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Casque Modèle 56/66

Fiche

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Modèle 56/66.

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Modèle 56/66 muni de l'accessoire pour motocycliste.

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Modèle 56/66 en plastique.

Historique

Le casque militaire est-allemand a des origines qui remontent à 1939, période durant laquelle la Wehrmacht envahissait la Pologne, plongeant le monde dans la seconde guerre mondiale. Le centre de recherche sur le fer et l'acier du IIIème Reich entreprit une étude à ce moment là afin de déterminer les différentes caractéristiques balistiques des casques de combat utilisés par différentes armées.
L'institut de technologie pour la défense était chargé de mener cette étude, et deux professeurs, le docteur Fry et le docteur Hänsel, ont contribué à l'étude menée sur différents casques de protagonistes engagés dans le conflit en cours. Ces casques, ainsi que le casque modèle 35 en usage dans la Wehrmacht, ont été testés avec des munitions d'armes légères tirées d'une multitude d'angles et de distances, afin de déterminer les caractéristiques de pénétrations de ces différents modèles.
Le casque Mark II britannique "Tommy" est le modèle ayant le plus souffert. Toutefois, le casque modèle 35 de l'armée allemande présente aussi de graves lacunes. Ne trouvant aucun modèle de casque satisfaisant en usage au sein de différentes armées du monde, l'institut de recherche du Reich pris note de ces différents essais balistiques dans le but de concevoir un casque plus efficace.
Plusieurs prototypes furent réalisés par les aciéries de Völkingen (Stahlwerke Völkingen), désignés comme modèle A, B, B/II et C. Les trois derniers modèles présentaient une forme très éloignée de la conception du casque modèle 35/42 en usage au sein de la Wehrmacht. Après une série de tests préliminaires, les modèles B et B/II furent approuvés pour des essais supplémentaires. Une commande fut alors passée auprès de la société Eisen und Hüttenwerke AG à Thale (usine référencée par le sigle ET, puis ckl) pour la production de 50 unités pour chaque type. Ces casques furent désignés comme des modèles issus de l'usine de Thale d'après leurs concepteurs. Ces casques furent ensuite envoyés à l'école d'infanterie de Doeblitz à coté de Berlin, où ils furent soumis à des essais rigoureux dans un environnement proche du champ de bataille avec les unités d'infanterie de l'école.
Ces casques se révèlent d'une conception solide, et furent de loin supérieurs en balistique à n'importe quel casque de l'époque.
C'est alors seulement qu'Hitler eut vent des résultats finaux du programme de recherche, qui durait depuis plusieurs années à son insu. Les deux modèles de casque, B et B/II lui ont été remis à l'automne 1944 pour son approbation. Le nouveau casque devait être désigné comme modèle 45. Remarquablement, Hitler n'a pris aucune mesure contre quiconque alors pour les tests furent menés derrière son dos. Toutefois les deux modèles furent rejetés, se basant sur le principe que le casque modèle 35/42 était à ses yeux représentatif du soldat allemand. Sa décision reposait entièrement sur sa propre perception de la façon dont les pays, avec lesquels la Wehrmacht était en guerre, ont vu le soldat allemand en uniforme.
A la fin de la guerre, l'Allemagne est occupée sur la moitié Ouest du territoire par les armées américaines, anglaises et françaises et la moitié Est par les troupes soviétiques. Berlin est occupé de manière similaire.
Rapidement après le début de l'occupation par les alliés, la situation se dégrade entre les puissances occidentales et l'URSS, définissant le cadre de la guerre froide en train de naître. En effet, la soviétisation en cours de l'Europe de l'Est suscite la méfiance des occidentaux : Winston Churchill s'en était déjà inquiété dès 1946 et parlait d'un "rideau de fer" divisant l'Allemagne et l'Europe.
De son coté l'URSS se sent menacée par les Etats-Unis en raison de son monopole de l'arme atomique. S'en suit une crise ouverte entre les alliés avec le blocus de Berlin enclavé dans la zone d'occupation soviétique.
C'est dans ce contexte de méfiance mutuelle entre l'Est et l'Ouest que sont fondés la RFA (République Fédérale d'Allemagne) à l'Ouest le 23 mai 1949 et la RDA (République Démocratique d'Allemagne) à l'Est le 7 octobre 1949.
En octobre 1949, la RDA est reconnue par les états du bloc de l'Est. Un traité est signé le 6 juillet 1950 à propos de la ligne Oder-Neisse entre la RDA et la Pologne. Progressivement, la RDA s'intègre à l'Est et devient membre du COMECON (Conseil d'aide économique mutuelle) le 29 septembre 1950.
Après la séparation des deux états allemands, l'Allemagne de l'Est se dote d'une nouvelle armée dans le cadre de sa future inclusion dans au sein du pacte de Varsovie. Un nouveau casque est donc créé en 1954 afin d'équiper cette nouvelle force de défense, porté en quantité limité au sein de la KVP ("Kasernierte Volkspolizei" : Police du peuple casernée), qui est constituée d'unités militaire au sein de la police du peuple. Ce nouveau casque était basé sur le modèle A, étudié à la fin de la guerre et donc la forme est proche de celle des modèles 35/42 : il était désigné comme modèle 54.

