Retour à la rubrique Russie
Casque Ssh 36

Fiche

Preview

Historique

Alliée à la France durant la première guerre mondiale dans le cadre de la triple entente, la Russie tsariste fut dotée de casques Adrian modèle 15 pour ses troupes déployées sur le front Ouest. Dès octobre 1917, la révolution bolchévique éclate en Russie provoquant l'abdication du tsar Nicolas II et plongeant le pays en plein chaos. Ne pouvant faire face plus longtemps aux troupes des puissances centrales, la Russie se retire du conflit avec la signature de l'armistice avec l'Allemagne à Brest-Litovsk. L'armée russe se disloqua au profit d'une guerre civile où s'opposèrent les armées blanches favorables à un retour du Tsar et l'armée rouge bolchévique.
En 1922, l'armée rouge est victorieuse de l'armée blanche aidée de nombreux contingents étrangers. Equipée de manière hétéroclite, et coiffée de différents types de casques issus de la grande guerre, l'armée soviétique est soucieuse d'uniformiser son équipement alors que le pays est en pleine restructuration économique, bouleversé par l'installation d'un régime communiste.
A la suite de la guerre civile russe, les casques Adrian d'origine française sont ressortis des magasins afin d'équiper l'armée rouge dès 1924. Cependant le nombre d'exemplaires ayant survécu à la grande guerre puis à la révolution est faible, seules quelques troupes d'infanterie en sont équipés.
Ces casques sont peints de couleur vert olive et sont ornés d'une imposante étoile frontale fabriquée en tôle de cuivre en relief. Cet attribut est muni de la faucille et du marteau soviétiques, et peint en rouge à l'exception de la bordure de l'étoile et de l'insigne communiste.
Afin de palier le manque d'approvisionnement en casques Adrian modèle 15 par la France, la Russie soviétique entreprend de fabriquer son propre casque de type Adrian dès 1928. Qualifié de modèle 28, ce nouveau casque présente une forme très similaire à l'Adrian 15 tout en étant plus large, apportant ainsi une protection supérieure aux chutes de débris.
Fabriqué à partir de tôle d'acier de 1,28 mm d'épaisseur, l'industrie soviétique ne maitrisant pas encore l'emboutissage progressif nécessaire à la mise en forme d'un casque d'un seul tenant, la fabrication de ce nouveau casque en plusieurs morceaux est jugée préférable.
Plus lourd que le casque Adrian modèle 15, ce nouveau casque était peint de couleur vert olive foncé. Ce modèle était équipé d'une coiffe composée d'une jupe en drap réglable à l'aide d'un lacet. Fabriqué à peu d'exemplaires, le casque modèle 28, de type Adrian, est à l'heure actuelle un casque rarissime.
Au cours des années 20-30 l'ensemble des armées du monde s'équipe de casques modernes, dont la dotation est jugée nécessaire au lendemain de la première guerre mondiale, les services secrets soviétiques suivirent de très près les échanges en matière de casques. Les ingénieurs de l'industrie militaire soviétique furent alors très intéressés par les formes des casques polonais modèle 31, italien modèle 933, mais aussi les différents casques mis au point en Suède et en Tchécoslovaquie, tant au point de vue forme que procédé de fabrication.
Le chef d'état-major général Mikhaïl Nikolaïevitch Toukhatchevski, participant activement à la réorganisation de l'armée soviétique, ordonne la création d'un modèle de casque totalement soviétique.
Au début des années 30, le lieutenant Alexander Abramovich Shvartz de l'intendance de l'armée rouge, ayant participé à la mise au point du casque modèle 28, entreprend l'étude de plusieurs prototypes pour la mise au point d'un casque d'inspiration purement soviétique. A la fin des années 20, l'équipe de Shvartz avait par ailleurs créé un casque formé d'un seul tenant, dans l'esprit du casque Sohlberg modèle 17 fabriqué en Finlande et qualifié de casque modèle 29.

Kaska modyel 29.
"Kaska modyel" 29.
Casque d'essai Shvartz.
Casque d'essai "Shvartz".

