Ukraine
Casque Ssh 40
Casque Ssh 40, 60 et 68 au sein de l'armée ukrainienne.


Utilisation de casques de l'ère soviétique au sein de l'armée ukrainienne indépendante.
À la suite de la dissolution de l'Union soviétique en décembre 1991, l'Ukraine accède à l'indépendance et hérite d'un vaste ensemble d'équipements militaires issus des anciens districts militaires soviétiques stationnés sur son territoire. La proclamation d'indépendance du 24 août 1991, confirmée par référendum le 1er décembre 1991, marque la création progressive des Forces armées ukrainiennes ("Zbroïni Syly Ukraïny"), constituées à partir des unités, infrastructures et stocks de l'ex-Armée soviétique.
Dans ce contexte de transition, les casques en acier Ssh 40, Ssh 60 et Ssh 68 constituent l'équipement de protection individuelle standard des premières décennies de l'armée ukrainienne. Toutefois, contrairement à une logique d'évolution technique, la dotation réelle dépend avant tout des volumes disponibles dans les dépôts hérités de l'ex-URSS.
Parmi les trois modèles, le casque Ssh 40 occupe une place particulièrement importante. Produit à très grande échelle pendant et après la Seconde Guerre mondiale, il demeure présent en quantités massives dans les stocks soviétiques transférés à l'Ukraine. Sa robustesse, sa simplicité de fabrication et surtout l'ampleur des réserves accumulées en font un casque encore largement distribué au début des années 1990, notamment dans les unités de réserve, les formations territoriales et les dispositifs de mobilisation.
Le casque Ssh 60, introduit en 1966, ainsi que le casque Ssh 68, dernière évolution standardisée de l'Armée rouge, sont également présents mais en volumes plus variables.
Ainsi, durant la première décennie d'indépendance, la répartition des casques en Ukraine ne reflète pas une modernisation progressive, mais plutôt une logique de disponibilité héritée des dépôts soviétiques, avec une présence encore importante du casque Ssh 40.
Au cours des années 2000, l'armée ukrainienne reste largement dépendante des stocks hérités, en raison de contraintes budgétaires importantes et d'une modernisation lente.
À partir de la fin des années 2000, l'Ukraine engage une première phase de modernisation de ses équipements individuels. Cette évolution reste progressive et limitée, avec l'introduction de casques composites en fibres aramides, principalement destinés aux unités d'élite, forces spéciales et contingents engagés dans des missions internationales.
Dans ce contexte apparaît également le casque ukrainien 1M type 1, développé par l'industrie nationale afin de proposer une alternative moderne aux anciens casques en acier soviétiques. Inspiré des formes générales des casques composites occidentaux de type PASGT, il est fabriqué à partir de matériaux aramides et offre un niveau de protection supérieur à celui des casques Ssh 40, Ssh 60 et Ssh 68 tout en conservant une masse compatible avec un usage opérationnel prolongé.
Le casque 1M s'inscrit dans une phase intermédiaire de modernisation, marquée par des capacités industrielles encore limitées mais une volonté affirmée de doter les forces armées ukrainiennes d'un équipement national plus moderne. Il est principalement distribué à certaines unités professionnelles de l'armée régulière ainsi qu'à des formations engagées dans des opérations extérieures, sans toutefois remplacer immédiatement les casques soviétiques, qui demeurent largement majoritaires.
Ces équipements modernes coexistent longtemps avec les casques en acier soviétiques, encore dominants dans l'ensemble des forces armées en raison des contraintes économiques et de la taille des stocks existants. Le remplacement complet reste marginal avant 2014.
Les événements de 2013–2014 constituent une rupture majeure. Le mouvement de Maïdan, la chute du gouvernement ukrainien en février 2014, puis l'annexion de la Crimée par la Fédération de Russie, sont suivis du déclenchement d'un conflit armé dans l'est de l'Ukraine (Donbass).
Cette situation entraîne une mobilisation rapide des forces armées et des unités de réserve. Les stocks anciens sont alors massivement réactivés, et les casques Ssh 40, Ssh 60 et Ssh 68 réapparaissent en grand nombre sur le terrain.
Contrairement aux périodes précédentes, le casque Ssh 40 reste encore très visible en 2014–2015, notamment au sein des unités de mobilisation et de volontaires, en raison de l'importance des stocks disponibles.