Casque modèle 56.
Casque modèle 56.

Equipée d'uniforme très proche de ceux de l'armée soviétique détesté du peuple allemand, la KVP est restructurée en 1956 pour devenir la NVA ("Nationale Volksarmee"). La nouvelle administration de la NVA reçut l'ordre de mettre au point un nouveau casque plus convenable pour les forces armées socialistes de l'Allemagne de l'Est. Ce nouveau casque devait rompre l'image du casque soviétique et toute forme assimilée aux casques utilisés au sein de la Wehrmacht. Par conséquent le modèle 54 de la KVP est rejeté.
L'étude des différents prototypes allemands mis à l'essai à la fin de la seconde guerre mondiale fut alors remis à l'ordre du jour, car le casque en question avait déjà été conçu et testé. De plus, l'usine de production du casque existait déjà, encore équipée des outils nécessaires et était désormais à l'abandon. L'ingénieur en chef chargé de l'élaboration du nouveau casque de la NVA était Erich Kiesen, qui travaillait au sein de la fabrique Eisen und Hüttenwerke AG durant la guerre et avait produit les casques modèle B et B/II approuvés par le bureau d'étude de l'armement de la Wehrmacht, mais rejeté par Hitler. Le rejet de ces casques par Hitler lui-même renforçait le choix de ce casque alors sans connotation avec l'Allemagne nazie. Mieux encore, aucune somme n'était nécessaire pour la recherche, la conception et la mise à l'essai. Le casque ayant déjà été conçu, étudié et testé avec brio. Mieux encore, l'ingénieur Kiesen était titulaire d'anciens brevets pour la mise en place d'un intérieur amélioré muni d'une jugulaire fixée en quatre points et la ventilation du casque par le biais d'œillet métallique à l'instar du casque modèle 35. Cette dernière ne fut jamais mise en œuvre.
Encore plus profitable à la RDA, l'usine ayant produit ces casques à la fin de la guerre était entièrement intacte et situé sur le territoire est-allemand. Le modèle B/II fut donc sélectionné au profit du modèle B et sa production repris en janvier 1956, et fut désigné comme modèle 56.
Ce nouveau casque fut présenté au public est-allemand par le biais de photographies publiées en février de la même année dans un magazine pour la jeunesse allemande. Il fut officiellement présenté à la cérémonie de présentation de la NVA le 1er mai à Berlin. Ce modèle était peint de couleur "gris pierre" mat et portait un blason tricolore aux couleurs de l'Allemagne (noir, rouge et or).
En 1957, la production est accélérée pour une distribution généralisée au sein de la NVA et fut produit en trois tailles : 60, 64 et 68 cm de circonférence. En septembre de la même année, 50 000 unités furent produites et livrées aux troupes de la NVA. A la fin de l'année 1957, l'ensemble des soldats de la NVA était équipé du casque modèle 56.
L'ensemble du processus de développement, production et distribution du casque modèle 56 fut réalisé en une seule année.
Le casque modèle 56 comporte une coiffe en cuir identique à celle de la coiffe modèle 44 (décliné du modèle 31, utilisée tout au long de la guerre sur les casques modèle 35/42), conçu pour les prototypes B, B/II et C. La jugulaire, fixée en quatre points, est le seul élément réglable du casque et est la principale amélioration du casque B/II élaboré durant la seconde guerre mondiale.
L'usine Eisen und Hüttenwerke AG à Thale fut chargée de la production de la série préliminaire, et a seulement produit l'acier par la suite. L'essentiel de la production des bombes en acier fut effectuée par VEB Schwerter-Emaillierwerke Lauter, qui connu au départ beaucoup de difficultés.
Le modèle 56 fut produit par Eisen und Hüttenwerke AG (établissement connu sous le sigle ET, ayant produit le casque modèle 35, 40 et 42 durant la guerre). Les coiffes furent fabriquées par VEB Sattler und Taucha Lederwarenfabrik.
Son utilisation au sein de la "Volkspolizei" (VOPO) prévaut à ce casque d'être nommé comme casque VOPO dans le milieu de la collection, alors que son usage ne fut pas exclusif à cet organisme, mais à l'ensemble des forces armées et de maintien de l'ordre de la république démocratique d'Allemagne.
