Casque Modèle 18

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Fiche

  • Dénomination : modèle ordonnance 1918.
  • Conçu par le colonel Imboden.
  • Destiné à une utilisation générale.
  • Coiffe en cuir constituée de 3 pattes, rembourrées par un coussinet et cousues sur un cerclage.
  • Jugulaire simple en cuir et fixation par crochet à ressort.
  • Variante : modèle 18/40 et 18/63.
  • Camouflage par couvre-casque.
  • Fabriqué à partir de 1918.
  • Distribué à partir de 1918.
  • Pays d'origine : Suisse.
  • Période d'utilisation : de 1918 à 1971.
  • Matériaux : acier au manganèse de 1,15 mm.
  • Poids : 1220 et 1230 gr.
  • Taille : 2 tailles, A et B.
  • Couleur : vert olive, gris-azur, ou noir.
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Casque modèle 18 vert, attribution Police/Gendarmerie, daté 1932.

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Casque modèle 18 gris-azur, attribution DCA et organisations auxiliaires, daté 1936.

Historique

Avec l'avènement des armes modernes, on assiste à un retrait des casques en acier dans toutes les armées du monde. La Suisse ne dérogea pas à cette tendance et les casques métalliques disparurent de l'armée fédérale suisse, hormis pour les soldats du feu.
Malgré cette tendance, la Suisse n'attendit pas de rentrer en guerre pour étudier différents projets de casques pour équiper son armée. Ainsi, différents prototypes de casques furent présentés de 1904 à 1914 : aucun d'eux ne fut jugé apte au service, présentant soit une trop faible résistance, soit une fabrication trop complexe.
Lorsque la première guerre mondiale éclata en 1914, l'armée Suisse fut mobilisée à titre préventif et resta équipé du képi ou du shako en feutre. Aucune de ces deux coiffes n'offrait une quelconque protection contre les éclats d'obus, projectiles de tout calibre, même les plus faibles et à longue distance.
Dès le début de la guerre, les principaux acteurs de la guerre étudièrent la question d'une protection individuelle, devant le grand nombre de perte, dû principalement à une absence totale de protection crânienne contre les éclats d'obus.
La France fut la première à proposer un casque adapté à une guerre moderne : le casque Adrian modèle 15, adopté en 1915.
L'Allemagne et l'Angleterre firent de même en adoptant chacune leur propre modèle : le Stahlhelm 16 et le casque Mark I. Ces casques ont, en règle générale, des profils rappelant les guerres médiévales.

Dès le début des hostilités, même si la Suisse n'était pas concernée, de par sa neutralité, un groupe d'officiers étudia la question de la protection crânienne par un casque d’acier. Entre autres, le major Turin et le colonel Vogel qui menèrent de leur coté des recherches très poussées pour la création d'un casque de conception suisse.
En 1916, l'artiste Charles L'Eplattenier fut chargé, par le colonel divisionnaire de Loys, d'étudier et de créer un casque métallique. Son travail s'inspira des travaux effectués en 1914 par le groupe d'officiers ayant déjà pris cette initiative.
Dès le début de ses recherches, L'Eplattenier se heurta aux difficultés de fabrication d'un casque en acier épais, résistant aux projectiles à haute vélocité. En effet, la fabrication par forgeage de ce type d'acier est complexe et chère ! De plus, un casque, protégeant toute sa surface de manière efficace, se révèle lourd et encombrant.
Un choix devait être fait pour créer un casque alliant légèreté, bonne aération et une bonne robustesse pour une plaque d'acier de 0,7 mm.
De ses recherches, résultat un modèle qu'il présenta deux modèles (Type I et type II) le 5 janvier 1917, qui furent mis à l'essai dans l'armée.
Malheureusement, L'Eplattenier se heurta à quelques difficultés pour la fabrication. En effet, il fallait trouver une usine, puis la fabrication par emboutissage nécessitait une presse puissante et enfin, en période de conflit, l'acier est devenu une matière très recherchée !

Croquis de L'Eplattenier.
Croquis de L'Eplattenier.
Prototype de L'Eplattenier. Prototype de L'Eplattenier. Prototype de L'Eplattenier.
Prototype de L'Eplattenier - Type II.
Casque US expérimental N° 5.
Casque US expérimental N° 5.