L'équipe du lieutenant Shvartz travaillait sur un projet fortement inspiré du "Stahlhelm" 16 allemand, dont la forme était jugée comme étant la plus efficace. Différentes formes furent mise au point, chacune d'elle fabriquée à la main par étirement d'une plaque d'acier sur une forme en bois.
Malheureusement le projet était condamné, car les parois verticales du casque ne permettaient pas une mise en production massive alors que le pays est en plein boom industriel. L'équipe de développement comprit aussi que les parois verticales du casque présentaient une protection balistique peu efficace.
On estime la production de ces projets à moins de 20, alors qu'une quinzaine d'exemplaires ont été découvert dans les années 90 dans un bunker de stockage d'une usine de Saint Petersbourg.
Alors que ces casques, étudiés entre 1932 et 1935, ne peuvent être considérés comme prototype du futur casque Ssh 36 de l'armée rouge, ils ont néanmoins permis à l'équipe du lieutenant Shvartz la mise au point du nouveau casque Ssh 36 créé en 1936. Créateur du premier casque de conception soviétique, le lieutenant Alexander Shvartz n'échappa pas aux purges appliquées en raison de la paranoïa de Staline et fut exécuté.
Désigné par Ssh 36, ce casque abandonne l'ancienne désignation appliquée à une majorité d'équipement militaire où l'on désignait un équipement par le terme "modyel" (pour modèle, ou simplement M) suivi de l'année de conception et/ou d'adoption. L'abréviation Ssh (ç en alphabet cyrillique) est le diminutif du mot "Stalshlyem" (contraction des mots "stalnoy" "shlyem" pour casque d'acier, à l'instar du terme "Stahlhelm" utilisé dans les pays germanophones). Le terme Ssh sera utilisé pour l'ensemble des casques de l'armée russe jusqu'au modèle Ssh 68 encore utilisé de nos jours (2012).
Le casque Ssh 36 comprend une zone de couverture très proche des prototypes créés par Shvartz et son équipe de 1932 à 1935. Sa forme peut rappeler celle du casque allemand (et donc celle des prototypes) en raison de son important visière et les décrochements latéraux du casque. Un petit cimier permet aussi de faire un rapprochement avec le casque Adrian utilisé par l'armée russe.
Durant la première année de production, les casques Ssh 36 furent équipés d'une coiffe en cuir, abandonnée l'année suivante en raison d'une détérioration rapide. Parallèlement, une autre coiffe en cuir fut aussi employée. Une grande majorité de ces casques fut livrée aux troupes républicaines espagnoles engagées dans la guerre civile débutée en 1936. On estime qu'environ 10 000 unités furent livrées par l'URSS durant la guerre civile espagnole.
La coiffe en cuir fut remplacée au profit d'une coiffe constituée d'une jupe en toile munie d'un bandeau en toile cirée à l'instar de celle utilisé dans les prototypes Shvartz.
Parallèlement à l'utilisation du casque Ssh 36 au sein de l'armée rouge, des essais furent menés dès 1937 afin réduire le volume du casque et de le rendre utilisable au sein des unités parachutistes. En effet, la conception de ce modèle ayant été fait à la hâte, la fabrication de ce casque se révèle complexe et son efficacité balistique remise en cause. Aussi, les soldats ne tardent pas à se plaindre du manque de stabilité et la forme imposante du casque réduisant aussi leurs champs de vision. Des essais de suppression des bords très évasés furent menés, ainsi que la suppression du trou sommital d'aération et du cimier soudé. De ces essais fut mis au point le nouveau casque Ssh 39 précurseur du casque représentatif de l'armée rouge, le casque Ssh 40.
Le casque Ssh 36 fut utilisé durant la bataille de Halhin Gol en 1939, durant le conflit russo-finlandais de 1939 à 1940, ainsi que durant la manœuvre d'invasion de la moitié de la Pologne en 1939 dans le cadre du pacte germano-soviétique.
Au déclenchement de la grande guerre patriotique, le 22 juin 1941 lors de l'opération Barbarossa, le casque Ssh 36 reste majoritaire au sein de l'armée rouge alors que le casque Ssh 40 commence à peine à remplacer les casques Ssh 36 et 39. Cependant, il sera fabriqué jusqu'en 1941 parallèlement aux casques Ssh 39 et Ssh 40, par l'usine métallurgique de Lysva (ЛM3 : "Lysvinskiy Metallicheskiy Zavod").