Dans les années 60, sous la direction du général Willi Stoph, le casque modèle 56 passe une série de test rigoureux afin de déterminer ce qui peut être amélioré. Il est décidé de supprimer les trois rivets extérieurs maintenant la coiffe. La coiffe, héritée de la coiffe modèle 31 utilisé tout au long de la seconde guerre mondiale, est supprimée au profit d'une coiffe réglable montée sur une armature en plastique. Cette coiffe est maintenue dans la bombe à l'aide de six ergots soudés dans la bombe. La jugulaire fixée en quatre points est conservée et de mineurs changements sont apportés.
Ces changements sont effectifs à partir de l'année 1966, ce qui vaut à ce casque la désignation de modèle 56/66 en rapport à sa date de modification. Les casques modèle 56 sont alors progressivement retirés.
Le stock restant de coque modèle 56 est utilisé dans la fabrication des premières séries. Les trois trous, destinés à fixer la coiffe héritée du modèle 44 (fixée par le biais de trois pattes métalliques), sont obturés à l'aide de rivets mécaniques. Les six ergots maintenant la nouvelle coiffe sont soudés à l'intérieur. La bombe est désormais fabriquée en taille unique.
En 1976, le casque modèle 56/66 est une nouvelle fois modifié au niveau de la coque. Le sommet de la bombe est renforcé par une épaisseur plus importante de la coque à ce niveau, engendrant un léger gain de poids.
La forme unique des casques modèle 56 et 56/66 rend les casques de la NVA largement supérieur à tous les casques en acier de l'époque. La forte inclinaison des parois du casque faisant ricocher la plupart des projectiles. Ce n'est qu'à l'avènement des casques fabriqués en matière composite que le casque de la NVA fut surpassé balistiquement parlant.
Le casque modèle 56/66 fut aussi décliné en une version fabriquée en plastique pour les corps de garde et d'honneur. Il fut utilisé au sein de la NVA jusqu'à la réunification allemande achevé en octobre 1990, date à partir de laquelle la NVA fut dissoute.
La NVA était jusqu'alors considérée comme une des armées les plus puissantes du pacte de Varsovie. Elle disposait d'un grand nombre de systèmes d'armes, la plupart d'origine soviétique et qui fut rendue à l'URSS en grande partie en 1990.
Toutefois il restait des stocks gigantesques en armement et équipement. Il fallut se débarrasser de quantités de pièces détachées, de matériel sanitaire, d'armements NBC, d'appareils d'exercice et de simulateurs, de systèmes de guidage et d'exploration, d'appareils de transmission ou du génie, d'engins de construction, d'habillement, d'équipement individuel, et de tout ce qu'il fallait pour une mobilisation.
Après la réunification allemande, il fallut tout d'abord faire faire un inventaire précis, et entreposer en sûreté les armes et matériels par d'anciens membres de la NVA. Pour cela, on fonda une organisation fédérale de "Service de dépôt du Matériel" (MDSG) pour la surveillance et l'entreposage du matériel. La MDSG occupait 1820 collaborateurs, qui furent pour la plupart intégrés à la Bundeswehr. En 1994, cette société fut privatisée. Dans la mesure où tout ce matériel ne fut pas livré à titre gratuit aux autorités des nouveaux états fédéraux, à d'autres autorités, à des musées, à des pays amis, ou à titre humanitaire à des pays tiers, ou vendu par l'Administration des Domaines, il a été détruit.
Toutefois, la traçabilité des matériels de l'ex-NVA ne fut pas toujours assurée. Une partie des versions est-allemandes des armes SKS, AKM, AK-74 ou PKM furent offerte aux Croates et firent feu durant les guerres de Yougoslavie. Les troupes croates furent aussi largement équipées de casques modèle 56/66 acquis auprès de surplus européens. C'est ainsi qu'on vit pendant le conflit du Kosovo, des combattants de l'UCK habillés d'uniformes de campagne de la NVA.

