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Casque Modèle 46

Fiche

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Historique

Les forces armées danoises sont équipées du casque modèle 23 depuis les années 20 et ce n'est qu'en janvier 1940 que la marine danoise porte intérêt à ce type de protection individuelle. Pour cela elle demanda auprès de l'armée les spécifications techniques du casque modèle 23 ainsi qu'un exemplaire pour étude, ce que l'armée fit, tout en indiquant à la marine où se fournir en plaque d'acier et où faire fabriquer ce type de casque dans les meilleures conditions. Alors que l'Europe sombrait dans la seconde guerre mondiale et qu'il était difficile de se procurer de l'acier, la marine demanda à emprunter à l'armée 1 000 plaques d'acier sur ses stocks. Malgré une commande de 21 000 casques passée en décembre 1939 et janvier 1940, et la réception de seulement 5 000 plaques d'acier de Suède, l'armée répondit favorablement à la requête de la marine. En attendant de pouvoir satisfaire cette demande, l'armée fournit 200 casques à l'artillerie de marine. Celle-ci en retira l'emblème frontal et les renvoya aussitôt auprès de l'armée. Eprouvant des difficultés à fabriquer ses propres casques modèles 23, la marine acquit 4 000 casques supplémentaires. Ces casques reçurent l'emblème de la marine, constitué d'une ancre couronnée fabriquée en cuivre oxydé à l'instar de l'insigne de l'armée.
Le 9 avril 1940, le Danemark est envahit par l'Allemagne pour une "occupation pacifique" comme le scande la propagande allemande de l'époque.
Effectivement ce fut au départ une occupation placide puisque la légitimité du gouvernement danois était conservée, l'armée et la marine restèrent autorisé à fonctionner bien que l'armée allemande occupa les points les plus stratégiques du pays. Les livraisons de casques perdurèrent durant l'occupation pour les commandes passées juste avant l'invasion allemande. La conception du casque modèle 23 fut d'ailleurs simplifiée dès 1941 en raison du rationnement des matières premières, pour donner naissance au casque modèle 23/41, principalement utilisé par les organisations auxiliaires.
A partir de 1941 les mouvements de résistance se développèrent, engendrant une augmentation de la présence allemande dans le pays. Avec le temps la tension entre les allemands et le gouvernement danois ne cessa de monter : le 29 août 1943 le gouvernement dut démissionner, l'armée et la marine furent dissoutes. Un grand nombre de soldats et d'officiers rejoignirent la résistance ou s'exilèrent en Suède pour rejoindre la brigade danoise en Suède. Cette brigade autorisée par le gouvernement suédois (bien que la Suède soit neutre) fut équipée de matériels suédois et ses troupes équipées de casques modèles 37 portant sur le côté les armes de "Dannebrog".
A la fin de la guerre, l'armée danoise renaissante devait être rééquipée et durant la période 1945-1946 elle utilisa tous les casques qu'elle put trouver : soit le casque suédois modèle 37 et un grand nombre de casques Mark II ou Mark III d'origine britannique.
La production du casque modèle 23 reprit au lendemain de la guerre et la marine reçut 4 680 casques sur lesquels elle appliqua son attribut en décalcomanie. Parallèlement à l'utilisation de casques modèle 23 au sein de la marine, les usines danoises produisirent un prototype de casque semblable au casque modèle 37 suédois, déjà utilisé par les troupes danoises libres en Suède. Ce modèle, qualifié de casque modèle 46/I, est de forme très proche de celle du modèle 37 suédois. Cette première variante du modèle 46 était équipée d'une coiffe de type Mark II reprise sur les stocks de casques anglais disponible au lendemain de la guerre. La jugulaire, fabriquée en webbing, était d'inspiration américaine, reprise du casque US M-1 (les premiers exemplaires furent d'ailleurs équipés de jugulaires américaines décousues de casques US).
Rapidement la conception du casque modèle 46 fut finalisée et une seconde version de fabrication 100% danoise fit son apparition. Désigné comme casque modèle 46/II, ce nouveau modèle diffère de son prédécesseur par sa coiffe fabriquée principalement en matière plastique. Cette nouvelle coiffe est maintenue sur un cerclage en carton compressé riveté aux quatre points cardinaux du casque, alors que la coiffe du modèle 46/I était maintenue par une vis et un écrou par le point sommital du casque, à l'instar du casque anglais Mark II.
La fabrication de ces casques fut confiée à la société Glud & Marstrands, qui fabriquait auparavant les casques modèle 23. La capacité de production de cette firme étant de 30 000 unités par an, et la production du casque modèle 46 étant estimé à environ 30 000 exemplaires toutes versions confondues, on peut en déduire que la production du casque modèle 46 ne dura qu'une année.
Le casque modèle 46 fut utilisé au sein de l'armée danoise jusqu'en 1951, lorsque le casque modèle 48 copié sur le casque US M-1 fut généralisé au sein des forces armées danoises.