Le casque Ssh 36 fut utilisé jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale, de manière très ponctuelle alors que la majorité de ces casques fut remplacée au profit des modèles plus récents en usage au sein de l'armée soviétique.
A noter qu'une grande quantité de casques Ssh 36 fut capturée par l'armée allemande dans les premiers mois de l'invasion, qui fut par la suite reversé à la défense aérienne ("Luftschutz") sur le territoire allemand. Une grande partie de ces casques fut repeint en gris ou bleu foncé, et muni pour la plupart d'un décalcomanie à l'effigie de cette organisation appliqué à l'avant.
Les troupes finlandaises firent de même durant la guerre d'Hiver et reversa les casques Ssh 36 capturés à la défense civile.

Casque Ssh 36. Casque Ssh 36. Casque Ssh 36.
Casque Ssh 36. Casque Ssh 36. Casque Ssh 36. Casque Ssh 36.
Casque Ssh 36. Casque Ssh 36. Casque Ssh 36.

Constitution

La coque :

Les bombes à trois rivets apparents.

Vue avant.
Vue avant.
Vue de coté.
Vue de coté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Trou d'aération.
Trou d'aération.
Petit cimier soudé.
Petit cimier soudé.

La bombe est formée par emboutissage progressif d'une plaque d'acier de 1,38 mm d'épaisseur. Le casque Ssh 36 est fabriqué en quatre tailles. Après mise en forme et découpage du casque, la bordure est laissée brute et est seulement arrondie à la meuleuse afin de réduire le tranchant de l'acier.
Un trou d'environ 2,2 centimètres de diamètres est pratiqué au sommet du casque, au dessus duquel un petit cimier est fixé par quatre points de soudure électrique. Ce cimier, outre son coté esthétique, a pour but d'empêcher l'infiltration d'eau à l'intérieur du casque en cas de pluie.
Trois trous sont effectués autour du casque pour la fixation des supports de coiffe et passants de jugulaire à l'aide de petits rivets mécaniques. Un trou est pratiqué de chaque coté, à environ 7 centimètres de la bordure du casque, pour la mise en place des agrafes de maintien de coiffe, couplées aux passants de jugulaire. Un dernier trou est pratiqué à l'arrière, à 6 centimètres du bord, pour l'agrafe de maintien arrière de la coiffe. Le trou arrière est pratiqué rectilignement aux trous latéraux, la différence de distance des trous latéraux correspondant aux prolongements du casque sur les cotés.
Après mise en place des éléments métalliques à l'intérieur de la bombe, le casque est mis en peinture. Les casques Ssh 36 sont peints de manière satinée, ou selon les fabrications légèrement texturée afin de réduire les reflets. La couleur employée peut varier entre plusieurs lots produits, même au sein d'une même usine et varie du vert olive au vert foncé. La peinture n'étant pas le résultat d'une formule définie, elle est produite par chacune des usines et a pour but de camoufler le casque, réduire les rayures, et éviter la corrosion.
Toutefois, le casque Ssh 36 ayant été fabriqué jusqu'en 1941, une nouvelle peinture est créée pour la fabrication des casques Ssh 39 et 40. Nommée nitrokraska, la formule de cette nouvelle peinture est connue sous la référence KhV-518 (XB-518 en alphabet cyrillique). Elle est basée sur une laque aux propriétés anticorrosive, résistante à l'eau et séchant rapidement. De couleur vert olive, elle est appliquée à l'aérographe en usine de manière satinée.

Les bombes sans rivet apparent.

Casque Ssh 36 sans rivet apparent. Casque Ssh 36 sans rivet apparent.
Casque Ssh 36 sans rivet apparent.

Certains casques Ssh 36 ne comportent aucun rivet apparent à l'extérieur, présentant une surface parfaitement lisse, excepté le cimier soudé.
Les éléments de fixation de l'aménagement intérieur du casque sont soudés à l'arc électrique et les passants de jugulaire sont indépendants des agrafes latérales de fixation de la coiffe. Celles-ci sont semblables aux agrafes employées dans les bombes des casques Adrian modèle 15.
L'exemplaire présenté ici, fabriqué en 1936, laisse supposer que ce procédé fut employé en début de production et fut rapidement abandonné au profit d'une mise en place par rivets mécaniques.

Les bombes reconditionnées avec une coiffe de casque Ssh 39.

Casque Ssh 36 reconditionné avec une coiffe de casque Ssh 39. Casque Ssh 36 reconditionné avec une coiffe de casque Ssh 39.
Casque Ssh 36 reconditionné avec une coiffe de casque Ssh 39.

