Danemark

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Casque Modèle 66

Fiche

  • Dénomination : modèle 66 (M/66 MTB).
  • Destiné aux équipages de vedettes lance-torpilles.
  • Coiffe constituée d'une suspension de type "Riddel".
  • Jugulaire en toile reprise du casque modèle 48.
  • Fabriqué à partir de 1965.
  • Distribué à partir de 1966.
  • Pays d'origine : Danemark.
  • Période d'utilisation : de 1966 aux années 1990.
  • Matériaux : fibre de verre.
  • Poids : 1040 g.
  • Taille : unique.
  • Couleur : vert olive.
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Historique

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, le Danemark se trouve confronté à une situation particulièrement hétérogène en matière d'équipements de protection individuelle. Entre 1945 et 1946, les forces armées danoises utilisent simultanément des casques suédois modèle 37, des modèles britanniques Mark II, Mark III et Mark IV, ainsi que, de manière plus anecdotique, quelques casques allemands modèle 35 récupérés après la capitulation. La production nationale du casque modèle 23/41 reprend brièvement dans l'immédiat après-guerre, mais l'essentiel de cette fabrication est livré à la marine, qui l'emploie jusqu'en 1951.
Une tentative de modernisation nationale aboutit en 1946 avec la création du casque modèle 46. Conçu dans un contexte de pénurie industrielle, ce modèle demeure limité aux capacités de production du pays et ne peut être fabriqué qu'en quantités restreintes. De ce fait, il est réservé à la marine danoise et n'équipe jamais l'ensemble des forces armées. Il est toutefois rapidement supplanté par l'adoption du casque américain M-1, officiellement adopté par l'armée danoise en 1948 sous la désignation "Staalhjelm" modèle 48 (M/48). Après une première phase d'acquisition auprès des stocks américains disponibles en Europe, une production nationale est lancée à partir de 1957. Le casque M/48 devient alors le casque standard des forces armées danoises, y compris de la marine, qui l'adopte dès 1951 en remplacement du modèle 46.
Dans ce contexte d'unification progressive autour du M/48, la marine danoise identifie néanmoins un besoin spécifique pour les équipages des vedettes lance-torpilles, désignées en anglais "Motor Torpedo Boats" (MTB). Ces unités rapides, conçues pour des missions offensives et défensives en zone littorale, opèrent à très grande vitesse dans un environnement confiné et largement métallique. Les risques encourus par les équipages sont alors moins liés aux éclats d'obus qu'aux chocs violents contre les superstructures, notamment par mer formée ou lors de manœuvres à haute vitesse. Les casques balistiques classiques, conçus pour le combat terrestre, se révèlent inadaptés à cet usage particulier et ne permettent pas non plus l'emploi confortable des équipements de radio-communication, omniprésents à bord de ce type de bâtiments.
C'est dans ce cadre qu'apparaît un casque spécifique de protection contre les chocs, directement inspiré du casque M/48 et, par extension, du M-1 américain. Ce casque conçu pour un usage au sein des MTB est adopté en 1965 et dont la production débute en 1966 l'appellation MTB hjelm M/66.
Ce casque est destiné à équiper les équipages des deux principales classes de vedettes lance-torpilles alors en service dans la marine danoise : les classes Søløven et Willemoes. La flotte comprend six unités de la classe Søløven, construites au Royaume-Uni. Ces vedettes embarquent un équipage de 27 hommes et sont armées d'un canon automatique de 40 mm, de deux à quatre tubes lance-torpilles de 533 mm et de deux lance-roquettes. Leur propulsion repose sur trois turbines marines Rolls-Royce développant 12 750 ch, complétées par deux moteurs diesel General Motors de 460 ch.
Les dix unités de la classe Willemoes sont quant à elles construites au Danemark, au chantier naval de Frederikshavn. Elles embarquent un équipage de 25 hommes et disposent d'un armement plus moderne et évolutif, comprenant un canon automatique de 76 mm, quatre à huit missiles anti-navires Harpoon, deux tubes lance-torpilles de 533 mm (dont quatre unités dépourvues de missiles anti-navires) ainsi que six tubes lance-leurres. À partir de 1990, ces bâtiments reçoivent également deux systèmes Seagnat/SBROC Mk.36 (2 x 6), puis, à partir de 1993, deux missiles sol-air portables Stinger. Leur propulsion est assurée par trois turbines à gaz Rolls-Royce Marine Proteus de 12 750 ch, associées à deux moteurs diesel General Motors de 800 ch.
Ces vedettes constituent l'épine dorsale des forces d'attaque rapide danoises durant la guerre froide, avant leur retrait du service, respectivement en 1990 pour la classe Søløven et en 2000 pour la classe Willemoes, marquant la fin de plus d'un siècle d'utilisation continue de ce type d'unités au sein de la marine danoise.
Le casque MTB se distingue nettement du M/48 standard par son rôle non balistique et par plusieurs adaptations fonctionnelles. Il est notamment doté d'un épais rebord en caoutchouc destiné à amortir les chocs contre les structures métalliques du bord, ainsi que d'une découpe latérale spécifique permettant le port d'écouteurs et d'équipements de communication. Il est produit en deux coloris principaux : gris marine et vert olive. Une hypothèse fréquemment avancée — sans confirmation documentaire formelle — veut que le gris ait été destiné aux vedettes de la classe Søløven, peintes en gris, tandis que le vert olive aurait équipé celles de la classe Willemoes, peintes dans cette teinte.
Le casque est fabriqué par la firme danoise Glastic – Helmets, qui, après plusieurs années d'expérimentations, se lance dans la production de casques de protection non métalliques à usage militaire. Trois autres entreprises danoises spécialisées dans les matériaux plastiques interviennent également dans le processus de fabrication.

