Pays-Bas
Casque Modèle 34
Fiche
- Dénomination : modèle 1934.
- Destiné à une utilisation générale (armée, "Koninklijke Marechausse", "Korps Mariniers"),
puis après 1945 fut reversé à la protection civile ("Bescherming Bevolking"). - Coiffe constituée de trois pattes en cuir et d'une nuquière réglable.
- Jugulaire en cuir et fermeture par boucle.
- Insigne de la royauté "Lion de Nassau" soudé à la coque.
- Caractéristique : fente de transport sur la nuquière.
- Variante : modèle 27 "Nieuw Model".
- Fabriqué à partir de 1934.
- Distribué à partir de 1934.
- Pays d'origine : Pays-Bas.
- Période d'utilisation : de 1934 aux années 1950.
- Matériaux : acier.
- Poids : 1071 gr.
- Taille : 2 (coiffe réglable à l'aide de la nuquière).
- Couleur : Vert pomme pour l'armée et le "Korps Mariniers", noir pour la "Koninklijke Marechausse".
Repeint de couleur kaki/gris pour la "Bescherming Bevolking".

Modèle 34 destiné à l'armée.

Modèle 34 reconditionné pour la protection civile ("Bescherming Bevolking").

Modèle 34 reversé à la "Koninklijke Marechausse" après 1945.
Historique
Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, le 28 juillet 1914, les Pays-Bas mobilisèrent environ 200 000 hommes dès le 31 juillet afin de protéger leur neutralité et de garantir l'intégrité de leurs frontières face aux risques d'extension du conflit. Cette mobilisation préventive permit au pays d'échapper aux hostilités et de conserver sa neutralité durant toute la guerre. Malgré cette position, les autorités néerlandaises demeurèrent particulièrement vigilantes et ne cessèrent de renforcer leurs capacités défensives tout au long du conflit. L'armée néerlandaise atteignait ainsi un effectif d'environ 450 000 hommes en 1918, tandis que de nombreux travaux de fortification et de modernisation de l'équipement furent entrepris. |
![]() Modèle 27. |
La qualité de fabrication du modèle 34 suscita également l'intérêt de plusieurs pays étrangers. En 1938, un important contrat fut conclu entre la Roumanie et la société Vereenigde Blikfabrieken pour la production de 500 000 exemplaires destinés à l'armée du roi Carol II de Roumanie. Ce premier contrat, signé le 5 septembre 1938, fut suivi le 8 avril 1939 d'une commande supplémentaire de 62 330 casques, dont 14 422 modèles d'officier équipés d'une jugulaire en cuir blanc. Une ultime commande de 300 000 exemplaires fut passée le 2 avril 1940, mais l'invasion allemande des Pays-Bas empêcha son exécution complète : seuls 50 700 casques purent être livrés avant la résiliation définitive du contrat, le 23 février 1942, après une dernière livraison de 1 500 unités.
Produit jusqu'en 1940, le casque modèle 34 fut principalement utilisé par les forces néerlandaises lors de la campagne de mai 1940 précédant la capitulation du pays. Après l'occupation allemande, d'importants stocks de casques modèles 27 et 34 furent récupérés par la Wehrmacht. Une grande partie fut ensuite transférée à la Roumanie, alliée de l'Allemagne, les insignes néerlandais étant alors retirés. D'autres exemplaires furent employés par la défense passive allemande ("Luftschutz") ; dans ce cas, les casques étaient généralement repeints en bleu nuit et recevaient une décalcomanie spécifique appliquée sur la partie frontale.
Durant la Seconde Guerre mondiale, les modèles 34 restés aux Pays-Bas furent également utilisés par différents services de police et de sécurité. Ces casques étaient alors fréquemment repeints en noir afin de correspondre aux usages policiers de l'époque.
Après la guerre, le casque modèle 34 fut progressivement retiré du service militaire au profit de modèles plus modernes inspirés des standards alliés. Une grande quantité d'exemplaires fut reversée à la protection civile néerlandaise ("Bescherming Bevolking"), au sein de laquelle ils furent reconditionnés et parfois repeints. Certains demeurèrent en service durant plusieurs décennies, témoignant de la robustesse et de la longévité de ce casque emblématique de l'armée néerlandaise de l'entre-deux-guerres.