D'autres casques Ssh 36 présentent une superposition de rivets pour la mise en place d'une coiffe semblable à celle employée dans les casques Ssh 39. Cette coiffe montée sur un cerclage métallique, maintenu à l'intérieur du casque à l'aide de trois pattes rivetées au fond du casque.
Ces casques, munies d'une coiffe, dont la confection est effectuée avec les moyens du bord (beaucoup de récupération de toile diverses et variées), sont des remaniements de casques Ssh 36 effectués durant le siège de Leningrad durant la période s'étalant du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944.
Afin de palier au manque d'approvisionnement dû au blocus de la ville par les forces de l'axe, les casques furent fabriqués et/ou remaniés avec le peu de ressources à disposition de l'usine métallurgique de Leningrad.
Ces casques équipés de trois rivets haut, en complément des trois trous de la coiffe d'origine, sont généralement équipés d'une jugulaire en cuir fin doublé de toile (Cf. partie jugulaire).

La coiffe :

Coiffe 1er type en cuir.

Coiffe 1er type en cuir (reproduction).
Coiffe 1er type en cuir (reproduction).
Cerclage en feutre.
Cerclage en feutre.
Autre type de coiffe en cuir.
Autre type de coiffe en cuir.
Coiffe en cuir.
Coiffe en cuir.

Les premiers casques Ssh 36 furent munies d'une coiffe en cuir dont la conception est proche de la coiffe du second type installé dans les casques Adrian modèle 15 livrés au sein de l'armée russe durant la première guerre mondiale.
Cette coiffe est composée d'un bandeau de cuir sur lequel sont cousues par deux lignes de coutures parallèles sept dents découpées séparément. Le cuir employé est de couleur fauve. L'extrémité de chacune des pattes de coiffe présente un orifice renforcé d'un œillet métallique pour le passage du lacet de réglage en profondeur de la coiffe, joignant chacune des pattes entre elles.
Cette coiffe est montée sur un épais bandeau de feutre cousu sur toute la circonférence de la coiffe. Ce bandeau de feutre est cousu d'un seul trait de couture coté croûte du cuir de la coiffe, plaqué contre celle-ci, laissant la tranche du cuir de la coiffe visible (alors que la coiffe est retournée dans les casques Adrian Mle 15).
Le pourtour de la coiffe est renforcé d'un second bandeau de cuir, très épais, appliqué au tour du bandeau de feutre. Destiné à être en contact avec la paroi interne du casque, ce bandeau assure la rigidité et la mise en place de la coiffe sur les agrafes de fixation repliées à travers le bandeau de cuir extérieur et le bandeau de feutre.

On note aussi l'existence d'un second type de coiffe en cuir, fabriqué en cuir très pâle. Aussi composée d'un bandeau de cuir, sur lequel sont cousues six pattes de cuir, plus espacées que la coiffe du premier type. Cette coiffe est montée à l'aide d'un bandeau en drap de laine cousu sur toute la circonférence de la coiffe.
Cette coiffe est montée aux agrafes de fixation, et deux lames métalliques ondulées sont placées entre la coiffe et le casque. Reprise du casque Adrian modèle 15, ces plaques ondulées sont destinées à l'aération du casque et sont jointives par juxtaposition à l'avant et à l'arrière du casque.

Les coiffes en cuir furent rapidement abandonnées, en raison d'une détérioration rapide de celles-ci. Elles équipent essentiellement les casques Ssh 36 destinés aux troupes républicaines espagnoles aidées par l'URSS.

Coiffe 2ème type en toile.

Intérieur bombe.
Intérieur bombe.
Agrafes latérale et arrière de fixation.
Agrafes latérale et arrière de fixation.
Intérieur munie d'une gaufrette d'aération.
Intérieur munie d'une gaufrette d'aération.
Agrafe latérale avec passant de jugulaire rapporté.
Agrafe latérale.
Agrafe arrière munie d'une gaufrette d'aération.
Agrafe arrière munie d'une gaufrette d'aération.
Autre agrafe latérale.
Autre agrafe latérale.
Coiffe en toile - vue intérieure.
Coiffe en toile - vue intérieure.
Coiffe - vue avant (gaufrette maintenue par une agrafe indépendante).
Coiffe - vue avant (gaufrette maintenue par une agrafe indépendante).
Coiffe - vue arrière.
Coiffe - vue arrière.
Détail fixation.
Détail fixation.
Coiffe.
Coiffe.
Jointure du bandeau en graleks.
Jointure du bandeau en graleks.
Rembourrage en mousse néoprène. Rembourrage en mousse néoprène.
Rembourrage en mousse néoprène.
Jointure plaques ondulées d'aération.
Jointure plaques ondulées d'aération.
Coiffe.
Coiffe.

