Ukraine

Ukraine

Casque Euromaïdan

Euromaïdan

Euromaïdan. Euromaïdan.
Euromaïdan. Euromaïdan.
Euromaïdan. Euromaïdan.
Euromaïdan. Euromaïdan. Euromaïdan.

Une fois n'est pas coutume, cette page abordera l'utilisation de casques militaires lors des événements de la place de l'indépendance (Maïdan) de Kiev en Ukraine survenus entre le 21 novembre 2013 et le 22 février 2014. Ces manifestations ont été marquées par de fortes violences entre le 30 novembre et le 8 décembre 2013, qui n'ont fait qu'accroître les mouvements de protestation, avec entre 250 000 et 500 000 manifestants au moment le plus fort. Du 18 au 21 février 2014, des affrontements ont à nouveau éclaté, faisant plus de 80 morts parmi les manifestants.
Pour contextualiser ces événements, il est important de rappeler la situation de l'Ukraine à la suite de l'implosion de l'Union Soviétique et son indépendance de 1991, lorsque le pays se développe plus difficilement que ses voisins : Hongrie, Slovaquie et Pologne à l'Ouest qui seront intégrés à l'Europe, et la Russie à l'Est. Au niveau géopolitique, l'Ukraine est considérée à la frontière des influences économiques et politiques de l'OTAN et de la Russie.
Viktor Iouchtchenko, clairement pro-Union européenne et pro-OTAN, accède à la présidence en 2005 puis est battu en 2010 par Viktor Ianoukovytch qui à l'inverse est proche de la Russie. Selon un sondage effectué en décembre 2008, 44,7% de la population ukrainienne s'est dite favorable à une adhésion du pays à l'Union européenne tandis que 35,2% des sondés se sont dits contre. En 2013, alors que l'Ukraine est proche du défaut de paiement et qu'elle enregistre de plus une récession de 2 %, il lui reste, fin novembre 2013 : 18,79 milliards de dollars de réserves de change et elle doit en 2014 rembourser 7 milliards de dollars à ses créanciers, la Russie lui réclamant par ailleurs 17 milliards de dollars de facture de gaz naturel. Le 18 décembre 2013, le président russe Vladimir Poutine annonce la levée des barrières douanières entre l'Ukraine et la Russie, ainsi que son intention de baisser le prix de son gaz et d'offrir au gouvernement ukrainien un prêt de 15 milliards de dollars. Lors des négociations entre l'Union européenne et l'Ukraine, le premier ministre ukrainien Mykola Azarov avait demandé à l'Union européenne un prêt de 20 milliards d'euros, qui lui fut refusé, l'Union européenne promettant néanmoins une aide financière.
Les manifestations naissent après que le président Viktor Ianoukovytch annonce, le 21 novembre 2013, qu'il ne signera pas l'accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne, prévu pour le 29 novembre 2013. De cette volte-face apparaissent des manifestations en faveur d'un rapprochement avec l'Europe, composées principalement d'étudiants. Ces manifestations sont rapidement suivies et entretenues par les partis de l'opposition Bat'kivchtchyna (Ioulia Tymochenko), UDAR (Vitali Klitschko) et Svoboda (Oleh Tyahnybok), qui demandent le départ du président Ianoukovytch, qu'ils accusent d'avoir « vendu le pays pour s'acheter un poste de gouverneur dans l'empire russe ». Sur la place de l'Indépendance, les drapeaux ukrainiens et européens se côtoient, montrant à la fois l'attrait pour l'Union européenne et une volonté d'indépendance politique.
Les tentatives de faire taire ces manifestations ne feront que grossir le mouvement. Dès lors, la lutte se portera davantage contre la corruption généralisée, le glissement vers la dictature et l'ingérence du pouvoir russe.
Dans la nuit du 29 au 30 novembre 2013, environ 10 000 manifestants sont délogés de la place Maïdan par la police anti-émeute.
Cette évacuation fera plusieurs dizaines de blessés et mettra le feu aux poudres en entraînant des protestations internationales, un appel à la grève générale, de nouveaux rassemblements, l'occupation de la mairie de Kiev, le blocage des sites gouvernementaux ainsi que le limogeage de plusieurs personnalités de la mairie de Kiev. Le nombre de manifestants monte alors à plus de 100 000 personnes, qui réclament le départ du président Viktor Ianoukovytch.

Euromaïdan.
Euromaïdan.

