Pays-Bas
Casque Modèle 27
Fiche
- Dénomination : modèle 1927 "Nieuw Model".
- Destiné à une utilisation générale (armée, "Koninklijke Marechausse", "Korps Mariniers"),
puis après 1945 fut reversé à la protection civile ("Bescherming Bevolking"). - Coiffe constituée de trois pattes en cuir et d'une nuquière réglable.
- Jugulaire en cuir et fermeture par boucle.
- Insigne de la royauté "Lion de Nassau" soudé à la coque.
- Caractéristique : fente de transport sur la nuquière.
- Variante : modèle 34.
- Fabriqué à partir de 1927.
- Distribué à partir de 1928.
- Pays d'origine : Pays-Bas.
- Période d'utilisation : de 1928 aux années 1950.
- Matériaux : acier.
- Poids : 1080 gr.
- Taille : 2 (coiffe réglable à l'aide de la nuquière).
- Couleur : Vert foncé granité à vert olive lisse pour l'armée et le "Korps Mariniers", bleu marine foncé pour la "Koninklijke Marechausse".
Repeint de couleur kaki/gris pour la "Bescherming Bevolking".

Modèle 27 fabriqué par l'arsenal d'Artillerie Inrichtingen en 1932, réceptionné en 1933.

Modèle 27 fabriqué par l'arsenal d'Artillerie Inrichtingen en 1932, réceptionné en 1934.

Modèle 27 fabriqué par VERBLIFA en 1933, réceptionné en 1934.

Modèle 27 redistribué à la "Koninklijke Marechaussee", réceptionné en 1933.
Historique
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Au déclenchement de la Première Guerre mondiale le 28 juillet 1914, les Pays-Bas mobilisent environ 200 000 hommes dès le 31 juillet afin de préserver leur neutralité. Cette disposition permet au pays d'échapper aux hostilités et de rester neutre durant tout le conflit, période au cours de laquelle les défenses nationales ne cessent d'être renforcées. L'armée néerlandaise atteint ainsi un effectif d'environ 450 000 hommes en 1918. |
![]() Modèle 16 D "Röchling". |