Casque modèle 56/66. Casque modèle 56/66. Casque modèle 56/66.
Casque modèle 56/66. Casque modèle 56/66. Casque modèle 56/66.
Casque modèle 56/66. Casque modèle 56/66. Casque modèle 56/66. Casque modèle 56/66.

Constitution

La coque :

Bombe modèle 56 reconditionnée.
Bombe modèle 56 reconditionnée.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Trou obturé par rivetage.
Trou obturé par rivetage.
Taille 2, mars 1962.
Taille 2, mars 1962.
A partir de 1966, le casque modèle 56 est modernisé essentiellement au niveau de la coiffe, et est désormais muni d'une coiffe réglable montée sur une armature en plastique. Cette nouvelle coiffe est montée dans la bombe par le biais de six ergots soudés électriquement à l'intérieur de la bombe, laissant aucune trace visible à l'extérieur du casque (toutefois un exemplaire connu présente des ergots de fixation de coiffe riveté, on peut supposer qu'il s'agit là d'un modèle précurseur au modèle 56/66 final, alors qu'il fut décidé de supprimer tout rivet extérieur).
La forme du casque reste inchangée, ce pourquoi il est décidé d'utiliser le stock de bombes existantes en cours de production, et de reconditionner les casques modèle 56 retirés du service. C'est pourquoi on trouve des casques modèle 56/66 muni de trois rivets extérieurs, obturant les trous destinés à la mise en place de la coiffe du modèle 56. Ces bombes sont marquées par estampe à froid de l'acier sur le flan intérieur gauche, avec une année de production antérieure à l'année 1966.
Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Les bombes produites à partir de 1966 sont fabriquées en trois tailles à l'instar du casque modèle 56. Toutefois, les bombes ne sont pas systématiquement marquées et une grande majorité ne présente aucun marquage de taille, ni d'année de production (cependant, la taille peut être indiquée au fond de la bombe par un tampon encreur, sous réserve que celui-ci ne se soit pas effacé avec le temps). Six ergots sont soudés électriquement à l'intérieur de la bombe au niveau du tiers supérieur du casque.
La bombe est peinte de couleur "gris pierre" à gris mat à l'aérographe, puis séchée au four.
A partir de 1976, la bombe du casque modèle 56/66 est une nouvelle fois modifiée sans différence apparente. Le sommet de la bombe est renforcé par une épaisseur plus importante de la coque à ce niveau, engendrant un léger gain de poids.
Taille 2, février 1976.
Taille 2, février 1976.
Taille 2, février 1989.
Taille 2, février 1989.
Taille 3.
Taille 3.