Casque modèle 48.
Casque modèle 48.

Les différents éléments sont ensuite transportés à Copenhague, où l'assemblage final est assuré par la société Skandinavisk A.B.C, basée à Örholm. La production totale est estimée à environ 2 500 exemplaires, ce qui en fait un casque rare, strictement limité à un usage spécialisé au sein de la marine danoise. Cette diffusion restreinte, combinée à une carrière opérationnelle relativement courte, explique la rareté actuelle de ce modèle dans les collections, tant au Danemark qu'à l'étranger. Le casque M/66 figure par ailleurs parmi les tout premiers casques militaires réalisés en matériau composite.

Casque modèle 66.
Casque modèle 66. Casque modèle 66. Casque modèle 66.

Constitution

La coque :

Vue avant.
Vue avant.
Vue de côté.
Vue de côté.
Vue arrière.
Vue arrière.
Vue de dessus.
Vue de dessus.
Bordure retournée.
Bordure retournée.
Bordure retournée.
 
Peinture texturée.
Peinture texturée.

Le casque MTB M/66 est produit en taille unique et adopte une forme générale proche de celle du casque M/48, elle-même directement inspirée du casque américain M-1. La bombe conserve ainsi un profil arrondi et enveloppant, tout en présentant un dégagement latéral prononcé, destiné à permettre le port d'écouteurs et d'équipements de radio-communication indispensables au service à bord des vedettes lance-torpilles.
La bombe est fabriquée à partir de plusieurs couches de toile en fibre de verre, tissées selon une armure toile (ou taffetas). Ces couches sont imprégnées d'une résine polyester thermoformable, puis mises en forme par thermoformage sous vide dans un moule. Ce procédé assure à la fois la rigidité de l'ensemble et une bonne résistance aux chocs, adaptée à un usage non balistique. Le moule de mise en forme prévoit également la création de trois encoches internes, destinées à recevoir ultérieurement les éléments de l'aménagement intérieur.
Une fois la bombe matricée, les excédents de fibre de verre imprégnée de résine sont ébarbés, afin de conférer au casque sa silhouette définitive. La bordure brute est ensuite protégée par un jonc périphérique en toile de nylon, soigneusement intégré. La jonction de ce jonc est généralement discrète et se situe le plus souvent à l'arrière du casque, rendant son observation difficile sans un examen attentif.
Le casque M/66 est principalement peint en gris marine, teinte à laquelle est ajouté du sable dans la peinture extérieure afin d'obtenir un aspect granité destiné à limiter les reflets du soleil. Il existe également une variante peinte en vert olive. Aucune source ne permet d'affirmer avec certitude l'origine exacte de cette différence chromatique ; l'hypothèse la plus couramment avancée est une affectation différenciée selon les classes de vedettes, la classe Søløven étant peinte en gris marine et la classe Willemoes en vert olive.
Toutefois, l'observation d'exemplaires conservés permet également d'envisager une autre interprétation : les premières productions auraient été réalisées en gris marine, tandis que les fabrications plus tardives auraient adopté la couleur vert olive, comme semblent l'indiquer certains exemplaires de confection manifestement plus récente. Cette hypothèse reste cependant à confirmer faute de documentation officielle.
Enfin, ces casques ne présentent aucun marquage connu permettant d'identifier avec certitude l'usine de fabrication ni leur affectation au sein des unités de la marine danoise.

Exemple peint en gris.
Exemple peint en gris.
Exemple peint en gris.
 
Autre exemple peint en gris.
Autre exemple peint en gris.
Autre exemple peint en gris.
 
Autre exemplaire en vert olive.
Autre exemplaire en vert olive.
Autre exemplaire en vert olive.
 