Le 8 décembre, les militants de Svoboda abattent la statue de Lénine installée depuis 1946 près du marché de Bessarabie, symbole de la « domination russe » sur leur pays. Cette journée a également connu la plus grande manifestation depuis la révolution orange de 2004 (un million de personnes selon les organisateurs). Une contre-manifestation de 1 500 personnes, pro-Ianoukovytch, a également été mise en place, mais dont les participants étaient rémunérés, voire convoqués. Vitali Klitschko, officiellement soutenu par les Démocrates et les Républicains des États-Unis, ainsi que par la CDU d'Angela Merkel, est l'un des leaders des manifestations, même si l'ancienne Première ministre Ioulia Tymochenko, toujours incarcérée, exerce une certaine influence. Plusieurs prêtres de l'Église orthodoxe d'Ukraine (Patriarcat de Kiev) se sont joints aux manifestants (organisant hébergements et prières collectives) pour protester à la fois contre le régime et contre le prosélytisme du Patriarcat de Moscou.
La violence s'accentue les semaines suivantes, et, le mercredi 22 janvier, sont découverts les corps de deux premières victimes, une tuée par balles et une autre battue à mort. À ces deux victimes s'ajouteront 2 autres personnes lors des heurts dans la rue Hroushevski de ce mercredi, entre manifestants et forces policières. En réponse à cette flambée de violence, le gouvernement autorise la police à prendre des mesures plus draconiennes pour arrêter les émeutes. Celle-ci peut désormais réduire les accès routiers et utiliser des canons hydrauliques contre les manifestants, malgré les températures qui atteignent jusqu'à −10 °C. Malgré cette mesure, 50 000 manifestants se sont présentés.
Le 22 janvier toujours, des policiers détruisent un centre médical de la Croix-Rouge dans la rue Hroushevski où des manifestants se faisaient soigner, et deux douzaines d'hommes cagoulés font irruption dans les bureaux d'une chaîne locale de Kiev.
À la suite de la diffusion d'images montrant les brutalités et les humiliations exercées par la police (manifestants obligés de se tenir entièrement nu par des températures négatives, d'autres roués de coups au sol), les forces de l'ordre s'excusent. Les Berkout (forces spéciales ukrainiennes, ayant succédé aux OMON soviétiques) s'illustrent particulièrement par leur brutalité.
Dès lors, les manifestants s'organisent et s'équipent comme ils le peuvent autour de la place Maïdan pour se protéger des heurts dignes d'une guerre civile. De nombreux protestants défient les lois en vigueur et les tournent en dérision en portant des "casques" plus ou moins invraisemblables tels des casseroles et passoires en tous genres.

Parallèlement, des milices de protection furent créées autour des manifestants pour assurer leur protection et le combat en bataille rangée entre manifestants et troupes anti-émeute gouvernementales. Organisées de manière paramilitaire, ces milices manifestantes s'équipèrent sur les surplus de l'ex-armée soviétique basée en Ukraine, et se coiffèrent rapidement de casques de l'ex-URSS : casques Ssh 40, 60 et 68, sans oublier de nombreux casques civils de motard et autres casques militaires étrangers.
Ce mouvement de protestations est rapidement surnommé Euromaïdan (en ukrainien : Євромайдан, Yevromaïdan ; en russe : Евромайдан, Yevromaïdan) en référence au mouvement pro-Union européenne et la place Maïdan épicentre de ces manifestations. Ces événements furent aussi surnommés révolution des casques en raison du nombre important de coiffures de protection ayant équipé les manifestants.
Ce mouvement débouche le 22 février 2014 sur la destitution puis la fuite du président Viktor Ianoukovytch, remplacé par Oleksandr Tourtchynov, la libération de Ioulia Tymochenko et la mise en place d'un nouveau gouvernement dirigé par Arseni Iatseniouk.
Malgré un rapprochement envers l'Union européenne, les activistes pro-Russie profitèrent de cette révolution ukrainienne pour effectuer un rattachement de certaines régions de l'Ukraine de l'Est, notamment le Donbass et la presqu'île de Crimée, à la Russie. Ces régions, en guerre depuis ces événements, sont d'un intérêt stratégique indéniable pour la Russie, avec notamment les ressources minières du Donbass et le port militaire de Sébastopol en Crimée dominant la mer noire.

Cas d'utilisation d'un casque Ssh 40.

Exemple de ces utilisations de casques soviétiques lors des événements de Maïdan, ce casque Ssh 40 fabriqué en 1953 dans les usines « Octobre rouge » à Stalingrad (actuellement Volgograd) utilisé par un manifestant lors des révoltes de la place Maïdan de Kiev. Ce casque aurait été ramassé dans la rue Instytutska menant à la place Maïdan après la charge anti-émeute des Berkouts du 18 février 2014.
Ce casque présente sur sa face avant un symbole arboré par les milices manifestantes de ces événements comme l'atteste les photos d'époque. Il présente aussi des autocollants prônant la destitution du président Ianoukovytch, la fraternité ukrainienne et un rapprochement de l'Ukraine avec l'Europe.
Du scotch fut probablement appliqué à l'arrière du casque pour l'application d'un élément supplémentaire de protection.

Ssh 40 Euromaïdan - vue de biais.
Vue de biais.
Ssh 40 Euromaïdan - vue de biais.
Vue intérieure.
Ssh 40 Euromaïdan - marquage.
Fabrication de l'usine "Octobre rouge" de Stalingrad (actuellement Volgograd) en 1953.
Ssh 40 Euromaïdan - vue de biais.
Vue avant.
Ssh 40 Euromaïdan - vue de biais.
Vue côté gauche.
Ssh 40 Euromaïdan - vue de biais.
Vue arrière.
Ssh 40 Euromaïdan - vue de biais.
Vue côté droit.
    Plus

Casque russe Ssh 40 !