Le modèle de coiffe, le plus couramment rencontrée dans les casques Ssh 36, est reprise des coiffes équipant les casques d'essai Shvartz.
Cette coiffe est constituée d'une jupe de toile fabriquée à partir d'une bande de tissu vert/beige jointive par 3 lignes de couture verticales à l'arrière du casque. Une couture est présente à l'avant de la coiffe pinçant la toile afin d'obtenir un effet bombé à la jupe de la coiffe. La base de cette jupe est parcourue par un lacet permettant le réglage en profondeur de la coiffe.
Elle est montée par dessus un épais bandeau de feutre rigidifiant la coiffe et rembourrant la circonférence de celle-ci. Le rembourrage de la coiffe est complété par trois bandes de feutre réparties aux trois tiers internes de la coiffe, afin de mieux protéger le crâne des chocs éventuels.
La coiffe est complétée d'une bande de "graleks" (apparenté à de la toile cirée, constitué de toile recouverte de caoutchouc chauffé ensemble afin d'obtenir une matière flexible et résistante) dont la surface en relief peut comporter des motifs différents d'une coiffe à l'autre. Cette bande de toile cirée, jointive par une couture oblique, est cousue sur toute la circonférence de la coiffe.
La coiffe est maintenue aux trois agrafes double fixés sur les cotés du casque et à l'arrière, fixées par rivets mécanique ou par soudure en fonction des fabrications.
Deux bandes métalliques ondulées sont placées sur la circonférence interne du casque, ayant pour but d'assurer l'aération du casque et dont le principe est repris du casque Adrian modèle 15 de fabrication française.
Jointive à l'avant et à l'arrière du casque, ces plaques ondulées sont mises en place à l'aide de deux fentes parallèles pratiquées au milieu de celles-ci et une fente à chaque extrémité. Ces fentes sont destinées à être insérées dans les agrafes de maintien de la coiffe. Ces plaques peuvent être peinte de couleur vert olive ou laissées brut. A noter qu'une agrafe est mise en place à l'avant de coiffe sans être fixée au casque (cependant, c'est peut être le cas des casques sans rivet apparent), destinée à assurer la jointure et le maintien des deux plaques ondulées à l'avant.

Coiffe 2ème type en toile montée sur armature de type Ssh 39.

Jointure cerclage et point de fixation arrière.
Jointure cerclage et point de fixation arrière.
Compartiments de rembourrage.
Boudins de rembourrage.
Détail compartiment de rembourrage.
Détail compartiment de rembourrage.
Coiffe de type Ssh 39. Coiffe de type Ssh 39. Coiffe de type Ssh 39.
Echantillonnage de coiffe de type Ssh 39.

Enfin, un dernier type de coiffe équipe certains casques Ssh 36 utilisé sur le front de Leningrad durant le siège de la ville. Afin de palier au manque de matière première, certains casques Ssh 36 furent fabriqués et/ou remaniés avec une coiffe semblable à celle équipant le nouveau casque Ssh 39.
Cette coiffe conserve la conception du second type de coiffe, mais est désormais montée sur une armature métallique. Cette armature est constituée d'un cerclage métallique jointif par trois rivets mécaniques, fixant par la même occasion la patte arrière maintenant le cerclage dans la bombe du casque.
Le cerclage, comportant 11 trous répartis de façon équitable sur sa partie supérieure pour la fixation ultérieure de la coiffe à l'aide d'attaches parisiennes, est maintenu à l'intérieure de la bombe par trois pattes métalliques (coudées) chacune rivetés à l'intérieure de la bombe par un rivet mécanique. Les points de fixation de la coiffe sont plus élevés que ceux d'origine, trois trous supplémentaires sont donc pratiqués 5 centimètres plus haut que les précédents (qui ne sont pas bouchés).
Les pattes latérales de la coiffe, maintiennent aussi les deux passants de la jugulaire. Les pattes latérales de maintien du cerclage sont maintenues à celui-ci avec deux rivets mécaniques. Contrairement au casque Ssh 39, l'armature de maintien de la coiffe n'est pas peinte.
Ces coiffes sont fabriquées avec les moyens du bord. Le bandeau de feutre dentelé est abandonné au profit d'un bandeau constitué de plusieurs couches de tissu de récupération et afin de palier le manque d'épaisseur de ce bandeau, trois boudins rembourrés d'ouate sont cousus au bandeau dentelé en tissu.
Il existe une multitude de variantes de ce type de coiffe, souvent fabriquée avec des matériaux de récupération, on observe donc un panachage de couleur dans les toiles utilisées, ainsi que dans la couleur et texture du bandeau en "graleks", pouvant aussi être absent.