La coiffe :

Intérieur bombe.
Intérieur bombe.
Ergots soudés.
Ergots soudés.
Support de coiffe.
Support de coiffe.
Coiffe avec support - vue latérale.
Coiffe avec support - vue latérale.
Coiffe avec support - vue de dessus.
Coiffe avec support - vue de dessus.
Ergot de fixation.
Ergot de fixation.
Détail fixation coiffe.
Détail fixation coiffe.
Coiffe - vue de dessus.
Coiffe - vue de dessus.
Coiffe, partie arrière et avant désolidarisées.
Coiffe, partie arrière et avant désolidarisées.
Coiffe assemblée.
Coiffe assemblée.
Bloc de mousse en latex arrière, fixation par attaches parisiennes.
Bloc de mousse en latex arrière, fixation par attaches parisiennes.
Bloc de mousse de polyéther arrière et avant.
Bloc de mousse de polyéther arrière et avant.
Coiffe montée.
Coiffe montée.

La coiffe modèle 56/66 est fabriquée en taille unique, dont la circonférence est réglable par ajustement des deux parties principales de celle-ci. La coiffe est désormais montée sur une armature fabriquée en plastique souple, de couleur blanc translucide. La base de cette armature est constituée d'un support en forme d'étoile à six branches, dont le centre est muni d'un tube fendu à 12 reprises, afin d'espacer le fond de la bombe et l'armature, dans le but d'amortir les chocs. Ce support est maintenu dans la bombe aux six ergots soudés électriquement dans la bombe, par le biais des trous présents à chacune de ses extrémités. Chaque branche du support comporte une ligne de trois trous pour fixer la coiffe à trois hauteurs différentes.
La coiffe, fabriquée en cuir de porc suédé, est constituée de deux parties assemblées entre elles par les extrémités de la partie avant de la coiffe. La partie arrière de la coiffe est constituée d'un cerclage (deux tiers de la circonférence de la coiffe) en plastique munie de 5 pattes, chacune d'elle terminée d'un ergot en plastique (pouvant être blanc ou translucide blanc). Les deux tiers arrières de la coiffe de cuir sont cousus à ce cerclage en plastique. Cette partie de la coiffe comporte les quatre passants de jugulaire rivetés au bandeau en plastique. Les extrémités avant du cerclage comporte deux passants doubles fendus (composés de quatre crochets chacun) destinés à maintenir la partie avant de la coiffe. La partie avant de la coiffe comporte le tiers avant constitué d'une partie en cuir, terminée d'une patte, cousue à une armature en plastique semblable à l'autre partie de la coiffe. Cette partie est munie de deux languettes dentées aux extrémités, destinés à être assemblées en passant dans les crochets double de la partie arrière. Les deux parties de la coiffe assemblées entre elles sont jointives par superposition de leurs extrémités.
Chaque extrémité des pattes de la coiffe en cuir est terminée d'un trou renforcé au dos par une rondelle de cuir collée. Ces orifices sont destinés au passage du lacet de réglage en profondeur de la coiffe.
L'arrière de la coiffe comporte un épais morceau de mousse rectangulaire, fixé à l'armature à l'aide de trois attaches parisiennes. L'avant de la coiffe est muni d'un morceau sensiblement moins long fixé à l'aide de deux attaches parisiennes. La mousse employée au début de la production est fabriquée en latex synthétique, de forte densité. Cette mousse, sensible aux conditions extrêmes (durci avec le temps et fini par s'effriter), est rapidement abandonnée au profit d'une mousse polyéther de plus faible densité.

Enfin la coiffe est assemblée sur le support en forme d'étoile fixé au fond de la bombe à l'aide des ergots présents aux extrémités des pattes de l'armature en plastique de la coiffe.

Les marquages.