Constitution
La coque :
![]() Vue avant. |
![]() Vue de coté. |
![]() Vue arrière. |
![]() Vue de dessus. |
![]() Lion héraldique des Pays-Bas. |
![]() Revers de l'insigne, soudé sur le pourtour. |
![]() Fente de transport. |
![]() Insigne, peinture vert foncé granité - 1927-1929. |
![]() Insigne, peinture vert plus clair moins granité - 1932-1933. |
![]() Insigne, peinture vert olive lisse - 1933. |
La bombe du casque hollandais modèle 27 est fabriquée en deux tailles : une taille standard et une grande taille, identifiable par un tampon "GR" appliqué sur le cerclage de coiffe entre les deux pattes avant. Elle est réalisée d'une seule pièce par emboutissage progressif d'une plaque d'acier. Après mise en forme, la bordure du casque est découpée, évasée vers l'extérieur puis retournée vers l'intérieur sur environ 5 millimètres afin d'adoucir le tranchant.
La coque est ensuite percée de sept trous destinés à la fixation des éléments intérieurs. Ces trous suivent une ligne oblique partant de la visière et s'élevant vers l'arrière afin de positionner correctement l'imposante nuquière au niveau de la nuque du porteur.
Comme l'ensemble des casques hollandais, le modèle 27 est doté à l'arrière d'une fente de transport oblongue de 22 x 4 millimètres. On observe toutefois certains décalages de cette fente par rapport à l'axe central du casque. Cette ouverture permet d'accrocher le casque au paquetage ou au ceinturon à l'aide de la longue jugulaire.
Les casques destinés à l'armée — Maréchaussée royale incluse — reçoivent un insigne repris ultérieurement sur le casque modèle 34. Fabriqué en cuivre embouti et de forme ovale, cet insigne de 7,8 centimètres de haut pour 6,2 centimètres de large représente les armoiries de la maison Orange-Nassau : un lion couronné, armé et lampassé de gueules, tenant un faisceau de sept flèches ainsi qu'une épée d'argent.
Cet insigne est soudé à l'étain sur la coque et peint de couleur de couleur noir. On note toutefois certains exemplaires dont l'insigne a été décapé afin d'en améliorer l'aspect esthétique. La partie noire de l'insigne est masquée lors de la mise en peinture du casque, ce qui noie la bordure de l'insigne dans la peinture finale.
La bombe est peinte de manière satinée avant l'installation des éléments intérieurs. La teinte évolue au cours de la production du modèle 27, allant du vert olive foncé au vert olive plus clair durant les dernières années de fabrication, variation dépendant également du fabricant. Les casques destinés à la Maréchaussée royale ("Koninklijke Marechaussee") reçoivent une peinture satinée bleu marine très foncé, apparaissant presque noire. Certains exemplaires réattribués à la Maréchaussée royale sont quant à eux repeints en noir. Les têtes de rivets de fixation de l'aménagement intérieur sont peintes à la main dans une teinte identique à celle du casque.
![]() Artillerie Inrichtingen - 1931 C. |
![]() Artillerie Inrichtingen - 1932 BB. |
![]() Artillerie Inrichtingen - 1932 DY. |
![]() Artillerie Inrichtingen - 1932 KF. |
![]() Modèle 27 fabriqué par Artillerie Inrichtingen en 1932, assemblé en 1933 et réceptionné en 1934. |
Le casque modèle 27 est fabriqué par deux sociétés présentant chacune des caractéristiques de production spécifiques. Les exemplaires produits par l'arsenal d'Artillerie Inrichtingen à Hembrug, près d'Amsterdam, sont identifiables par les deux derniers chiffres de l'année de fabrication accompagnés d'une à deux lettres de lot estampés au fond de la bombe. Ces casques présentent une peinture texturée obtenue par adjonction de sable. Le grain s'affine progressivement au fil des années tandis que la teinte s'éclaircit jusqu'à atteindre celle appliquée ultérieurement sur les casques modèle 34. |
![]() Modèle 27 fabriqué par VERBLIFA en 1933. |
![]() VERBLIFA - 1933 CI. Les casques produits par les usines Vereenigde Blikfabrieken à Krommenie/Amsterdam (VERBLIFA) sont identifiables par un marquage estampé sous la fente de transport. Ce marquage, similaire à celui utilisé par l'arsenal d'Artillerie Inrichtingen, comprend les deux derniers chiffres de l'année de fabrication accompagnés d'une à deux lettres de lot. Ce système sera repris sur les casques modèle 34 fabriqués de 1934 à mi-1939 par cette même société. |
"Koninklijke Marechaussee".
![]() Vue avant. |
![]() Vue de coté. |
![]() Vue arrière. |
![]() Vue de dessus. |
![]() Vue intérieure. |
![]() Réception en 1933. |
![]() Marquage à l'encre. |
Le Corps de Maréchaussée est créé le 26 octobre 1814 par le roi Guillaume Ier des Pays-Bas afin de remplacer la gendarmerie française héritée de la période napoléonienne. Le terme "maréchaussée", associé à l'Ancien Régime français, est préféré à celui de "gendarmerie", jugé trop lié à la Révolution française. Intégrée à l'armée néerlandaise, cette force assure à la fois des missions de maintien de l'ordre, de sécurité publique, de surveillance des routes et de police militaire. Dans de nombreuses petites communes des provinces méridionales, elle constitue durant longtemps la seule présence policière permanente.
Au début du XXe siècle, la Maréchaussée reçoit également des missions protocolaires et de protection royale. En 1908, la reine Wilhelmine des Pays-Bas lui confie la garde des palais royaux, mission encore aujourd'hui associée au surnom traditionnel de "klompendienst" ("service des sabots").
Durant les années précédant la Seconde Guerre mondiale, la Maréchaussée participe à l'application de la politique néerlandaise de fermeture des frontières aux réfugiés juifs après la Nuit de Cristal de 1938. Sous l'occupation allemande, le 5 juillet 1940, elle est fusionnée avec d'autres forces de police néerlandaises et perd temporairement son statut militaire ainsi que l'appellation "royale". Une partie du corps reste toutefois active auprès du gouvernement néerlandais en exil au Royaume-Uni et assure des missions de police militaire au sein de la Brigade Princesse Irène.
Après 1945, la Maréchaussée royale est réorganisée et retrouve son statut militaire. Elle se spécialise alors dans la surveillance des frontières, les missions de police militaire et la protection des institutions royales et étatiques.
Dans l'entre-deux-guerres et durant les premières années de la Seconde Guerre mondiale, la Maréchaussée royale néerlandaise utilise des casques modèle 27 issus des stocks de l'armée néerlandaise. Afin de les différencier des équipements militaires standards, ces casques sont repeints dans une teinte bleu marine très foncé, apparaissant souvent presque noire. Cette finition spécifique permet d'identifier visuellement les unités de la Maréchaussée tout en conservant un équipement identique à celui de l'armée en matière de protection balistique.
La coiffe :
![]() Rivet de fixation. |
![]() Cerclage en cuir, jointure par deux rivets. |
![]() Vue d'ensemble du cerclage en cuir. |
![]() Patte de coiffe. |
![]() Doublure en feutre. |
![]() Ensemble patte de coiffe et doublure en feutre. |
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La coiffe du casque modèle 27 reste très proche de celle installée dans les casques modèle 16 et sera reprise à l'identique pour le casque modèle 34. Elle est assemblée sur un cerclage constitué d'une à deux épaisseurs de bande de cuir larges de 2,2 centimètres pour environ 3 millimètres d'épaisseur, dont les extrémités amincies sont solidarisées par deux rivets tubulaires vernis en noir. La ou les jointures du cerclage en cuir sont placées sur les côtés lors du montage de la coiffe. Nous avons notamment observé une coiffe dont le cerclage est constitué de deux épaisses bandes de cuir jointives sur les côtés pour le seul sellier identifié comme fabricant de coiffes pour le casque modèle 27 : O.P. DE BOOY, sans qu'il soit possible d'affirmer s'il s'agit d'une caractéristique propre à ce fabricant. |
![]() Doublure en feutre de la coiffe. |
![]() Renfort en cuir d'un point de fixation. |
Le point de fixation du cerclage par rivet peut être renforcé par un morceau de cuir lorsque l'orifice du cerclage est trop important. |