Constitution
La coque :
![]() Vue avant. |
![]() Vue de coté. |
![]() Vue arrière. |
![]() Vue de dessus. |
![]() Fente de transport. |
![]() Marquage estampé, fabrication de 1938. |
La bombe du casque hollandais modèle 34 fut fabriquée en deux tailles : une taille standard et une grande taille, cette dernière étant identifiable par un tampon "GR" appliqué sur le cerclage de coiffe entre les deux pattes avant. Elle est réalisée à partir d'une plaque d'acier emboutie progressivement afin de former une coque constituée d'une seule pièce. Après mise en forme, la bordure du casque est découpée puis évasée vers l'extérieur avant d'être retournée vers l'intérieur sur environ 5 millimètres, afin d'éliminer les arêtes vives et de renforcer la rigidité de l'ensemble. |
Les casques destinés à l'armée et au "Korps Mariniers" sont peints dans une teinte vert kaki clair, proche d'un vert pomme, tandis que l'insigne frontal de l'armée est peint en noir. Les exemplaires destinés à la Maréchaussée royale ("Koninklijke Marechaussee") reçoivent quant à eux une peinture noire satinée appliquée sur l'ensemble du casque.
On notera également que les têtes de rivets servant à la fixation de l'aménagement intérieur étaient généralement repeintes à l'aide d'un léger coup de pinceau dans une teinte identique à celle de la bombe afin d'uniformiser l'aspect extérieur du casque.
Certains casques modèle 34 furent durant l'occupation allemande réattribués à la police et repeints en noir.
![]() Lion héraldique des Pays-Bas. |
![]() Ancre "Korps Mariniers" en cuivre. |
![]() Ancre "Korps Mariniers" en métal blanc. |
Les casques destinés à l'armée, y compris ceux de la Maréchaussée royale, portent le même insigne frontal que les casques modèle 27. Fabriqué en cuivre et de forme ovale, cet insigne mesure environ 7,8 centimètres de hauteur pour 6,2 centimètres de largeur. Il représente les armoiries de la maison d'Orange-Nassau : un lion couronné, armé et lampassé de gueules, tenant une épée d'argent ainsi qu'un faisceau de sept flèches symbolisant l'union des Provinces-Unies. Certains exemplaires présentent un insigne décapé ou poli, probablement dans un but esthétique ou cérémoniel.
Les casques destinés au "Korps Mariniers" sont quant à eux munis d'un insigne spécifique représentant une ancre de marine surmontée d'une couronne royale. Ces attributs furent d'abord fabriqués en cuivre avant d'être produits, par la suite, en métal blanc.
Autre exemplaire de casque modèle 34, réceptionné en 1939.
"Koninklijke Marechausse".
![]() Vue avant. |
![]() Vue de coté. |
![]() Vue arrière. |
![]() Vue de dessus. |
![]() Vue intérieure. |
![]() Numérotation. |
Le Corps de Maréchaussée est créé le 26 octobre 1814 par le roi Guillaume Ier des Pays-Bas afin de remplacer la gendarmerie française héritée de la période napoléonienne. Le terme "maréchaussée", associé à l'Ancien Régime français, est préféré à celui de "gendarmerie", jugé trop lié à la Révolution française. Intégrée à l'armée néerlandaise, cette force assure à la fois des missions de maintien de l'ordre, de sécurité publique, de surveillance des routes et de police militaire. Dans de nombreuses petites communes des provinces méridionales, elle constitue durant longtemps la seule présence policière permanente.
Au début du XXe siècle, la Maréchaussée reçoit également des missions protocolaires et de protection royale. En 1908, la reine Wilhelmine des Pays-Bas lui confie la garde des palais royaux, mission encore aujourd'hui associée au surnom traditionnel de "klompendienst" ("service des sabots").