Marquage fabricant.
Marquage fabricant.
IV U - 4ème trimestre 1978.
IV U - 4ème trimestre 1978.
IV I - 4ème trimestre 1982.
IV I - 4ème trimestre 1982.
II N - 2ème trimestre 1989.
II N - 2ème trimestre 1989.

A partir de 1968, la nomenclature des marquages changea radicalement, sans doute pour des raisons de confidentialité relatives aux capacités de production industrielles, ainsi qu'aux effectifs de la NVA et autres branches.
Le dos des coiffes en cuir peut comporter des marquages liés au fabricant. Toutefois, chaque coiffe comporte au dos une inscription appliquée au tampon encreur de couleur noir comportant les lettres NVA pour "Nationale Volksarmee" (Armée populaire nationale) suivi d'un chiffre romain (I à IV) désignant le trimestre de fabrication, suivi d'une lettre pour l'année de production :

- 1968 : K
- 1969 : Z
- 1970 : M
- 1971 : X
- 1972 : B
- 1973 : L
- 1974 : O
- 1975 : S
- 1972 : B
- 1973 : L
- 1974 : O
- 1975 : S
- 1976 : R
- 1977 : A
- 1978 : U
- 1979 : F
- 1980 : E
- 1981 : G
- 1982 : I
- 1983 : C
- 1980 : E
- 1981 : G
- 1982 : I
- 1983 : C
- 1984 : H
- 1985 : T
- 1986 : P
- 1987 : L
- 1988 : Y
- 1989 : N
- 1990 : D

La jugulaire :

Jugulaire partie gauche et droite - envers.
Jugulaire partie gauche et droite - envers.

Jugulaire partie gauche et droite - revers, rivet à double tête en plastique.
Jugulaire partie gauche et droite - revers, rivet à double tête en plastique.
Boucle à ardillon.
Boucle à ardillon.
Jointure partie droite.
Jointure partie droite.
Passant de jugulaire.
Passant de jugulaire.

La jugulaire appliquée au casque modèle 56/66 est sensiblement différente de celle appliquée en début de production du casque modèle 56. Fixée en quatre points à des passants de jugulaire similaire à ceux employés sur la coiffe du modèle 56, rivetés au cerclage en plastique de la nouvelle coiffe (hérités des passants des coiffes modèle 31 ou 44). Ces passants sont constitués d'un anneau rectangulaire fabriqué à partir d'une tige métallique, dont la base est prise dans une enchapure métallique repliée sur elle-même, jouant ainsi le rôle de charnière. Cette base est ensuite rivetée au cerclage en plastique à l'aide d'un rivet mécanique.
La jugulaire est constituée de deux parties en Y, fabriquée à partir de bandes de cuir de ?? cm de large de couleur fauve. Chacune des deux parties est composée de deux lanières de cuir, réparties en V. Une première bande de cuir, d'une longueur d'environ 16,5 cm, comportant 4 trous fendus destinés au montage, est maintenue au passant arrière. Une seconde bande de cuir, plus courte, mesurant 15 cm et comportant 4 trous fendus, est fixée au passant avant. Le maintien est assuré à l'aide de rivet à double tête fabriqué en plastique gris.
Ces bandes de cuir sont jointives à une boucle métallique en forme de pentagone non symétrique, maintenue dans une enchapure rivetée effectuée avec chacune de leur extrémité.
La base de cette boucle maintien de manière identique les extrémités de fermeture de la jugulaire. La partie droite de la jugulaire comporte une bande longue de 27 cm terminée en pointe et comportant 12 à 13 trous, constituant autant de possibilité de fermeture.
La partie gauche comporte une boucle à ardillon munie d'un rouleau maintenue à une petite bande de cuir rivetée. Cette partie rivetée maintient un anneau rectangulaire destiné à maintenir l'excédent de jugulaire.
La jonction des différentes bandes de cuir composant les deux parties de la jugulaire est protégée au dos à l'aide d'un morceau de cuir trapézoïdale comportant trois fentes chacun, dans lesquels sont insérées les trois bandes de cuir constituant les deux demi jugulaire. Le morceau couvrant la jonction au dessus de la boucle à ardillon est plus long afin de couvrir cette partie.