Détails lignes de couture d'assemblage de la patte de coiffe et de la nuquière.

Nuquière avec sa boucle de réglage.
La coiffe est complétée par une nuquière constituée d'une bande de cuir en demi-lune destinée à épouser l'arrondi du cerclage. Celle-ci mesure approximativement 34 centimètres de longueur pour 7,5 centimètres de largeur en son centre. La nuquière est parcourue par une sangle réglable à boucle à ardillon passant au travers de 14 fentes et permettant d'ajuster sa tension. Elle est solidaire du cerclage par le même trait de couture utilisé pour le maintien des éléments de coiffe. L'ensemble est renforcé par une seconde ligne de couture parcourant la moitié de la périphérie du cerclage.
![]() Lacet de réglage en profondeur. |
![]() Coiffe. |
Les marquages :
![]() Tampon d'acceptation de 1933. |
![]() Tampon d'acceptation de 1933. |
![]() Tampon d'acceptation de 1934. |
![]() Sellier O.P. DE BOOY. |
![]() Tampon d'acceptation appliqué sur la nuquière. |
La fabrication des bombes du casque modèle 27 ainsi que l'assemblage final sont réalisés par l'arsenal d'Artillerie Inrichtingen à Hembrug, près d'Amsterdam, de 1927 à 1933, identifiable par l'année de fabrication estampée au fond de la bombe, ainsi que par la société Verenigde Blikfabrieken à Krommenie (VERBLIFA) de 1931 à 1933, identifiable par le marquage estampé à l'intérieur du couvre-nuque.
Les coiffes sont réalisées par plusieurs sous-traitants, dont un seul a à ce jour été identifié. Ce fabricant est reconnaissable à sa raison sociale "O.P. DE BOOY" estampée sur le cerclage en cuir entre les deux pattes avant de la coiffe.
Après assemblage, les casques modèle 27 sont envoyés au magasin central pour inspection et approbation avant mise en service au sein de l'armée. Lorsque le casque répond aux critères imposés par l'armée, la coiffe reçoit un tampon à l'encre appliqué sur le cerclage. Celui-ci représente les lettres "M" et "C" entrecroisées (pour "Centraal Magazijn") surmontant la date d'inspection.
Ce tampon d'inspection peut également être observé sur la face intérieure de la nuquière. Toutefois, la faible visibilité du tampon noir sur le cuir teinté noir entraîne souvent son effacement, laissant supposer que cette pratique était probablement plus courante qu'il n'y paraît.
La jugulaire :
![]() Rivet de fixation. |
![]() Passant de jugulaire. |
![]() Boucle en tôle emboutie. |
![]() Exemple roulage excédent de jugulaire. |

Partie courte avec boucle de fermeture.