Autres exemples.
Autres exemples.
Autres exemples.

La jugulaire :

Passant de jugulaire riveté.
Passant de jugulaire riveté.
Passant de jugulaire soudé.
Passant de jugulaire soudé.
Passant de jugulaire rapporté.
Passant de jugulaire rapporté.
Passant de jugulaire, coiffe type Ssh 39.
Passant de jugulaire, coiffe type Ssh 39.

La jugulaire est maintenue aux passants fixés de part et d'autre du casque. Pour les bombes dont le rivetage est visible, les anneaux de maintien de la jugulaire sont maintenus aux points d'ancrage latéraux de la coiffe. La base des deux agrafes latérale se prolonge vers l'extérieur, par une enchapure enfermant un dé métallique rectangulaire, faisant office d'attache de jugulaire. A noter l'existence de passant de jugulaire rapporté, comme c'est le cas pour les casques Ssh 40. Ces passants, constitués d'une boucle dont la base est pris dans une patte métallique repliée sur elle-même et trouée afin d'être mise en place simultanément à l'agrafe de fixation de coiffe.

Pour les bombes ne comportant aucun rivet visible extérieurement, les passants de jugulaire sont composés d'un anneau rectangulaire, fabriqué dans un fil d'acier et dont la base est prise dans une enchapure repliée sur elle-même, jouant ainsi le rôle de charnière.
Cette enchapure est ensuite soudée électriquement et indépendamment des agrafes de fixation de coiffe de chaque coté du casque.

Enfin, pour les casques munis d'une coiffe de type Ssh 39, montée sur armature métallique, les passants sont maintenus aux deux pattes latérales soutenant le cerclage. Ils sont constitués d'un anneau rectangulaire généralement plat, aux angles arrondis (ce modèle sera conservé jusqu'au dernier modèle de casque russe en acier : casque Ssh 68), maintenu dans une patte métallique se repliant sur la base du passant, jouant ainsi le rôle de charnière. La patte métallique soutenant l'anneau est fixée en même temps que les pattes latérales maintenant le cerclage par deux rivets mécaniques.

Jugulaire en cuir.

Les premiers casques Ssh 36 furent munis d'une jugulaire semblable à celle montée sur le casque d'essai modèle 29 créé par le lieutenant Shvartz et son équipe.
Cette jugulaire, présente uniquement sur les casques munis d'une coiffe en cuir du premier type, est composée de deux parties. Une première partie est constituée d'une longue bande de cuir fauve, munie de plusieurs trous, composant autant de points de fermeture à la boucle à ardillon présente sur l'autre sangle.
Les deux parties de la jugulaire sont maintenues aux anneaux des passants de la bombe à l'aide d'un rivet.

On rencontre aussi des jugulaires dont la conception est très proche de celle équipant le casque Adrian modèle 15 de fabrication française.
Ces jugulaires sont constituées d'une longue sangle de cuir, généralement de couleur noire et dont les bords sont rainurés. Une de ses extrémités enchape une boucle carrée à échelle, à l'aide d'un rivet.
L'autre côté coulisse librement dans un des dés du casque puis dans la boucle de réglage et enfin se fixe sur le deuxième dé grâce à un second rivet. Elle n'est pas démontable.

Jugulaire type 1.

Jugulaire rivetée.
Jugulaire rivetée.
Jugulaire cousue.
Jugulaire cousue.
Jugulaire réparée par couture.
Jugulaire réparée par couture.
Boucle de fermeture.
Boucle de fermeture.
Extrémité renforcée par couture.
Extrémité renforcée par couture.
Jugulaire fermée.
Jugulaire fermée.

