fabrication C.C.L de 1955.

Dans un premier temps, la jugulaire est fabriquée en cuir épais de couleur noire (héritée du casque Mark I AT), avec mentonnière intégrée. Fixée en trois points, cette jugulaire était directement vissée (nous revenons plus bas sur cette méthode de fixation) à la coque (elle possédait divers trous renforcés d'un œillet métallique sur chacune des extrémités pour permettre le réglage, de la même façon que le casque de parachutiste allemand M38 sur laquelle elle est copiée), cette jugulaire se révéla trop inconfortable, raison pour laquelle on adopta la toile de type "web" à partir d'octobre 1943.
La jugulaire en toile de type "web" de couleur beige, fixée en trois points, est montée sur le casque sur trois passants fabriqués en laiton, directement vissés à la coque, maintenant par la même occasion la coiffe.
Le passant arrière est simplement constitué d'un anneau de forme rectangulaire aux angles arrondis, maintenu sur une patte repliée sur elle-même (jouant le rôle de charnière). Cette patte de maintien est percée une fois pliée, pour son maintien futur sur le casque. Cette boucle de fixation joue simplement un rôle de passant, pour un meilleur confort, étant positionnée au niveau de la nuque.
Les passants latéraux sont de forme rectangulaire, aux angles cassés, ces boucles possèdent une tige coulissante, de type autobloquante. Le maintien sur le casque se fait de la même manière que le passant arrière et sont fixés latéralement sur le premier tiers du casque.
Les trois système de maintien de la jugulaire sont maintenus à la coque, en même temps que la coiffe, à l'aide de vis (plus longue pour les passants latéraux) et d'écrous de type "Simmonds", qui comprend une pièce de caoutchouc en son centre, l'empêchant de se desserrer.
La jugulaire est composée de deux bandes de toile forte "web", d'une largeur de 2 centimètres, ces deux bandes se croisent sur une pièce de cuir jouant le rôle de mentonnière.
Trois extrémités sur quatre sont renforcées d'une pièce métallique repliée sur la bande "web", renforcée d'un rivet, pour éviter l'effilochement. La quatrième extrémité, positionnée au niveau gauche de la jugulaire, possède une boucle rectangulaire à double fentes pour la fixation de celle-ci après passage dans la boucle arrière du casque.