La coiffe :

Intérieur bombe.
Intérieur bombe.
Encoche de maintien latéral.
Encoche de maintien latéral.
Encoche arrière.
Encoche arrière.
Suspension de type Riddel montée sur un cerclage rigide.
Suspension de type "Riddel" montée sur un cerclage rigide. Détails cerclage en plastique.
Détails cerclage en plastique.
Jonction avant et plaque de maintien.
Jonction avant et plaque de maintien.
Détails rivetage.
Détails rivetage.
Point arrière avec languette en toile.
Point arrière avec languette en toile.
Périphérie en mousse de caoutchouc.
 
Bandeau de tête, envers/revers. Bandeau de tête, envers/revers.
Bandeau de tête, envers/revers.
Boucle de réglage.
Boucle de réglage.
Agrafe de maintien.
Agrafe de maintien.
Agrafe de maintien.
 
Agrafe de maintien.
 
Système de coiffe, envers/revers.
Système de coiffe, envers/revers.
Système de coiffe, envers/revers.
 
Détails maintien.
Détails maintien.
Détails maintien.
 
Détails maintien.
 

La coiffe du casque MTB M/66 n'est pas assurée par un sous-casque indépendant, comme sur le casque M/48, mais en reprend néanmoins la conception générale. Elle repose sur une suspension de type "Riddel", solidaire d'un épais cerclage en plastique teinté dans la masse, de couleur vert olive. Ce cerclage, large de 20 millimètres, présente une légère conicité, destinée à épouser au mieux les parois internes de la bombe.
La suspension est confectionnée à partir de bandes de toile tissée en chevron de type HBT (Herringbone Twill), de teinte vert olive (et dont la couleur varie en fonction de la production, de vert beige au départ à vert olive pour les productions plus tardives) large de 28 millimètres.
Elle est fixée au cerclage plastique par des plaques de maintien métalliques en forme de "A" anodisée en noir, chacune rivetée en son centre. L'ensemble se compose d'un cerclage en toile et de trois bandes de toile pliées en forme de "V", dont les extrémités sont fixées au cerclage textile à intervalles réguliers à l'aide de rivets creux.
La bande située à l'arrière de la coiffe est repliée sur elle-même, formant une languette facilitant l'extraction de la coiffe une fois celle-ci positionnée dans la bombe.
Le maintien sur la tête est assuré par un bandeau de tête, constitué d'une bande de toile d'environ 75 centimètres de longueur, sur laquelle est cousue une bande de cuir fin. Cette dernière est d'abord fixée sur le revers supérieur du bandeau, puis cousue à sa base, recouvrant ainsi la partie haute de la bande de toile sur toute sa longueur. Des encoches et interstices, pratiqués à intervalles réguliers, permettent le passage de six agrafes métalliques destinées à la fixation du bandeau sur la suspension. Ces agrafes sont toutes munies d'ergots assurant leur positionnement correct sur le cerclage textile de la suspension.
L'une des extrémités du bandeau reçoit une boucle de réglage à double fente, dont l'une est dentelée afin d'assurer un réglage plus sûr. L'autre extrémité est découpée au ciseau cranteur, procédé destiné à limiter l'effilochage de la toile.

Coiffe, vue d'ensemble.
Coiffe, vue d'ensemble.

Enfin, la coiffe montée sur son cerclage en plastique est insérée dans la bombe et maintenue en place par trois encoches internes, chacune surmontée d'un ergot retenant le cerclage vers le fond de la bombe.

La jugulaire :

Jugulaire, vue à plat.
Jugulaire, vue à plat.
Maintien par rivet.
Maintien par rivet.
Jugulaire, vue d'ensemble.
Jugulaire, vue d'ensemble.

La jugulaire du casque M/66 reprend celle du casque M/48 équipé du sous-casque en plastique. Elle est confectionnée à partir de bandes de toile de type « web », de couleur vert foncé, et se compose de deux parties distinctes.
La partie gauche, la plus courte, est réalisée à partir d'une bande de toile d'environ 40 centimètres. Elle est équipée d'un crochet plat de fermeture, anodisé en noir. La partie droite, plus longue, est constituée d'une bande de toile d'environ 45 centimètres et reçoit la boucle de fixation, destinée à s'accrocher au crochet de fermeture. Cette boucle est du type T1, système de dégagement rapide étudié en juillet 1944 et adopté en août 1945 sur le casque américain M-1. La boucle, également anodisée en noir, permettait de maintenir la jugulaire fermée de manière plus souple qu'une fermeture classique, réduisant ainsi les risques de blessures au cou en cas de choc ou d'arrachement brutal.
Cette partie de la jugulaire comporte, à son extrémité, un renfort métallique replié sur la bande de toile, destiné à maintenir l'excédent de jugulaire une fois le réglage effectué. Ces pattes de maintien présentent une extrémité parfaitement arrondie, limitant les risques d'accrochage ou d'usure prématurée.
Les extrémités libres de la jugulaire sont renforcées par des ferrures métalliques anodisées en noir, lesquelles sont rivetées directement au cerclage en plastique supportant la coiffe, assurant ainsi une fixation solide et durable de l'ensemble.

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