Le type de jugulaire le plus fréquemment rencontré sur les casques Ssh 36 sont principalement en coton. La jugulaire est composée de deux sangle en webbing de coton, de couleur beige, d'une largeur d'environ 1,5 centimètres pour une longueur d'environ 28 et 18 centimètres, respectivement pour les parties libre et avec boucle.
La partie droite de la jugulaire comporte la boucle de fixation à double passants, dont le dernier passant est dentelé pour assurer la fermeture. Cette boucle est fabriquée par emboutissage d'une tôle d'acier, de forme rectangulaire avec un coté arrondie. Cette partie comporte aussi un anneau fabriqué dans la même matière que la jugulaire, afin de maintenir l'excédent de jugulaire.
La partie gauche de la jugulaire, toute simple, se fixe en passant dans les deux fentes de la boucle. L'extrémité de cette partie est renforcée par couture pour éviter l'effilochement de celle-ci.
La fixation des deux parties de la jugulaire aux passants s'effectue à l'aide d'un rivet plat fendu, renforcé d'une rondelle, tout deux peints en vert olive. Cependant, on observe des jugulaires maintenues à l'aide d'un gros fil de couture. La jugulaire peut être simplement pliée au niveau des boucles des passants, ou pliée deux fois pour éviter l'effilochement de celle-ci.

Jugulaire type 2.

Jugulaire rivetée.
Jugulaire rivetée.
Boucle coulissante de réglage.
Boucle coulissante de réglage.
Anneau de toile de maintien de l'excédent de jugulaire.
Anneau de toile de maintien de l'excédent de jugulaire.

Le second type de jugulaire que l'on rencontre est fabriqué de manière identique à l'exception de la boucle de fermeture qui est désormais une boucle coulissante à deux passants, de forme carré.

Jugulaire type 3.

Jugulaire rivetée.
Passant de jugulaire riveté.
Boucle coulissante de réglage.
Passant de jugulaire soudé.

Les casques fabriqués ou remaniés durant le siège de Leningrad sont principalement munis d'une jugulaire fabriquée à partir de fine bande de cuir, doublée d'une bande de toile cousue sur toute la longueur.
Cette doublure en toile permet au cuir de ne pas se déformer en raison de la finesse de celui-ci.

Doublure en toile.
Doublure en toile.
Jugulaire fermée.
Jugulaire fermée.

Les marquages :

Les bombes.

Fabrication Ijevsk de 1936, taille 3.
Fabrication Ijevsk de 1936, taille 3.
Fabrication Ijevsk de 1936, taille 3.
Fabrication Ijevsk de 1936, taille 3.
Fabrication Ijevsk de 1937, taille 1.
Fabrication Ijevsk de 1937, taille 1.
Fabrication inconnu de 1938, taille 2.
Fabrication inconnu de 1938, taille 2.
Fabrication inconnu de 1939, taille 4.
Fabrication inconnu de 1939, taille 4.

Les casques Ssh 36 possèdent principalement deux marquages tamponnés à l'encre noire (sous réserve qu'ils ne se soient pas désagrégés avec le temps).
Le principal marquage à l'encre est le tampon du fabricant regroupant l'année de fabrication, la taille et le sigle du fabricant si la fabrication est identifiée. Le second tampon composé d'un numéro correspond sans doute à un tampon de contrôle et/ou de numéro d'atelier.
Les casques Ssh 36 présentent essentiellement les marquages 3И", ЛM3, la liste exhaustive de tous les fabricants ayant produit les casques Ssh 36 serait :
    - 3И" : "Zavod Ижевск" (Usine d'Ijevsk).
    - ЛM3 : "Lysvinskiy Metallicheskiy Zavod" (Usine métallurgique de Lysva).
    - LMZ : "Leningrad Metallurgicheskiy Zavod" (Usine métallurgique de Leningrad).
On note aussi des fabrications non identifiées, dont nous ignorons encore à l'heure actuelle le fabricant.
L'usine de Lysva, située à 100 kilomètres de Perm au pied des montagnes de l'Oural, marquée par ЛM3, a produit une certaines quantités de casques Ssh 36 au début des années 40. Cette usine a produit la majorité des casques Ssh 39 et Ssh 40 durant la grande guerre patriotique. Cette longévité de production est expliquée par le fort éloignement de l'usine de la ligne de front et donc hors de portée des bombardiers ennemis. Pour anecdote, l'usine de Lysva existe encore aujourd'hui et fabrique des produits de consommation.

Fabrication Lysva de 1941, taille 1.
Fabrication Lysva de 1941, taille 1.