Casque modèle 23.
Casque modèle 23.

Les casques modèle 46 furent ensuite déclassés et reversés au sein des services de la défense civile ("Civilforsvaret"). L'utilisation du casque modèle 46 perdura quelques années au sein de la "Civilforsvaret" comme l'atteste les dates d'affectation appliquées lors du reversement dans la CF datant des années 60 pour certains exemplaires.

Constitution

La coque :

Modèle 46/I.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.

Le casque modèle 46, tous modèles confondus, est très similaire au casque suédois modèle 37. La bombe modèle 46 présente toutefois une forme sensiblement plus arrondie, la visière et le couvre-nuque sont sensiblement plus relevés que le modèle suédois.
Fabriqué en taille unique par emboutissage progressif d'une feuille d'acier, les bords du casque modèle 46 sont découpés après mise en forme puis pliés vers l'extérieur afin de réduire le tranchant de l'acier.
Les côtés intérieure de la bombe comporte les pontets de jugulaire maintenus par soudure électrique.
La bombe des casques modèle 46/I est percée d'un trou au point sommital du casque pour la mise en place d'une coiffe Mark II de fabrication anglaise maintenue à l'aide d'une vis et d'un écrou de type "Simmonds". A noter que l'orifice destiné à fixer la coiffe est effectué sensiblement vers l'avant du casque afin que le casque soit légèrement incliné en arrière une fois porté.
Ces bombes sont peintes de couleur vert kaki foncé finement texturé côté extérieur par l'adjonction de poudre de liège dans la peinture, à l'instar du casque US M-1 fabriqué jusqu'en 1945. La peinture étant lisse è l'intérieur de la bombe.

Modèle 46/II.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.

La bombe des casques modèle 46/II est identique à celle du modèle 46/I. Elle est percée de quatre trous à chaque point cardinaux au niveau de la ligne médiane du casque. Ce modèle est peint de couleur gris bateau, dont la peinture est appliquée de manière mate ou satinée.
Les bombes des casques modèle 46 ne comporte aucun marquage de taille ou de fabrication, seul les exemplaires reversés au sein de la "Civilforsvaret" peuvent comporter un tampon d'acceptation du casque au fond de la bombe. De manière générale, ce tampon est constitué d'un cercle contenant les lettres C et F, appliqué au tampon encreur de couleur rouge.

La coiffe :

Modèle 46/I.

Coiffe Mark II de fabrication britannique.
Coiffe Mark II de fabrication britannique.