Partie longue de la jugulaire.
La jugulaire du casque modèle 27 reste identique à celle installée dans les casques hollandais depuis 1922.
Constituée de deux parties, elle est fabriquée en cuir teinté noir à partir de deux bandes larges de 1,5 centimètre pour environ 2 millimètres d'épaisseur. La fermeture est assurée par une boucle à double passant fabriquée en tôle emboutie, dont les côtés sont repliés afin de former une glissière dans laquelle coulisse une patte crantée destinée à améliorer le maintien de la jugulaire une fois engagée dans la boucle. Cette boucle de fermeture, vernie en noir, est montée sur la partie courte de la jugulaire. Elle est maintenue par enchapement à l'extrémité d'une bande de cuir longue de 9 centimètres (parties repliées incluses), l'ensemble étant solidarisé par deux rivets tubulaires.
La partie longue de la jugulaire est constituée d'une bande de cuir d'environ 56 centimètres de longueur, dont l'extrémité libre est taillée en pointe. Cette importante longueur permet l'arrimage du casque au paquetage par le biais de la fente de transport. Cette partie pouvait toutefois être raccourcie par le soldat afin de limiter l'encombrement. Bien souvent, lorsque la jugulaire était fermée et ajustée, l'excédent de cuir était enroulé au niveau de la boucle de fermeture.
La jugulaire est maintenue aux passants par enchapement des boucles métalliques, elles-mêmes fixées par deux rivets tubulaires placés côte à côte. Les rivets utilisés sur la jugulaire sont en acier verni noir.
Les passants de jugulaire sont constitués d'un anneau métallique rectangulaire dont la base est prise dans une patte métallique repliée sur elle-même, formant ainsi une articulation. Cette patte de maintien est percée afin de permettre le passage du rivet-clou en cuivre assurant simultanément la fixation de la coiffe sur les côtés du casque. Ce rivet-clou, dont la base mesure 10 millimètres de diamètre, est fixé par matage de la tête, donnant ainsi une tête de rivet plus petite que celles des autres rivets de fixation de la coiffe (4 millimètres de diamètre).
Les accessoires :
Bande de manœuvre.
On note l'utilisation d'une bande de manœuvre durant les années 1930 dans le cadre des exercices d'entraînement, afin de distinguer visuellement les différents groupes. Cet accessoire est constitué d'un triangle de toile noire dont la base étroite est pincée par une couture suivant l'axe médian afin d'épouser le galbe du casque. |
![]() Bande de manœuvre à l'usage. |
![]() |
![]() Vue de biais. |
![]() Vue de face. |
![]() Vue arrière, fixation au niveau de la fente de transport. |
Comparatif entre les modèle 27 et modèle 34

![]() Modèle 27. |
![]() Modèle 34. |
Il est difficile de ne pas rapprocher le casque modèle 27 "Nieuw Model" de son successeur, le modèle 34, tant leur conception est similaire et les deux modèles partagent le même attribut frontal.
La confusion entre ces deux casques est fréquente, leurs silhouettes étant très proches. Seule une comparaison attentive de leur profil latéral permet de les distinguer aisément.
Le modèle 34 présente une forme beaucoup plus prononcée que le modèle 27. La base du modèle 27 apparaît relativement plane, tandis que celle du modèle 34 est nettement plus creusée. Ce dernier est également légèrement plus long que son prédécesseur. Cette évolution de forme procure au casque modèle 34 une nuquière plus enveloppante.
On peut également noter que le casque modèle 27 présente généralement une teinte plus foncée que le modèle 34. Au début de sa production, sa peinture reçoit en outre une finition granitée particulièrement caractéristique.
Comparatif latérale entre les casques modèle 27 et modèle 34.
Comparatif du dessus entre les casques modèle 27 et modèle 34.


















