Le camouflage additionnel :

Le filet.

Filet.
Filet.
Détail fixation.
Détail fixation.
Crochet de fixation.
Crochet de fixation.
Filet à plat.
Filet à plat.
Echantillon de filets neufs de stock.
Echantillon de filets neufs de stock.

Seul artifice officiel destiné au camouflage des casques modèle 56, puis modèle 56/66, le filet est fabriqué en matière synthétique légèrement élastique, de couleur vert foncé dont la teinte peut varier en fonction des fabrications. Ce filet est constitué d'une maille tissé autour d'un anneau au centre du filet, et donc appliqué au sommet du casque. Ce filet est maintenu au casque par le biais d'environ 12 petits crochets métalliques anodisés en noir, fixés à la bordure du casque. Ces crochets sont répartis à intervalle régulier sur la circonférence du filet. Les filets sont conditionnés en boule dont la maille n'a jamais été étirée. La base du filet est prise dans un petit tube en caoutchouc dont la couleur peut varier. A priori les différentes couleurs n'ont aucune signification particulière. Toutefois des filets de différentes tailles ont dû être fabriqués pour s'appliquer aux casques modèle 56 et 56/66, et Wz 63 de fabrication polonaise pour le compte des troupes aéroportées de la NVA.

Couvre-casque circulation routière - "Volkspolizei".

Couvre-casque Volkspolizei.
Couvre-casque "Volkspolizei".
Détail maintien.
Détail maintien.

Un couvre-casque fut fabriqué pour le compte de la "Volkspolizei" (VOPO : police du peuple) pour les agents affectés à la circulation routière pour plus de visibilité. Ce couvre-casque est fabriqué à partir de deux morceaux de toile blanche, sensiblement élastique et assemblés par une couture transversale. La base du couvre-casque est repliée sur elle-même puis cousue afin de former un ourlet, assurant le maintien du couvre-casque par l'élasticité de celui-ci. Une bande rouge est cousue sur la circonférence du couvre-casque, et l'avant est muni d'un disque brodé au couleur de l'Allemagne de l'Est (noir, rouge et jaune) au centre duquel est représenté l'armoirie de la RDA :
    - le marteau qui représente le prolétariat.
    - le blé qui représente la paysannerie.
    - le compas qui représente les travailleurs intellectuels.
S'ajustant au plus juste sur le casque modèle 56/66, et destiné à être utilisé par le personnel de la circulation routière de la "Volkspolizei", ce couvre-casque fut sans aucun doute utilisé majoritairement sur un casque modèle 56/66 fabriqué en plastique.

Vue à plat.
Vue à plat.

Capuche couvre-casque.

Capuche couvre-casque.
Détail maintien tampon.
Détail mise en place.
Clip métallique.
Vue à plat.
Vue à plat.
Vue à plat - intérieur.
Vue à plat - intérieur.
Détail maintien de la tulle.
Détail maintien de la tulle.
Capuche couvre-casque.
Capuche couvre-casque.
Tulle dépliée.
Tulle dépliée.

Aucun couvre-casque ne fut élaboré pour le casque modèle 56 et modèle 56/66. Toutefois, on note des cas d'utilisation de morceaux de toile arborant le schéma de camouflage "Flächentarnmuster" adopté par la NVA en 1958 en guise de couvre-casque. Le nouveau schéma de camouflage "Strichtarnmuster" (fond vert kaki, sur lequel est imprimée une multitude de petits traits marron) employé sur les nouveaux uniformes en 1965 n'échappa pas à la règle. Toutefois, on note des casques d'utilisation de la capuche du nouvel uniforme en guise de couvre-casque. Cette capuche est suffisamment grande pour être employée sur le casque modèle 56 et 56/66. Elle est munie d'un large partie à l'arrière faisant office de couvre-nuque et l'avant est muni d'un large morceau de tulle, faisant office de moustiquaire et/ou masque faciale. Ce morceau tulle peut être enroulée et maintenue à l'aide de deux bandes de toile refermable à l'aide d'un bouton.