Les premiers casques modèle 46 furent équipés de coiffe Mark II issus de casques britanniques. La coiffe Mark II est montée sur une armature en carton compressé de couleur noire. Cette armature est composée de deux bandes se croisant en leur centre, dont le maintien est assuré par un œillet métallique creux (pour le passage de la vis de maintien). Les extrémités de chacune des bandes sont fixées par deux rivets plats en laiton au cerclage de la coiffe constitué du même matériau.
La coiffe est constituée d'une large bande de toile cirée noire dont la surface est lisse. La base de la coiffe est découpée pour former cinq pattes et l'extrémité de chacune d'elle est repliée sur elle-même puis cousue pour former le fourreau de passage du lacet en profondeur de la coiffe, joignant les pattes de la coiffe entre elles. La bande de toile cirée est jointive à l'arrière par deux traits de couture verticale solidarisant les extrémités sur une bande de toile cirée.
La coiffe est ensuite cousue sur toute sa circonférence au cerclage en carton compressé de l'armature. Une bande de mousse néoprène prise dans un fourreau de toile est intercalée entre la toile cirée et le cerclage avant couture de celle-ci afin d'assurer un minimum de confort. Le cerclage est jointif sur le côté à l'aide de trois rivets en laiton plat disposés en L.
Un croisillon en mousse de caoutchouc noir, doublé d'un morceau de toile enduite découpé à la forme exacte, est placé au fond de la coiffe. Le croisillon est maintenu par la vis et l'écrou retenant la coiffe. Le dos du croisillon est muni de quatre ergots en mousse de caoutchouc collés afin de coincer ces ergots entre les arceaux de la coiffe et d'éviter que le croisillon tourne sur lui-même.
La coiffe est retenue dans la bombe à l'aide d'une vis de type Mark III et d'un écrou hexagonal en laiton autobloquant de type "Simmonds". Cet écrou comporte une petite rondelle en fibre en son centre l'empêchant de se desserrer.
La coiffe est calée à l'intérieur de la bombe à l'aide de huit tampons amortisseur en caoutchouc noir de forte densité. Ces blocs de caoutchouc, en forme de "L" très arrondi, sont répartis par groupe de 4 sur le cerclage de coiffe et les quatre autres répartis sur chaque extrémité des arceaux de la coiffe. Muni d'un ergot plat à leur dos, ces tampons sont mis en place dans des trous ovalisés prévus à cet effet sur l'armature de la coiffe. A noter que l'épaisseur de ces amortisseurs dépend de la taille de la coiffe, devenant de plus en plus large lorsque la taille diminue (la plus grande taille étant démunie de tampon amortisseur).
La taille de la coiffe est indiquée à proximité du marquage du fabricant et de l'année de production, dont le marquage est estampé sur un des arceaux de maintien.

Modèle 46/II.

Vue intérieure, cerclage en carton compressé avec huit rivets à double tête en plastique.
Vue intérieure, cerclage en carton compressé avec huit rivets à double tête en plastique.
Plaque de maintien du cerclage en carton compressé.
Plaque de maintien du cerclage en carton compressé.
Elément en plastique de la suspension de coiffe.
Elément en plastique de la suspension de coiffe.
Suspension de coiffe composée de quatre éléments.
Suspension de coiffe composée de quatre éléments.
Bandeau de tour de tête réglable.
Bandeau de tour de tête réglable.
Coiffe assemblée.
Coiffe assemblée.
Partie réglable du bandeau de tour de tête.
Partie réglable du bandeau de tour de tête.

La majorité des casques modèle 46 sont du second type. Ces casques sont équipés d'une coiffe de conception danoise. Cette coiffe est montée sur un cerclage en carton compressé (matière identique à celle de l'armature des coiffes Mark II britanniques) jointif à l'arrière et maintenu par quatre rivets à tête plate anodisés en noir. Les points de fixation sont placés aux quatre points cardinaux du casque. Le maintien est assuré par une plaque métallique emboutie de forme triangulaire identique aux "A-washers" du liner du casque US M-1.
Entre chaque point de fixation du cerclage se trouve une paire de rivets à double tête fabriqués en matière plastique blanche. Ces rivets, espacés de ?? cm, ont la tête extérieure plus large que la tête intérieure. Ils sont destinés à maintenir la coiffe sur le cerclage.
La coiffe est constituée de quatre pièces en plastique blanc translucide dont la forme est proche de celle d'une flèche comportant un orifice en son centre. L'extrémité des trois branches de cette flèche sont alignées horizontalement. Les extrémités extérieures sont munies d'un orifice circulaire surmonté d'une fente destiné à fixer l'élément en plastique sur le cerclage à l'aide des rivets à double tête.
L'extrémité de la partie centrale comporte un orifice circulaire plus petit d'environ ?? mm. Cet orifice sert à maintenir le bandeau de tête de la coiffe. La pointe de la flèche en plastique comporte deux orifices oblongs pour le passage du lacet de réglage en profondeur de la coiffe, réunissant les quatre parties en plastique.
Le maintien sur la tête est assuré par un bandeau de tête constitué d'une bande en plastique blanc translucide aux extrémités arrondies. Cette bande en plastique flexible comporte huit larges fentes dans lesquelles coulisse un rivet en plastique à large tête plate. La pointe de ce rivet en plastique se termine par une petite boule l'empêchant de se retirer du cerclage en plastique. Elle permet de fixer celui-ci à la branche centrale des parties en plastique composant la suspension de la coiffe.
Le cerclage en plastique est doublé d'une bande de cuir cousue sur toute sa longueur par une ligne de couture en zigzag sur chaque face du cerclage en plastique. Une au revers pour maintenir la bande de cuir, l'autre à l'envers pour maintenir la bande de cuir rabattue.
Une des extrémités du cerclage en plastique comporte une série de trois petits trous, l'autre comportant un rivet identique à ceux destiné au maintien du cerclage. La première extrémité comporte une série de 13 trous graduée en système métrique anglo-saxon tous les trois trous. Ces 13 trous sont autant de possibilités de réglage de la circonférence de la coiffe, et sont destinés à retenir un rivet en plastique destiné à cet effet sur l'autre extrémité du cerclage.