Cette coexistence brutale entre équipements soviétiques et modernes illustre la transition accélérée d'une armée post-soviétique vers des standards occidentaux sous contrainte de guerre. Les casques composites, dont le 1M type 1 et plusieurs modèles importés ou acquis dans le cadre de programmes d'assistance internationale, commencent alors à se diffuser plus largement. Les photographies prises durant les premiers mois du conflit montrent fréquemment des militaires ukrainiens équipés de casques Ssh 40, Ssh 68 et casque 1M en matière composite au sein d'une même unité, témoignant de l'hétérogénéité des dotations durant cette période.
À partir de 2014, l'Ukraine bénéficie de livraisons étrangères et accélère la modernisation de ses forces armées. Les casques en acier soviétiques sont progressivement remplacés par des modèles composites modernes conformes aux standards occidentaux, notamment dans les unités engagées en première ligne.
Le retrait du casque Ssh 40 est particulièrement progressif en raison de son volume initial très important dans les stocks.
L'usage des casques Ssh 40, Ssh 60 et Ssh 68 au sein des forces armées ukrainiennes illustre de manière particulièrement nette la continuité matérielle héritée de l'Union soviétique. Parmi ces modèles, le casque Ssh 40 occupe une place centrale en raison de son abondance dans les stocks hérités, conditionnant fortement les dotations des premières décennies d'indépendance. La période 1991–2014 est ainsi marquée par une coexistence prolongée entre plusieurs générations de casques soviétiques, suivie d'une transition progressive vers les équipements composites, amorcée à la fin des années 2000 avec des modèles nationaux comme le 1M type 1, puis accélérée brutalement à partir du conflit du Donbass. Cette évolution marque le passage d'une armée encore largement équipée de matériels hérités de l'ex-URSS à une force armée engagée dans un processus de modernisation visant à se rapprocher des standards occidentaux.
Casque Ssh 40.
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Le casque Ssh 40 ("Стальной шлем образца 1940 года") est un casque d'acier soviétique largement produit pendant et après la Seconde Guerre mondiale, et qui a constitué l'un des équipements les plus répandus des stocks militaires du bloc de l'Est.
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Casque Ssh 60.
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Le casque Ssh 60 ("Стальной шлем образца 1960 года") constitue la première évolution majeure du casque Ssh 40 au sein des forces armées soviétiques. Bien qu'il conserve une forme identique à celle de son prédécesseur, il se distingue principalement par l'adoption d'un aménagement intérieur entièrement repensé afin d'améliorer le confort, la stabilité et l'absorption des chocs.
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Casque Ssh 68.
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Le casque Ssh 68 ("Стальной шлем образца 1968 года") constitue l'ultime évolution de la famille des casques en acier soviétiques. Développé à partir du casque Ssh 60, dont il reprend l'architecture générale de la coiffe et de la jugulaire, il se distingue principalement par une nouvelle coque offrant une meilleure protection balistique et une couverture accrue des zones latérales et occipitales de la tête.
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![]() Modèle employé par la marine ukrainienne. |
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Les couvre-casques.
![]() Couvre-casque "boutane" sur Ssh 68. |
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![]() Couvre-casque "boutane désert" sur Ssh 60. |
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Afin d'améliorer les capacités de camouflage de ses forces armées, l'Union soviétique adopte en 1981 un nouveau motif de camouflage désigné TTsKo ("Tritsvetnaïa Kamouflironnaïa Odejda", tenue de camouflage tricolore). Rapidement surnommé "Boutane" ("Бутан") par les militaires et les collectionneurs, ce camouflage connaît une large diffusion au sein des forces soviétiques avant d'être conservé par de nombreuses armées issues de l'ex-URSS après 1991, notamment en Ukraine qui l'adopte pour la confection de ses premiers uniformes.
Les couvre-casques observés sur les casques Ssh 40, Ssh 60 et Ssh 68 ukrainiens sont réalisés dans ce tissu de camouflage. Ils sont constitués de trois panneaux de toile assemblés par des coutures longitudinales et disposent d'un élastique inséré dans un ourlet périphérique assurant leur maintien sur la coque.
Conçu pour s'adapter à l'ensemble des casques d'origine soviétique encore en service, ce couvre-casque équipe indistinctement les Ssh 40, Ssh 60 et Ssh 68 présents dans les forces armées ukrainiennes durant les années 1990 et 2000. La version la plus courante reprend le camouflage "Boutane" à dominante verte hérité de l'époque soviétique, mais il existe également une variante à dominante sable et beige destinée aux environnements arides ou semi-désertiques. Largement diffusé dans les stocks militaires ukrainiens, ce couvre-casque demeure visible au début du conflit du Donbass aux côtés des équipements plus modernes introduits à partir des années 2010.





















