Bangladesh

Bangladesh

Casque Fibre type M-1

Fiche

  • Dénomination : fibre type M-1.
  • Destiné à une utilisation générale.
  • Coiffe constituée d'une suspension de type "Riddel".
  • Jugulaire en toile en deux parties, fermeture assurée par une boucle à double passant.
  • Fabriqué à partir des années 1990.
  • Distribué à partir de 1990.
  • Pays d'origine : Bangladesh.
  • Période d'utilisation : de 1990 aux années 2010.
  • Matériaux : fibre de verre.
  • Poids : 1077 g.
  • Taille : unique.
  • Couleur : vert olive foncé.
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Historique

Le Bangladesh naît officiellement le 16 décembre 1971 à l'issue de la guerre de Libération du Bangladesh, conflit opposant les nationalistes bengalis du Pakistan oriental au gouvernement central pakistanais. Depuis la partition des Indes britanniques en 1947, le Pakistan se compose de deux territoires séparés de plus de 1 600 kilomètres : le Pakistan occidental, centre politique et militaire du pays, et le Pakistan oriental, majoritairement peuplé de Bengalis. Malgré leur supériorité démographique, les habitants du Pakistan oriental dénoncent durant les années 1950 et 1960 leur marginalisation politique, économique et culturelle par les autorités de Karachi puis d'Islamabad.
Les tensions atteignent leur paroxysme après les élections générales de décembre 1970, remportées largement au Pakistan oriental par la Ligue Awami de Sheikh Mujibur Rahman. Refusant de transférer le pouvoir au mouvement autonomiste bengali, le gouvernement pakistanais déclenche dans la nuit du 25 au 26 mars 1971 l'opération "Searchlight". Cette opération militaire vise à écraser toute opposition nationaliste au Pakistan oriental par une campagne de répression massive menée principalement à Dacca et dans les grands centres urbains.
L'armée pakistanaise cible alors les étudiants, intellectuels, membres de la Ligue Awami, policiers, militaires bengalis ainsi que les minorités hindoues, considérées comme favorables à l'indépendance. L'université de Dacca devient notamment l'un des principaux théâtres des massacres perpétrés durant les premières heures de l'opération. Les violences commises par les forces pakistanaises et les milices auxiliaires provoquent plusieurs centaines de milliers de morts selon certaines estimations, ainsi qu'un exode massif vers l'Inde voisine, où près de dix millions de réfugiés trouvent refuge au cours du conflit.
Cette répression entraîne l'effondrement de l'autorité pakistanaise sur une grande partie du territoire et favorise l'organisation de la résistance armée bengalie sous le nom de Mukti Bahini ("armée de libération"). Constituée de volontaires civils, d'étudiants, de policiers et de militaires bengalis ayant déserté l'armée pakistanaise, cette force mène une guérilla contre les troupes gouvernementales tout au long de l'année 1971.
Dès les premiers mois du conflit, l'Inde apporte un soutien croissant aux forces indépendantistes bengalies. Les autorités indiennes fournissent des camps d'entraînement, un appui logistique, des armes et un encadrement militaire aux combattants du Mukti Bahini. L'armée indienne participe également à l'organisation et à l'équipement de plusieurs unités bangladaises opérant depuis le territoire indien, tandis que la pression humanitaire liée à l'afflux massif de réfugiés pousse progressivement New Delhi à s'impliquer davantage dans le conflit.
En décembre 1971, après l'attaque préventive pakistanaise contre plusieurs bases aériennes indiennes, l'Inde entre officiellement en guerre contre le Pakistan. L'intervention conjointe des forces indiennes et bangladaises aboutit rapidement à l'effondrement du dispositif pakistanais au Pakistan oriental. Le 16 décembre 1971, les forces pakistanaises capitulent à Dacca, marquant la naissance officielle du Bangladesh indépendant.
À l'issue du conflit, les relations militaires entre l'Inde et le nouvel État bangladais demeurent étroites. L'armée bangladaise, constituée à partir des unités du Mukti Bahini et d'anciens militaires bengalis issus de l'armée pakistanaise, dépend largement des équipements, de la formation et de l'assistance technique indiens durant les premières années de son existence. Cette influence se traduit notamment par l'adoption de matériels d'origine indienne ou directement inspirés des modèles utilisés par les forces armées indiennes.
Le Bangladesh demeure alors l'un des États les plus pauvres du monde. Sorti dévasté par la guerre d'indépendance, confronté à une forte instabilité politique, à une industrialisation limitée et à des ressources financières restreintes, le pays doit équiper rapidement ses forces armées avec des matériels simples, robustes et peu coûteux. Dans ce contexte, l'acquisition ou la production sous influence indienne d'équipements dérivés de modèles déjà éprouvés constitue une solution économique et pragmatique pour les autorités bangladaises.
C'est dans cet environnement qu'apparaît au Bangladesh un casque en fibre de type M-1 dérivé du modèle indien 74. Le casque indien modèle 74 constitue lui-même une évolution locale du casque américain M-1, développée en Inde afin de répondre aux besoins des forces armées nationales après les conflits indo-pakistanais des années 1960 et 1970. Le Bangladesh adopte à son tour, au cours des années 1990, une version très proche de ce modèle, reprenant tant la silhouette générale de la bombe que l'organisation de l'aménagement intérieur et le système de jugulaire.
Le casque bangladais conserve ainsi les principales caractéristiques du modèle indien 74 : une forme directement héritée du casque américain M-1, une fabrication en matériau composite ainsi qu'un aménagement intérieur reposant sur une suspension de type "Riddel".