Tampon de la Civilforsvaret.
Tampon de la "Civilforsvaret".
Exemplaire remis à la CF le 12 janvier 1962.
Exemplaire remis à la CF le 12 janvier 1962.

A noter que les casques modèle 46 reversés à la "Civilforsvaret" peuvent comporter des marquages appliqués au tampon encreur de couleur rouge indiquant l'année de reversement à la CF et un numéro correspondant sans doute à la circonscription de destination.

La jugulaire :

Jugulaire issue d'un casque US M-1 (modèle 46/I).
Jugulaire issue d'un casque US M-1 (modèle 46/I).

Les systèmes d'attache de la jugulaire sont constitués de pontets fixes à l'instar du casque US M-1 M1941. Formant un pontet en U fabriqué en fil d'acier doux de Ø 2 mm, aux extrémités aplaties, soudés électriquement à la partie la plus basse du pourtour du casque. Les pontets de jugulaire sont très long comparé à ce qui peut se faire sur d'autres casques, et mesurent ?? cm de long.
La jugulaire est copié sur le casque US M-1, à vrai dire, les premiers modèles furent équipés de jugulaires américaines cannibalisées sur des casques M-1 puis recousues sur un certains nombre de casques modèle 46.
Composée de deux parties, la jugulaire est confectionnée en toile de type "webbing" d'une largeur de ?? cm et de couleur vert kaki pour les jugulaires de fabrication danoise. Les jugulaires américaines présentent une trame de toile plus fine et sont de couleur beige (Oliv Drab 3).
La longueur développée de la plus grande partie mesure environ ?? cm, la plus courte environ ?? cm.
Les deux éléments de la jugulaire sont fixés aux pontets par un rivet mécanique (pour les jugulaires danoises) qui prend trois épaisseurs de sangle, l'extrémité ayant été repliée sur elle-même, après avoir fermé l'enchapure.
La fermeture se fait au moyen d'un crochet spécial en fil d'acier de 2,5 mm de section et d'une plaque ajourée en tôle d'acier doux de dimension 66 x 24 x 1,5 mm, dans laquelle il vient s'engager.
Le crochet est maintenu sur l'élément le plus court par une ligne de couture qui prend quatre épaisseurs de sangle. Il se forme ainsi un repli de protection suffisamment long pour toucher le pli de l'enchapure de la plaque ajourée, lorsque la jugulaire est fermée. L'élément le plus long, qui porte la plaque ajourée, est réglable en longueur au moyen d'un coulant métallique qui constitue en même temps l'embout de la sangle.

Passant de jugulaire, jugulaire rivetée (modèle 46/II).
Passant de jugulaire, jugulaire rivetée (modèle 46/II).
Jugulaire inspirée du casque US M-1.
Jugulaire inspirée du casque US M-1.

RemerciementsNous tenons à remercier les personnes et institutions suivantes qui nous ont aimablement transmis des informations, des documents et des clichés :
    - M55q Military equipment of the 20. century.

Sources : Danish M/46 helmet

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