Durant les années précédant la Seconde Guerre mondiale, la Maréchaussée participe à l'application de la politique néerlandaise de fermeture des frontières aux réfugiés juifs après la Nuit de Cristal de 1938. Sous l'occupation allemande, le 5 juillet 1940, elle est fusionnée avec d'autres forces de police néerlandaises et perd temporairement son statut militaire ainsi que l'appellation "royale". Une partie du corps reste toutefois active auprès du gouvernement néerlandais en exil au Royaume-Uni et assure des missions de police militaire au sein de la Brigade Princesse Irène.
Après 1945, la Maréchaussée royale est réorganisée et retrouve son statut militaire. Elle se spécialise alors dans la surveillance des frontières, les missions de police militaire et la protection des institutions royales et étatiques.
Dans l'entre-deux-guerres et durant les premières années de la Seconde Guerre mondiale, la Maréchaussée royale néerlandaise utilise des casques modèle 34 issus des stocks de l'armée néerlandaise. Afin de les différencier des équipements militaires standards, ces casques sont repeints de couleur noir.
Après la Seconde Guerre mondiale, le casque modèle 34 reste en dotation au sein de la Maréchaussée royale et cette dernière acquiert d'autres exemplaires pour compléter sa dotation. Ces casques sont alors repeints de couleur bleu marine mat.
La coiffe :
![]() Rivet de fixation. |
![]() Cerclage en cuir, jointure par deux rivets. |
![]() Vue d'ensemble du cerclage en cuir. |
![]() Patte de coiffe. |
![]() Doublure en feutre. |
![]() Ensemble patte de coiffe et doublure en feutre. |

Nuquière, vue intérieure.

Nuquière, vue extérieure - boucle de réglage.
![]() Lacet de réglage en profondeur. |
![]() Coiffe. |
La coiffe du casque modèle 34 est reprise à l'identique de celle du casque modèle 27. Elle est assemblée sur un cerclage constitué d'une épaisse bande de cuir de 2,2 centimètres de largeur pour environ 3 millimètres d'épaisseur. Les extrémités du cerclage, amincies afin de faciliter leur superposition, sont solidarisées par deux rivets tubulaires vernis en noir. Lors du montage de la coiffe, la jonction du cerclage est disposée sur le côté du casque.
La coiffe est constituée de trois pattes en cuir épais glacé noir, dont la face extérieure présente un aspect strié destiné à offrir une surface antidérapante. Chaque patte est découpée dans une pièce de cuir mesurant environ 13,5 x 12,5 centimètres, dont la base est fendue en deux parties séparées par un interstice d'environ 3,5 centimètres de largeur. Les extrémités arrondies de chaque demi-patte comportent deux trous renforcés par des œillets métalliques destinés au passage du lacet de réglage reliant les trois éléments de la coiffe. Ce dispositif permet d'ajuster la profondeur de port du casque. Le lacet utilisé est constitué d'un fin cordon de coton torsadé de couleur noire, dont les extrémités sont renforcées par des embouts métalliques afin d'éviter leur effilochage.
Chaque patte de coiffe est doublée intérieurement par un épais tampon de feutre d'environ 4 millimètres d'épaisseur, dont l'extrémité libre est taillée en forme trapézoïdale. Le feutre utilisé est généralement de couleur orange, plus rarement bleu marine, et mesure approximativement 13,7 x 12,7 centimètres. Chaque tampon de feutre est fixé par une ligne de couture située à environ 2 centimètres de la base de la patte de coiffe. La partie inférieure, non doublée de feutre, est destinée à la fixation sur le cerclage en cuir au moyen d'une couture réalisée avec un fil épais parcourant l'intégralité de la circonférence du cerclage. Les trois pattes sont réparties de manière régulière sur celui-ci, deux à l'avant et une à l'arrière.
La coiffe est complétée par une nuquière constituée d'une bande de cuir en forme de demi-lune destinée à épouser l'arrondi du cerclage. Celle-ci mesure environ 34 centimètres de longueur pour 7,5 centimètres de largeur en son centre. La nuquière est traversée par une sangle de réglage munie d'une boucle à ardillon et passant au travers de quatorze fentes pratiquées dans le cuir, permettant ainsi d'ajuster sa tension selon la morphologie du porteur. La nuquière est fixée au cerclage par la même couture utilisée pour maintenir les pattes de coiffe, l'ensemble étant renforcé par une seconde ligne de couture parcourant environ la moitié de la périphérie du cerclage.