Accessoire pour motocycliste :

Accessoire pour motocycliste - vue à plat.
Accessoire pour motocycliste - vue à plat.
Accessoire pour motocycliste - revers.
Accessoire pour motocycliste - revers.
Languette de maintien.
Languette de maintien.
Fente de montage.
Fente de montage.
Détail fixation.
Détail fixation.
Accessoire monté.
Accessoire monté.
Coté avec dégagement pour les oreilles.
Coté avec dégagement pour les oreilles.
Arrière.
Arrière.

En dehors du casque Wz 63 de fabrication polonaise, à l'origine destiné aux troupes parachutistes de la NVA, et utilisé par certaines unités motocyclistes, aucun casque ne fut prévu pour équiper les estafettes de la NVA, qui utilisaient alors le casque modèle 56 puis modèle 56/66 de la troupe.
Afin de protéger au mieux les motocyclistes de la NVA, un accessoire fut créé pour compléter le casque modèle 56 et modèle 56/66 pour s'adapter à un usage sur deux roues.
Constitué à l'extérieur de cuir glacé noir, cet accessoire est doublé de toile à l'intérieur, cousue sur toute la bordure. La fermeture est assurée par des boutons pressions, répartis au nombre de trois coté gauche (pression mâle) et deux coté droit (pression femelle). Cette fermeture complète la jugulaire du casque, qui peut être insérée dans deux passants de cuir cousus sur les cotés.
La bordure avant de cet accessoire est doublée de deux bandes de feutre afin de mieux assurer le plaquage contre la joue du porteur et ainsi éviter que l'air s'engouffre. Les cotés présentes deux pièces de cuir cousues en arc de cercle vers l'avant pour ne pas réduire l'audition du porteur de cet accessoire.
La partie couvrant la nuque est doublée d'une bande élastique afin d'assurer une certaine tension à l'ensemble. Une languette de cuir, refermable à l'aide d'un bouton pression permet de maintenir des lunettes de protection, nécessaire à la conduite d'une moto.
La fixation de cet ensemble au casque s'effectue au niveau des passants de jugulaire, qui sont insérés dans quatre fentes de l'accessoire et dont le maintien est effectué par le biais de quatre languettes de cuir épais, rivetées sur la bordure.

Vue d'ensemble.
Vue d'ensemble.

Casque modèle 56/66 en plastique

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Pour le compte des corps de garde et d'honneur de la NVA mais aussi pour les Vopos en faction au sein de la circulation routière, le casque modèle 56/66 fut aussi décliné dans une version en plastique pour les personnels ayant besoin d'une coiffure légère à l'image du casque modèle 56/66 pour un port prolongé, sans subir les inconvénients d'une coiffure lourde.
Ainsi, ce modèle fabriqué en matière plastique, pèse environ 500 grammes. La bombe, fabriquée en plastique plus souple que la version précédente, respecte la forme du casque modèle 56/66 en acier.
Elle est percée de six trous sur la ligne médiane du casque pour la mise en place de l'ensemble coiffe et jugulaire identique au modèle 56/66 fixé de manière inamovible au casque à l'aide de rivets à tête bombée peinte.
Ce modèle se distingue du casque modèle 56 fabriqué en plastique par ses six rivets extérieurs et sa coiffe identique à celle du casque en acier de nouvelle génération.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Détail fixation coiffe.
Détail fixation coiffe.
Coiffe.
Coiffe.

Quelques exemples

Exemple 1. Exemple 1. Exemple 1.
Casque du "Kampfgruppen der Arbeiterklasse" (Groupes de combat de la classe ouvrière).

Exemple 2. Exemple 2. Exemple 2.
Casque du corps médical de la NVA.