Les marquages fabricants peuvent être appliqués sous forme rectangulaire, ou simplement écrit sur deux lignes. Ils comportent tous les indications suivantes. :
    - POCT, signifiant taille ("Rost" en russe). Cette mention n'est pas obligatoirement rencontrée.
    - Indication de la taille de la bombe du casque, quatre tailles possibles (1 : petite, 2 : moyenne, 3 : grande et 4 : très grande).
    - Sigle du fabricant (3И" ou ЛM3), si le fabricant identifie sa production. L'usine de Leningrad ayant très peu marqué sa production et étant de mauvaise qualité, aucun marquage de cette usine n'a été relevé jusqu'à ce jour.
    - Année de production, peut être écrite en entière ou seulement les deux derniers chiffres, suivie de la lettre russe "r" (G en alphabet latin) signifiant année.

Marquage estampé sur le coté.
Marquage estampé sur le coté.
Tampon de contrôle, fond de bombe.
Tampon de contrôle, fond de bombe.

Toutes les coques présentent un numéro estampé à froid sur la partie arrière ou sur un des deux décrochements du casque, et dont nous ignorons à ce jour la signification complète. Le premier chiffre de ce numéro correspond à la taille du casque (Cf tampon spécifiant la taille du casque, si celui-ci n'est pas effacé), le reste du numéro estampé se suit après un espace. Il semblerait toutefois que ce numéro corresponde à un numéro de lot ou d'acier, mais en aucun cas à une date.
On note aussi la présence de divers petits tampons de contrôle appliqués durant la production du casque.

Les coiffes.

Cachet de l'usine textile Ivanovo-Voznesensk.
Cachet de l'usine textile Ivanovo-Voznesensk.
Tampon d'acceptation de janvier 1937, acceptation N°12.
Tampon d'acceptation de janvier 1937, acceptation N°12.
Tampon de contrôle.
Tampon de contrôle.
Autre tampon.
Autre tampon.

Excepté des marquages de contrôle et d'indication de taille appliqués lors de la fabrication des coiffes, il est rare de trouver des marquages dans les coiffes en toile utilisées dans les casques Ssh 36. Toutefois, on peut rencontrer divers marquages appliqués au tampon encreur. Ces tampons pouvant être des marquages d'acceptation, comme c'est le cas pour ces marquages appliqués sur ce casque fabriqué et accepté en janvier 1937.
Toutefois le marquage "РОЧКО-КРАШЕНИЕ" (SOLID-TEINTURE), ainsi que le cachet circulaire de l'usine textile d'Ivanovo-Voznesensk nous montre que certains fabricants ont pu apposer leur marque sur certains éléments du casque.

РОЧКО-КРАШЕНИЕ - Marquage fabricant ?
РОЧКО-КРАШЕНИЕ - Marquage fabricant ?

Les insignes :

Etoile fine avec marteau et faucille.
Etoile fine avec marteau et faucille.
Etoile plus épaisse.
Etoile plus épaisse.

La majorité des casques Ssh 36 arborent le symbole du régime communiste en vigueur dans le pays. Représenté par une étoile rouge à 5 branches, ce symbole est appliqué sous différentes formes. On rencontre essentiellement deux versions, toute deux appliquées au pochoir :
    - La première est une étoile au trait fin, d'environ 2 millimètres, au centre de laquelle figure le marteau et la faucille symbole du communisme. A de rare occasion, cette étoile fut peinte de couleur blanche, notamment employé dans le conflit opposant l'URSS à la Finlande.
    - La seconde version représente une étoile, aussi appliqué au pochoir mais dont les traits sont plus épais (environ 3 millimètres d'épaisseur).
Plus rarement, on peut rencontrer des étoiles pleines peintes en rouge, visibles sur des photos de défilés sur la place rouge de Moscou.

Quelques exemples

Exemple 1. Exemple 1. Exemple 1.
Fabrication "Zavod Ижевск" (Usine d'Ijevsk) de 1936.

Exemple 2. Exemple 2. Exemple 2.
Fabrication inconnu de 1937.

Exemple 3. Exemple 3. Exemple 3.
Fabrication inconnu, exemplaire utilisé au sein de la "Luftschutz".

Exemple 4. Exemple 4. Exemple 4.
Exemplaire remanié par "Leningrad Metallurgicheskiy Zavod" durant le siège de Leningrad.