La coiffe est fixée à la bombe au moyen de cinq rivets tubulaires à tête hémisphérique de 8 millimètres de diamètre : deux répartis de chaque côté du casque et un à l'arrière. Cette disposition correspond à un rivet placé de chaque côté de la patte arrière de coiffe, complété par un troisième rivet situé au centre de celle-ci, tandis qu'un rivet est positionné derrière chacune des extrémités avant des deux pattes frontales. Les côtés du cerclage sont également maintenus par des rivets-clous en cuivre servant simultanément à la fixation des passants de jugulaire.
Les rivets de fixation traversent des perforations pratiquées dans le cerclage en cuir ; ces orifices peuvent parfois être doublés afin de permettre un meilleur alignement avec les trous de la bombe.
Les marquages.
![]() DE VOLHARDING AMSTERDAM. |
![]() DE SPOEL ROTTERDAM. |
![]() DEKKER AMSTERDAM. |
Alors que les bombes du casque modèle 34 étaient exclusivement fabriquées par la société Vereenigde Blikfabrieken à Krommenie (VERBLIFA), les coiffes étaient quant à elles assemblées par plusieurs sous-traitants. Le fabricant le plus couramment rencontré est la société "De Volharding", dont les productions peuvent être identifiées par un marquage au tampon encreur bleu apposé sous l'une des pattes de coiffe. Ce marquage rectangulaire aux angles biseautés comporte les mentions suivantes : Plus rarement, on rencontre des fabrications de la société Dekker, identifiées par un marquage au tampon encreur appliqué directement sur le cerclage en cuir de la coiffe. Ce marquage comporte simplement la mention : Un autre fabricant identifié est la société De Spoel, reconnaissable à un macaron appliqué au tampon encreur noir sous l'une des pattes de coiffe. Ce macaron présente en son centre l'héraldique de la ville de Rotterdam, entourée de la mention : |
![]() K.M.D. |
Enfin, certaines coiffes sont attribuées à un fabricant identifié par l'acronyme K.M.D., dont la raison sociale complète reste aujourd'hui inconnue.
![]() Tampon d'acceptation de 1934. |
![]() Tampon d'acceptation de 1938. |
![]() Tampon d'acceptation de 1939. |
![]() Tampon d'acceptation de 1940. |
Après assemblage, les casques modèle 34 étaient expédiés au magasin central afin d'être inspectés et validés pour l'admission au service dans l'armée. Lorsqu'un casque répondait aux critères requis, la coiffe était marquée au niveau du cerclage à l'aide d'un tampon encreur représentant les lettres "M" et "C" entrelacées (pour "Centraal Magazijn"), surmontées de la date d'inspection. Ce marquage n'est toutefois pas systématiquement présent, probablement en raison de casques n'ayant pas pu être inspectés avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
La jugulaire :
![]() Rivet de fixation. |
![]() Passant de jugulaire. |
![]() Boucle en tôle emboutie. |
![]() Exemple roulage excédent de jugulaire. |

Partie courte avec boucle de fermeture.

Partie longue de la jugulaire.
La jugulaire du casque modèle 34 reste identique à celle installée sur les casques hollandais depuis 1922.
Elle est constituée de deux parties en cuir teinté noir, chacune d'une largeur d'environ 1,5 centimètre pour une épaisseur proche de 2 millimètres.
La fermeture est assurée par une boucle à double passant réalisée en tôle emboutie. Ses côtés sont repliés de manière à former une glissière dans laquelle coulisse une languette crantée, permettant un maintien efficace du réglage une fois la jugulaire serrée. Cette boucle, vernie en noir, est montée sur la partie courte de la jugulaire. Elle est fixée par enchapement de sa base dans une bande de cuir d'environ 9 centimètres (parties repliées incluses), l'ensemble étant solidarisé par deux rivets tubulaires.