Casque modèle 74 indien.
Casque modèle 74 indien.

Une partie de cette production est attribuée à la société Hossain Bros, entreprise bangladaise spécialisée dans la fabrication de biens de consommation et d'équipements industriels divers. Comme de nombreux manufacturiers locaux de l'époque, cette société participe ponctuellement à la production d'équipements destinés aux administrations et aux forces armées bangladaises.
Le casque bangladais en fibre de type M-1 demeure en service durant plusieurs décennies au sein des forces armées et de certaines unités de sécurité intérieure. Il reste notamment observé jusque dans les années 2000 et au début des années 2010, avant d'être progressivement remplacé par des modèles plus modernes inspirés du casque américain PASGT, offrant une meilleure protection balistique ainsi qu'une couverture accrue.

Casque bangladais Fibre type M-1. Casque bangladais Fibre type M-1.
Casque bangladais Fibre type M-1. Casque bangladais Fibre type M-1.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de côté.
Vue de côté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Peinture texturée.
Peinture texturée.
Jonc en caoutchouc.
Jonc en caoutchouc.

Le casque bangladais en fibre est calqué sur le modèle 74 indien et affecte la forme d'un casque de type M-1. Il est fabriqué en taille unique en matériau composite. Sa bombe est constituée d'une succession de couches de toile de fibres de verre tissées, noyées dans une résine balistique, l'ensemble étant mis en forme à chaud dans un moule sous haute pression. Ce procédé confère aux parois du casque une épaisseur d'environ 5 millimètres. Une fois matricée, la bombe est détourée afin de donner au casque sa forme définitive.
La bombe est percée de treize trous destinés à l'installation des éléments de l'aménagement intérieur ainsi que des pontets de jugulaire :
- 6 orifices répartis sur la périphérie du casque pour la fixation de la suspension de coiffe ;
- 3 trous situés à l'arrière pour le maintien de la bande nuquière ;
- 2 orifices de chaque côté pour l'installation des pontets fixes recevant la jugulaire.
La bordure franche du casque est fragile et tend à s'effilocher avec l'usage lorsque la résine se détériore, laissant apparaître les différentes couches de toile utilisées lors de la fabrication. Afin de limiter cette usure, la périphérie de la bombe est protégée par un fin jonc en caoutchouc collé sur tout le pourtour du casque.
Le casque bangladais reçoit une peinture vert olive très foncé appliquée aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la bombe. Cette peinture présente une texture fripée obtenue par l'application d'une couche épaisse destinée à créer une surface irrégulière afin d'atténuer les reflets du soleil. L'extérieur de la bombe semble toutefois avoir été mis en peinture après l'installation de l'aménagement intérieur.
Enfin, la bombe du casque bangladais ne comporte aucun marquage de fabrication.

La coiffe :

Intérieur bombe, avec suspension de type Riddel.
Intérieur bombe, avec suspension de type "Riddel".
Têtes de rivet.
Têtes de rivet.
Plaque de maintien en matière plastique.
Plaque de maintien en matière plastique.
Détails maintien de la suspension.
Détails maintien de la suspension.