Dès août 1917, des recherches parallèles furent menées par le colonel Imboden pour la création d'un casque plus approprié et plus simple à fabriquer et dont la conception est basée sur le casque Allemand de l'époque et rappelle fortement le casque expérimental US N°5, dont Imboden s'est sans doute inspiré pour la création de son casque. Le modèle expérimental US N°5 reprenant déjà la forme du casque allemand.
De ses recherches fut créé un modèle qui sera fabriqué à la MetallwarenFabrik de Zug en octobre de la même année.
Le casque du colonel Imboden fut présenté et il emporta une grande majorité de voix quant à son adoption. Les travaux de L'Eplattenier furent donc laissés de coté, ce qui décevra grandement Charles l'Eplattenier (pour anecdote, celui-ci porta plainte en 1918 auprès du tribunal fédéral et obtint gain de cause en 1919, en recevant 30 000 francs suisses de dommages et intérêts).
De plus, la présentation du casque de Imboden fit des émois auprès d'une firme Allemande, sans doute productrice du Stahlhem 16, car le modèle Suisse était considéré comme un plagiat du modèle Allemand. Invoquant la protection des biens culturels, cette firme se vit reverser 5000 francs Suisse de dédommagement.
C'est finalement le 13 février 1918 que le casque du colonel Imboden fut officiellement adopté et sera désigné par modèle d'ordonnance 1918.
Ce casque reprenant la ligne du casque Allemand modèle 16, mais de manière plus harmonieuse, reprenait aussi la coiffe de celui-ci. La ressemblance avec le casque expérimental US N°5 est frappante.

Dès le début de la fabrication, la production atteignit 300 à 400 casques produit par jour, dont les 2/3 sont produits en petite taille et les 1/3 restant en grande taille. Le prix de revient est d'environ 21 francs suisses de l'époque.
Très vite des défauts de conception apparurent, en effet, on reprocha à la jugulaire de ne pas être solidement fixée à cause du poids du casque, de plus les trous d'aération sont mal placés et trop grand, causant des rhumes. Puis, le casque repose sur les trois points saillant de la tête (front et les deux cotés), ce qui cause des douleurs en cas de port prolongé.
Le casque modèle 18 fut fabriqué jusqu'en 1940, date à laquelle il fut légèrement modifié : adoption du casque modèle 18/40. On estime que 603 000 unités furent fabriquées durant cette période. Il sera utilisé essentiellement par l'armée mais aussi par les organisations auxiliaires comme la défense passive, la DCA, la police/gendarmerie et les pompiers.
Il fut utilisé bien au-delà de cette période et la quasi-totalité des modèles 18 fut repeinte en gris anthracite granité avec de la sciure en 1943.

Il est intéressant de noter que en novembre 1932, une fabrication sous licence de 10 000 exemplaires sera accordé au Brésil puis à l'Argentine peu de temps après.

Casque modèle 18. Casque modèle 18. Casque modèle 18. Casque modèle 18.

Constitution

La coque est formée d'un bloc par emboutissage d'une feuille d'acier au manganèse de 1,15 mm d'épaisseur. La forme est profonde et sa surface de protection couvre bien les oreilles et la nuque.
Les bords du casque sont retournés à l'intérieur puis deux trous sont effectués sur la partie arrière supérieure du casque pour apposer les oeillets d'aération.
Ensuite, six agrafes sont soudées à l'intérieur pour la fixation ultérieure de la coiffe.
La coque est enfin peinte de couleur vert olive satiné pour le compte de l'armée, et de la police/gendarmerie. En noir pour le corps des pompiers et la défense passive, puis en gris-azur pour la DCA et les services auxiliaires.

A noter que la quasi-totalité des casques modèle 18 a été reconditionnée en 1943 en étant repeint en gris anthracite, mélangé à de la sciure de bois.
Ce qui rend difficile l'identification d'un casque modèle 18 reconditionné 43 par rapport aux casques modèle 18/40 et 18/63.

Armée/Police : vert olive.
Armée/Police : vert olive.
DCA, services auxiliaires : gris-azur.
DCA, services auxiliaires : gris-azur.
Défense passive/Pompier : noir.
Défense passive/Pompier : noir.
Reconditionnement en 1943.
Reconditionnement en 1943.
Coiffe.
Coiffe.
Patte de coiffe, avec poche cousue.
Patte de coiffe, avec poche cousue.
Coussinets de rembourrage de coiffe.
Coussinets de rembourrage de coiffe.
Cerclage et agrafes de fixation.
Cerclage et agrafes de fixation.