La partie longue de la jugulaire est constituée d'une bande de cuir d'environ 56 centimètres, dont l'extrémité libre est taillée en pointe. Sa longueur importante permet également d'arrimer le casque au paquetage en utilisant la fente de transport située à l'arrière de la bombe. Cette partie pouvait toutefois être raccourcie par le soldat afin de réduire l'encombrement. En position fermée, l'excédent de sangle était fréquemment enroulé et maintenu autour de la boucle de fermeture.
La fixation de la jugulaire aux passants est réalisée par enchapement dans des boucles métalliques, elles-mêmes solidarisées par deux rivets tubulaires placés côte à côte. Ces rivets, en acier verni noir, assurent la tenue de l'ensemble.
Les passants de jugulaire sont constitués d'un anneau métallique de forme rectangulaire, dont la base est insérée dans une patte métallique repliée sur elle-même, jouant le rôle de charnière.
Cette patte de maintien est perforée afin de permettre le passage du rivet-clou en cuivre, lequel assure également la fixation de la coiffe sur les côtés du casque. Ce rivet-clou, dont la base présente un diamètre d'environ 10 millimètres, est maté à sa tête lors du montage, formant une tête plus petite que celle des rivets tubulaires de la coiffe (environ 4 millimètres de diamètre).
Les accessoires :
Bande de manœuvre.
![]() Bande de manœuvre à l'usage. |
![]() |
On note également l'utilisation d'une bande de manœuvre, employée dans les années 1930 dans le cadre d'exercices d'entraînement afin de distinguer différents groupes de troupes. Cet accessoire est constitué d'un triangle de toile teintée de couleur noire, dont la base étroite est maintenue sur l'axe médian par une ligne de couture, afin d'épouser au mieux le galbe du casque. |
![]() Vue de biais. |
![]() Vue de face. |
![]() Vue arrière, fixation au niveau de la fente de transport. |
Modèle fabriqué pour la Roumanie
![]() Vue de face. |
![]() Vue de biais. |
![]() Insigne aux armoiries du roi Carol II. |
![]() Tampon de réception du ministère de la défense roumain. |
![]() Soldat roumain coiffé du casque modèle 38. |
Depuis la Première Guerre mondiale, la Roumanie était équipée du casque Adrian modèle 1915 de fabrication française, à l'instar de plusieurs pays frontaliers ou alliés tels que la Grèce, la Yougoslavie et l'URSS. Cette dernière, n'ayant pas accepté la perte de la Bessarabie au profit de la Roumanie en mars 1918, entretenait des tensions durables avec Bucarest. Consciente du risque de conflit dans un contexte régional instable, la Roumanie entreprit, à partir du milieu des années 1930, de moderniser l'équipement de ses forces armées et s'intéressa dès 1935 au casque néerlandais modèle 34.
Le gouvernement roumain se rapprocha ainsi de la société néerlandaise Vereenigde Blikfabrieken (VERBLIFA) et conclut avec elle un contrat en date du 5 septembre 1938 portant sur la fabrication de 500 000 exemplaires destinés à l'armée roumaine et arborant l'insigne du roi Carol II de Roumanie.
Le contrat de fabrication fut rédigé et accepté en langue française, la Roumanie disposant alors d'une importante tradition et communauté francophone au sein de ses institutions militaires et administratives.