Le casque bangladais en fibre est équipé d'une coiffe constituée d'une suspension de type "Riddel", comparable à celle que l'on rencontre dans le "liner" américain de la Seconde Guerre mondiale. Cette suspension, fabriquée en toile forte de coton de couleur vert olive, est constituée d'un cerclage en toile sur lequel sont fixées, à intervalles réguliers, les deux extrémités de trois bandes de toile pliées en forme de "V". La pliure de ces trois bandes constituant la suspension est réunie par un lacet dont la tension permet le réglage en profondeur de la coiffe. Le maintien des différents éléments de toile est assuré à l'aide d'un rivet creux dans lequel s'insère un rivet fendu à tête bombée, plaquant une plaque triangulaire en matière plastique destinée à la fixation dans la bombe.

Bande nuquière réglable.
Bande nuquière réglable.
Bande nuquière réglable.
 
Bandeau de tête doublé en mousse.
Bandeau de tête doublé en mousse.
Bandeau de tête doublé en mousse.
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.
 
Extrémité libre.
Extrémité libre.
Clip en plastique de maintien.
Clip en plastique de maintien.
Clip en plastique de maintien.
 
Clip en plastique de maintien.
 
Clip en plastique de maintien.
 

Le maintien sur la tête est assuré par un bandeau de tour de tête réglable. Celui-ci est confectionné à partir d'une bande de toile similaire à celle employée pour la suspension. Il est recouvert de cuir ou de similicuir selon les fabrications, dont la largeur dépasse largement celle de la bande de toile. La partie supérieure de ce bandeau est rabattue vers l'intérieur puis cousue. Son revers est doublé sur toute sa longueur par une bande de mousse destinée à améliorer le confort.
Le réglage en circonférence du bandeau est assuré par une épaisse boucle en matière plastique.
Le bandeau de tour de tête est maintenu sur la suspension de type "Riddel" au moyen de six clips en matière plastique engagés dans des découpes pratiquées à cet effet dans la bande de cuir. Ces clips se ferment grâce à un ergot venant s'insérer dans une boucle située à l'extrémité opposée.

Vue arrière de la coiffe avec bande de nuque.
Vue arrière de la coiffe avec bande de nuque.

La suspension est complétée par une bande nuquière maintenue à l'arrière du casque et réglable au moyen d'une épaisse boucle en plastique. Celle-ci est cousue à une sangle fixée dans la bombe de manière similaire à la suspension. La bande nuquière porte une étiquette en toile du fabricant Hossain Bros qui comporte les mentions suivantes :
HOSSAIN BROS
62, POSTAGOLA
I/A DHAKA
BANGLADESH

Étiquette appliquée par le fabricant.
Étiquette appliquée par le fabricant.

La jugulaire :

Passant en plastique de maintien.
Passant en plastique de maintien.
Jugulaire, partie longue avec mentonnière.
Jugulaire, partie longue avec mentonnière.
Mentonnière en plastique moulé.
Mentonnière en plastique moulé.
Mentonnière en plastique moulé.
 
Jugulaire, partie courte avec boucle de fermeture.
Jugulaire, partie courte avec boucle de fermeture.
Détails fermeture.
Détails fermeture.
Détails fermeture.
Jugulaire, vue d'ensemble.
Jugulaire, vue d'ensemble.

La jugulaire est fixée à deux passants en matière plastique rivetés de chaque côté de la bombe. Ces attaches, de forme rectangulaire et légèrement échancrées dans leur partie centrale, permettent le libre passage de la jugulaire tout en assurant son maintien contre la coque. Ce système de fixation, simple et économique, reprend une conception proche de celle observée sur le casque indien modèle 74. La jugulaire est confectionnée à partir d'une bande de toile forte en coton d'une largeur de 18 millimètres, dont le tissage épais lui confère une bonne résistance à l'usure et aux contraintes liées au service.
La jugulaire du casque bangladais est constituée de deux parties distinctes, chacune directement cousue sur les passants en plastique rivetés de part et d'autre du casque. Cette configuration permet un ajustement rapide et assure un maintien satisfaisant du casque sur la tête du porteur.
La partie droite est réalisée à partir d'une bande de toile longue de 35 centimètres et comporte une imposante mentonnière en plastique moulé, destinée à améliorer le confort du soldat lors du port prolongé du casque. Cette mentonnière, de forme concave, répartit la pression sous le menton et limite les frottements. La sangle possède également une simple boucle coulissante en matière plastique destinée à maintenir l'excédent de jugulaire une fois celle-ci fermée et ajustée.
La partie gauche est constituée d'une bande de toile mesurant 10 centimètres. Son extrémité reçoit une boucle carrée à double passant en métal destinée à la fermeture et au réglage de la jugulaire.

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