La coiffe est composée de trois parties en cuir, dont la base se scinde en deux parties. Chacune des extrémités de chaque partie de la coiffe comporte un oeillet. La hauteur de la coiffe se règle par un lacet passant dans les six oeilletons.
Chaque partie en cuir de la coiffe comporte une poche en toile cousue sur sa partie interne. Chacune de ses poches est garnie d'un coussinet en tissu, rempli de crin de cheval, pour rembourrer la coiffe (le fait d'ôter ou de vider les coussinets permet de régler la coiffe dans sa circonférence). Le maintien du coussinet dans sa poche est assuré par un lacet.
A noter que les marquages du fabricant, ainsi que l'année de production sont tamponnés à l'encre noire, sous la patte avant.
Ensuite, chacune de ces parties est cousue sur un cerclage. Le cerclage est composé de trois arceaux métalliques se rejoignant à l'avant, et recouverts de toile.
La coiffe est enfin fixée au casque avec les six agrafes soudées à la coque. Il est intéressant de noter que les agrafes sont prises dans chaque patte de la coiffe (deux petits incisions dans le cuir étant prévues à cet effet).

Passant de jugulaire.
Passant de jugulaire.
Crochet à ressort.
Crochet à ressort.
Anneau de fixation.
Anneau de fixation.
Boucle arrondie, précoce.
Boucle arrondie, précoce.
Boucle aplatie, tardive.
Boucle aplatie, tardive.

La jugulaire est en cuir, longue d'environ 40 centimètres pour 2 centimètres de large. Elle se règle à l'aide d'une boucle et sa fixation s'effectue par un crochet à lame ressort, riveté à la jugulaire, s'attachant à un anneau métallique. Le passant de jugulaire et la bride de fixation sont fixés entre la coque et la coiffe aux agrafes latérales (à la seconde et cinquième agrafe en partant de l'arrière du casque). A noter que les parties métalliques de la jugulaire sont peintes dans le même vert que le casque.

Attention de ne pas confondre le modèle 18 avec le modèle 18-40 :

Le casque modèle 18 diffère des casques M18/40 et M18/63 sur les points suivants :
    - Cerclage de la coiffe complet, cuir identique entre 18/18 et 18/40 puis différente sur le 18/63.
    - Hauteur de la visière et de la nuquiére différente (données non exhaustives, dépendent des fabricants).
    - La visière du modèle 18 est plus arrondie que le casque modèle 18/40.
    - Les flancs du casque modèle 18, au niveau du décrochage des oreilles, présentent un plat plus prononcé que le casque modèle 18/40.
    - Peinture de couleur vert olive satinée. La couleur n'influence plus lors d'un reconditionnement, seule la forme compte en faisant un comparatif avec un M18/40. Il en est de mème pour un rare casque modèle 18/40 vert.
    - Marquage du matricule en rouge précédé de la lettre d'affectation (en blanc à partir du 18/40).

Attention : Le cerclage de coiffe complètement fermé n'est pas suffisant pour affirmer qu'il s'agit d'un modèle 18 car les coiffes ont été réutilisées postérieurement dans les 18/40 pour la DP. De plus, le cerclage ouvert est apparut en cours de production du modèle 18/40.

Comparatif visière.
Comparatif visière.
Comparatif nuquière.
Comparatif nuquière.
Comparatif visière et flan.
Comparatif visière et flan.
    Plus

Les couvre-casques Suisses !

Attributions

Armée :

Matricule de l'armée.
Matricule de l'armée.

Les casques attribués à l'armée sont peints en vert olive satinée. Le matricule est précédé de la lettre A : A pour Armée.

Police/Gendarmerie :

Matricule de la police/gendarmerie.
Matricule de la police/gendarmerie.

Les casques attribués à la gendarmerie ou la police sont peints en vert olive satinée, même couleur que l'armée. Le matricule est, quant à lui, précédé de la lettre P : P pour Polizei.

Autocollant de la gendarmerie cantonale du canton de Fribourg.
Autocollant de la gendarmerie cantonale du canton de Fribourg.

Pompiers et défense passive :

Matricule du corps des pompiers.
Matricule du corps des pompiers.

Les casques distribués à la défense passive ou aux pompiers sont peints en noir. Seuls les casques de pompiers possèdent un matricule, qui est précédé de la lettre F : F pour Feuerwehr.
Les casques de pompiers peuvent présenter un insigne de canton ou relatif à leur corps sur la partie frontale.

DCA et services auxiliaires :

Matricule de la DCA.
Matricule de la DCA.

Les casques distribués à la DCA, ou aux services auxiliaires ne possèdent pas de lettre devant le matricule, et sont peints de couleur gris-azur.