5 sep 1938
Contrat
Entre les soussignés l'Etat Roumain - Ministère de la défense Nationale Direction de l'intendance représenté par le Général de Division Alexandre Glatx, Sous Secrétaire d'Etat au Ministère de la Défense Nationale, d'une part, et la Fabrique N.V. De Vereenigde Blikfabrieken de Krommenie/Amsterdam, Hollande, représentée par Messieurs A. Titje, Directeur de la Société N.V. De Vereenigde Blikfabrieken, et Ing. J. Van der Vaerden, Conseil de la même société, en vertu du pouvoir spécial en date du 26 juillet 1938 légalisé par le Consulat Roumain d'Amsterdam sous le no. 875-875-275/938 et par le Ministère des Affaires Etrangères de Roumanie sous le no.9996 du 2 août 1938, d'autre part, a été conclu le présent contrat :
Comme suite à l'offre déposée, aux procès verbaux de la Délégation Interministérielle no. 3458 du 25 juin 1938 et no. 3532 du 26 juillet 1938 et au Journal du Conseil des Ministres no. du août 1938, a été établi et convenu ce qui suit :
Art. 1. - La soussignée fabrique N.V. De Vereenigde Blikfabrieken de Krommenie/Amsterdam, Hollande, s'oblige à fournir pour les besoins de l'armée Roumaine la quantité de 500.000 (cinq cent mille) pièces casques en acier modèle néerlandais avec emblème en bronze incrusté fab Amsterdam, soit :
300.000 pièces au prix de flor. holl. 4.93 par pièce ou en
total flo. holl. . . . . . . . . . 1.479.000.-
200.000 pièces au prix de fl. holl. 5.52 par pièce
ou en total fl. holl. . . . . . . . 1.104.000.-
500.000 Total 2.583.000.-
Art. 2. - La valeur intégrale de la fourniture est de 2.253.000 (deux millions cinq cent quatre vingt trois mille) fl. holl. et elle sera payée du fonds de la Défense Nationale sans la prime valutaire de 38% en florins hollandais par un accréditif irrévocable égal à la valeur de chaque lot de 100.000 casques qui sera ouvert à la Twentsche Bank d'Amsterdam, à savoir :
- A la mise en fabrication de chaque lot de 100.000 casques sera payé cet accréditif au fournisseur une avance de 30% de la valeur de ce lot, contre une lettre de garantie bancaire.
- Le solde de 70% sera payé du même accréditif après la livraison et la réception du lot entier de 100.000 casques contre des actes définitifs (facture, procès verbaux de réception).
Le paiement sera fait par le transfert des montants respectifs à Amsterdam par la Banque Nationale Roumaine conformément à l'engagement pris par celle-ci et à la lettre du 6 août 1938 no. 15806 du Ministère de la Défense Nationale.
Dans le cas où une convention économique interviendrait entre l'Etat Roumain et l'Etat Hollandais, les parties signataires acceptent que les paiements soient mis en concordance avec cette convention.
Toutes les dépenses relatives à l'exécution du présent contrat à l'exception de celles prévues par le Journal du Conseil des Ministres no. 80/936 seront à la charge du fournisseur.
Ce sont en tout environ 628 000 casques qui furent livrés par la société néerlandaise VERBLIFA entre le 5 septembre 1938 et le début de l'année 1942. Le contrat initial du 5 septembre 1938 fut en effet complété par un second accord signé le 8 avril 1939 portant sur la fabrication de 62 330 casques, dont 14 422 modèles d'officier équipés d'une jugulaire en cuir de couleur fauve.
Le 2 avril 1940, une dernière commande de 300 000 exemplaires fut passée, mais ne put être entièrement honorée en raison de l'invasion allemande des Pays-Bas. Seuls 50 700 casques furent livrés, le contrat étant finalement résilié le 23 février 1942, après une dernière livraison de 1 500 unités.
Après l'invasion allemande, une grande partie des casques modèle 34 (ainsi qu'une certaine quantité de modèles 27) fut cédée à la Roumanie, alors alliée de l'Allemagne.
Ces casques, désignés en Roumanie comme modèle 38, étaient en tout point identiques au modèle 34 destiné à l'armée néerlandaise, à l'exception de l'insigne frontal, remplacé par les armoiries du roi Carol II de Roumanie. À leur réception, ces casques étaient systématiquement tamponnés par l'intendance roumaine à l'aide d'un cachet circulaire appliqué au fond de la bombe. Ce tampon comportait en son centre les armoiries de la maison royale de Roumanie, surmontées de la mention "România M.A.N." (abréviation de Ministerul Apărării Naționale, ministère de la Défense nationale) et de la mention "C.R.R."" (abréviation de Carol II Regele României).
À l'abdication du roi Carol II le 6 septembre 1940, les insignes des casques modèle 38 commencèrent à être retirés.
Le casque modèle 38 resta en service au sein de l'armée roumaine durant de nombreuses années après la guerre, jusqu'à l'adoption du modèle 1973. Dans de nombreux cas, il fut également reconditionné avec une coiffe de type allemande.
Reconditionnement par la protection civile ("Bescherming Bevolking")
![]() Modèle 34 reconditionné pour la protection civile - vue de biais. |
![]() Vue intérieure. |
![]() Coiffe reconstituée sur le modèle original. |
![]() Détails nuquière. |

Jugulaire, fermeture par boucle à ardillon.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le casque modèle 34 est progressivement retiré du service armé, d'abord au profit du casque britannique Mark II, puis remplacé à plus long terme par le casque modèle 53, copie du casque américain M-1.
Forte des enseignements du conflit et notamment de l'importance de la défense passive en cas de guerre moderne, les Pays-Bas mettent rapidement en place une organisation de protection civile, la "Bescherming Bevolking", ainsi que divers organismes auxiliaires destinés à la protection de la population. Cette structure est dotée de moyens matériels issus des importants stocks disponibles après-guerre.
La protection civile s'équipe ainsi de casques provenant de différentes origines, notamment des modèles Mark II, Mark III ainsi que des casques britanniques "Civilian Steel Helmet" de type Zuckerman. Ces équipements sont généralement repeints en gris et dotés de coiffes remplacées ou adaptées par des aménagements de fabrication néerlandaise. Dans ce contexte, les casques obsolètes de l'armée néerlandaise ne font pas exception, et un nombre important de modèles 34 est reconditionné pour cet usage.
Ces casques réaffectés à la protection civile voient, dans la majorité des cas, leur insigne frontal supprimé. Leur bombe est repeinte en vert kaki grisâtre, soit partiellement (uniquement à l'extérieur), soit intégralement selon les séries de reconditionnement.
Dans la plupart des cas, l'ensemble coiffe/jugulaire est remplacé, bien que certains éléments d'origine, notamment les passants métalliques de jugulaire, puissent être conservés. Les nouvelles coiffes et jugulaires, de conception similaire à celles d'origine, sont fabriquées en cuir de qualité inférieure, de teinte brun rougeâtre, et les pattes de coiffe sont généralement doublées de feutre afin de conserver un minimum de confort d'utilisation.
Autre exemple de modèle 34 reconditionné pour la "Bescherming Bevolking" ayant conservé son insigne, détouré lors de la mise en peinture.
Autre exemple de modèle 34 reconditionné pour la "Bescherming Bevolking" ayant conservé son insigne, exemplaire muni d'un mousqueton pour porter le casque au ceinturon.
Comparatif entre les modèle 27 et modèle 34

![]() Modèle 27. |
![]() Modèle 34. |
On ne peut s'empêcher de rapprocher le casque modèle 34 de son prédécesseur, le modèle 27 "Nieuw Model", leur conception étant très proche et reposant sur des caractéristiques techniques similaires. La confusion entre ces deux casques est fréquente, tant leur silhouette générale est comparable. Leur différenciation reste cependant possible, mais nécessite une observation attentive, notamment des profils latéraux.
Le modèle 34 présente une forme plus marquée que le modèle 27. La base de ce dernier est globalement plus plane, tandis que celle du modèle 34 est davantage creusée, avec un embouti plus profond. Le modèle 34 est également légèrement plus allongé que son prédécesseur. Cette évolution de forme lui confère un couvre-nuque plus enveloppant et plus protecteur que celui du modèle 27.
On peut également noter une différence de finition entre les deux modèles : le casque modèle 27 est généralement peint dans une teinte plus sombre que le modèle 34. Par ailleurs, la peinture du modèle 27, dans les premières phases de production, présente parfois un aspect légèrement granité, absent sur les finitions ultérieures du modèle 34.
Comparatif latérale entre les casques modèle 27 et modèle 34.
Comparatif du dessus entre les casques modèle 27 et modèle 34.



















































